Clemens Neubach - Journal de Bord

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Clemens Neubach
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MessageSujet: Clemens Neubach - Journal de Bord   Mar 31 Mar 2015 - 21:42


Clemens Neubach
Informations civiles
Nom : Neubach
Prénom(s) : Clemens
Date de naissance : 27 avril 1976
Age actuel : 21 ans
Origines : Sang mêlé
Etudes/métier : Serveur au Parker's Coffee
Informations Magiques
Bois de baguette : Votre texte.
Coeur de baguette : Votre texte.
Longueur & Souplesse : Votre texte.
Patronus : Busard Cendré
Maison à Poudlard :Serdaigle

A Venir
Topics
Votre texte.

Souvenirs
Votre texte.


En Cours

Cloturés


Spoiler:
 







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Dernière édition par Clemens Neubach le Lun 24 Oct 2016 - 18:27, édité 53 fois
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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Ven 15 Mai 2015 - 20:50



Clemens Neubach



Chronologie de Clemens

AVANT 1970:
3 Octobre 1946 : Naissance de Anton Neubach
19 Novembre 1952 : Naissance de Laura Aindreis
12 Février 1964 : Anton quitte l'Allemagne pour l'Angleterre

1970-1976
Juillet 1970 : Laura intègre le Ministère de la Magie en tant qu'Oubliator
14 Avril 1971 : Rencontre de Anton et Laura
18 Mai 1975 : Laura et Anton se marient, elle renie sa famille de sang-pur.
16 Juin 1975 : Naissance de Heath Kolagann

1976-1987
27 avril 1976 : Naissance de Clemens

1987 - 1ere année à Poudlard
1er Septembre 1987 : Clemens intègre Poudlard, il est réparti à Serdaigle.
Décembre 1987 : Clemens reçoit son premier balai, après avoir découvert le Quidditch.

1988 - 2e année à Poudlard
1er Septembre 1988 : Clemens entre en deuxième année.
Novembre 1988 : Clemens fait la connaissance de Sasha Blackson, le Gryffondor devient son mentor et l'aide à s'entraîner au Quidditch.

1989 - 3e année à Poudlard
1er Septembre 1989 : Clemens entre en troisième année.
18 Septembre 1989 : Clemens est sélectionné pour devenir batteur à Serdaigle.
9 Novembre 1989 : Chute du Mur de Berlin

1990 - 4e année à Poudlard
24 Août 1990 : Début de sa relation avec Clélia.
1er Septembre 1990 : Clemens entre en quatrième année.
3 Octobre 1990 : Réunification des deux Allemagnes

1991 - 5e année à Poudlard
17 Janvier 1991 : Rupture avec Clélia
1er Septembre 1991 : Clemens entre en cinquième année. Harry Potter fait également son entrée à l'école des Sorciers.
2 Novembre 1991 : Début de sa relation avec Freya

1992 - 6e année à Poudlard
30 Juin 1992 : Clemens obtient toutes ses BUSEs, sauf celle de Divination.
1er Septembre 1992 : Clemens entre en sixième année.
28 Septembre 1992 : Rupture avec Freya
Octobre 1992 : Ouverture de la Chambre des Secrets. Rapprochement avec Rowan.

1993 - 7e année à Poudlard
Février 1993 : Fameuse retenue des plumes, Clemens a la gueule de bois à la bibliothèque alors qu'il doit y retrouver Rowan pour travailler sur un devoir.
Avril 1993 : Altercation à Pré-Au-Lard après une partie de poker. McGonagall lui sauve la mise, alors qu'il manque de se faire écharper par un potentiel partisan de Voldemort.
1er Septembre 1993 : Clemens entre en septième année.
16 Septembre 1993 : Sélection pour l'équipe de Serdaigle, rencontre avec Isolde.
17 Octobre 1993 : Clemens surprend Isolde avec Fanny, début de leur amitié.
9 Décembre 1993 : Clemens passe une nuit avec Ethan.

1994
29 Avril 1994 : Début de sa relation avec Judith
6 Juin 1994 : Clemens signe son contrat avec les Busards de Heidelberg
12 Juin 1994 : Rencontre avec McGonagall, elle sait qu'il veut devenir Animagus et lui conseille de chercher sa voie dans la métamorphose, plutôt que dans le Quidditch.
30 Juin 1994 : Clemens obtient ses ASPICs.
6 Juillet 1994 : Clemens rejoint l'équipe des Busards de Heidelberg, et devient batteur professionnel.
17 Juillet 1994 : Rupture avec Judith
8 Novembre 1994 : Clemens embrasse Erika après un match désastreux
19 Novembre 1994 : Début de sa relation officieuse avec Erika

1995
17 Février 1995 : Clemens passe sa dernière soirée avec Erika

1996 - 1ere année à Haveirson
Mai
Le 12 : Accident, Clemens est hospitalisé en Allemagne
Le 18 : Erika vient lui rendre visite à l'hôpital, il la jette dehors.

Juin
Le 2 : Clemens est transféré à Ste-Mangouste pour tenter de sauver son bras.
Le 5 : Première visite de Isolde à Ste-Mangouste

Août
Le 3 : Clemens quitte l'hôpital, mais reste secrètement vivre à Londres pour s'adonner au jeu et aux paris sur des duels illégaux.
Le 31 : Il reçoit enfin sa lettre de Haveirson.

Septembre
Le 1er : Entrée à l'académie.

Octobre
Le 2: Chute du clocher d'Avalon, Clemens tue accidentellement deux mangemorts.
Le 3 : Discussion de colocataires avec Rowan, il lui avoue ses secrets à propos de Vela et Anna.
Le 4 : Prisonnier de la salle des travaux pratiques avec Megan
Le 5 : Première conversation avec Anna
Le 12 : Retrouvailles avec Luuna à Sinistros
Le 17 : Festin nocturne dans les cuisines de Haveirson.
Le 28 : Bal de Halloween
Le 30 : Réconciliation avec Heath

Novembre
Le 1er : Jogging à Avalon et rencontre avec Amaranthe
Première semaine : Premier cours de médicomagie
Première semaine : Anniversaire de Luuna
Le 4 : Soirée avec Isolde à la chaumière
Le 6 : Saccage du Terrain de Quidditch avec Gareth et irruption chez Quinlan lors de sa nuit avec Jessica
Le 8 : Rendez-vous avec Neal à propos des liens entre botanique et métamorphose
Le 9 : Megan le remet sur un balai et le conseille sur sa rééducation
Le 23 : Travail, doute, confidence avec Quinlan, tout bascule.
Le 25 : Festival Culturel
Le 26 : Départ en voyage sur les traces de sa mère.
Le 28 : Retour à Heidelberg sur les traces de sa mère, et de l'arnaque sur laquelle elle enquêtait.

Décembre
Le 2 : Arrivée au Danemark
Le 5 : Rencontre avec Sven
Le 8 : Découverte de l'atelier de baguettes
Du 11 au 14 : Berlin, retrouvailles avec Laura Neubach au ministère allemand de la Magie.
Du 14 au 16 : A la main, à Londres.
Le 16 : Retour à Haveirson, Rowan avoue ses fiançailles.
Le 17 : Rencontre avec Alexandra Zshocke à Pré-Au-Lard. Retrouvailles avec Quinlan
Le 18 : Rendez-vous avec Anna au Parker's. Excursion dans le labyrinthe.
Le 19 : Emplettes sur le Chemin de Traverse pour couvrir ses pulsions de jeu, retrouvailles avec Jade. Découverte des tombes des Peverell dans le Parc.
Le 20 : Soirée 'Tenue Correcte Exigée' avec Quinlan.
Le 21 : Courte Discussion avec Megan, retour à Londres pour les vacances.
Le 22 : Départ pour Heidelberg
Le 26 : Arrivée en Bavière pour rejoindre Isolde
Le 27 : retour à Londres dans la soirée.
Le 30 : Paris dans l'Allée des Embrumes, rencontre avec Aleksandrina
Le 31 : Soirée du Nouvel An au Cloud Atlas

1997
Janvier
Le 2: Dispute avec Quinlan, celui-ci lui avoue faire partie d'un ordre secret qui se voue à combattre Voldemort : l'Ordre du Phœnix.
Le 6 : Clemens devient animagus et se fait immoler par le Comte, après avoir mis au feu au règlement avec Isolde.
Le 7: Retrouvailles avec Bentley, au hasard d'un entraînement aux duels. Les deux étudiants échangent leurs doutes quant au Comte et son académie.
Le 8 : Première rencontre avec Daphné, la fiancé de son meilleur ami Rowan.
Le 12 : Retrouvailles avec Jessica
Le 14 : Quidditch avec Anton
Entre le 19 et le 22 : Clemens se mêle de la détox de Rowan
Le 24 : Clemens annonce sa transformation à Quinlan
Le 27 : Participation aux Ateliers de Parole organisés par Quinlan
Le 29 : Par hasard, Clemens et Freya se retrouvent dans l'Allée des Embrumes

Février
Le 14 : Bal de la Saint-Valentin
Le 15 : Attaque sur Avalon, Clemens se trouvait à Londres avec Amaranthe, Isolde et Aaron pour discuter des mystères de Haveirson
Le 20 : Clemens passe la journée inaperçu, à cause de sa doléance.
Le 22 : À Sinistros, Clemens remet le nez dans le grimoire trouvé dans le caveau des Peverell










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Dernière édition par Clemens Neubach le Dim 20 Déc 2015 - 23:01, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Mar 19 Mai 2015 - 17:38

Souvenirs : Un jeudi de février 1993

« Pardonne-moi mon retard, Rowan, je faisais un somme. »

Regard perplexe de l'interlocuteur. Faire un somme un jeudi à 14h est en effet plutôt inhabituel. Clemens se laisse tomber sur une chaise en face de son camarade, et pose sa tête sur le bois frais de la table. Avec beaucoup de délicatesse. Le jeune homme a l'impression d'avoir un troupeau d'hippogriffes en pleine transhumance dans le crâne.

Bam. Bam. Les pas sur le sol feutré de la bibliothèque sont une torture. Quelqu'un laisse tomber un livre, il sursaute. Ses yeux un peu vitreux s'accrochent tant bien que mal au visage du Serpentard. Expression de politesse interloquée. Clemens aurait ri en d'autres temps, mais la simple pensée d'un rire lui perce déjà les tympans. Soudainement il se demande si Rowan a déjà été saoul. Et donc, si il a déjà eu une gueule de bois. Sans doute pas. Avec peine, le jeune Serdaigle ramène ses bras sous sa peine, de manière à se soutenir tout en gardant son ami dans son champ de vision.

« J'ai eu une nuit difficile… Hmpf. Enfin, la matinée surtout. »

La veille, ils s'étaient mis d'accord pour travailler ensemble leur devoir de Défense Contre les Forces du Mal. Clemens tenait à honorer sa promesse, même s'il n'était pas convaincu d'être d'une quelconque aide à la rédaction de quoi que ce soit. Un vague sourire se balade néanmoins sur son visage, et il se sent pressé d'expliquer.

« J'étais en retenue chez Flitwick ce matin. Il avait un énorme stock de plumes à trier. Tu sais celles qu'il utilise pour apprendre les sortilèges de Lévitation, avec les premières années ? Il les garde soigneusement dans un coffre, c'est son activité de retenue préférée, visiblement. Tu aurais cru, toi, que ce bon vieux Filius était si hargneux ? Je l'ai découvert ce matin, en tout cas... »

Épuisé par cet effort de paroles, l'Allemand repose sa tête contre la table et pris quelques longues inspirations. Les restes d'alcool lui embrume toujours la tête et il n'a réussi à attraper que deux heures de sommeil durant ce début d'après-midi. Heureusement que son horaire est vide le jeudi après-midi. Bien que participer à un cours de potions chez Rogue avec une gueule de bois magistrale soit plutôt… conceptuel. Clemens se redresse à nouveau. Rowan s'intéresse à nouveau à son devoir, mais le fin sourire qui frémit sur ses lèvres trahit un certain amusement.

« Je te jure que la situation n'avait rien de drôle ! J'ai mis plus de deux heures à séparer les plumes intactes des plumes amochées. Brûlées, découpées, déchiquetées, … écartelées ! Cela demande un effort de CONCENTRATION, tu n'as pas idée. Je crois que c'est la pire tâche qu'on m'ait donnée. »

Une jeune fille passe à côté de leur table et leur jète un regard noir. Clemens réalise alors qu'il a parlé plus fort qu'il ne le souhaitait, et même s'ils sont installés dans un coin, ils dérangent visiblement certaines personnes. C'est une Poufsouffle de septième année, il la connaît, elle joue au Quidditch lui aussi. Mignonne, mais pas son genre. Il se souvient le lui avoir dit, un jour. Elle l'a mal pris.

« Pardon championne, mais tu aurais du voir la tête de Flitwick, c'est une histoire qui vaut la peine d'être racontée. »


Elle lui lance un regard courroucée et s'éloigne. Clemens pouffe et reporte son attention sur Rowan. Celui-ci a toujours un intérêt poli sur le visage.

« Qu'as-tu bien pu faire entre hier après-midi et ce matin, pour te retrouver en retenue ? »

« Ah… Tout a commencé sagement, pourtant. »

Les yeux du Serdaigle affichent cette lueur espiègle qui accompagne chacune de ses expéditions particulières. Il ferme un instant les yeux et réprime un rire.

« On se faisait un poker dans notre dortoir, tout a fait sagement. Il était quoi… 22h. On voulait pas être dérangés, ni déranger qui que ce soit, donc on est restés en haut. Tout se déroulait bien, petite partie à cinq, et voilà qu'un hibou. Une ARMEE de hiboux plutôt vient frapper à notre fenêtre. Là-dessus Sean nous annonce avec fierté qu'il a commandé de la Bieraubeurre. Son frère travaille au Trois-Balais, tu vois. Puis bon, quitte à être posé bien à l'aise, on s'en est chacun ouvert une et on rigolait bien. »

Clemens se tait brusquement alors qu'un préfet de Serdaigle cherche les rayons non loin d'eux. Avec un air de conspirateur, il observe chaque mouvement de l'indésirable. Une fois le danger éloigné, il reprend.

« Là-dessus, voilà un groupe de première qui vient taper à notre porte. Pas de chances aussi de se retrouver avec les petits comme voisins de palier. T'aurais du les voir, c'était tordant. A cinq, collés les uns contre les autres, celui qui fait trois centimètres de plus poussé sur le devant. Trop de bruit, on sait pas dormir… Le truc habituel, quoi. Donc on est descendus. Il était pas loin de 23h et y avait plus personne dans la salle commune, ça tombait bien. On a continué notre partie là. Pause. »

Son front vient cueillir la fraîcheur de la table, à nouveau. L'air de renfermé de la bibliothèque rehausse son mal de crâne. Avec lenteur, il cueille un livre dans son sac abandonné à ses pieds, l'ouvre en plein milieu pour augmenter la surface, et s'y repose avec un grognement de plaisir. L'avantage des livres sorciers étant leur épaisseur. Beaucoup plus confortable. Sans plus relever les yeux cette fois, Clemens continue son récit, devinant seulement la présence effarée de Rowan.

« On a continué la part, ça se passe. Lauren nous a quitté vers deux heures du matin, elle doit avoir un sacré mal de crâne aussi, elle. Elle tient vraiment pas l'alcool. Faudra que je demande à Lana. Soit. Elle a pris la bonne décision, parce qu'on a voulu la suivre après avoir fini la partie. Sauf que Sean était bien plus coriace que je le croyais et j'ai mis du temps à le plumer. Finalement, je lui ai tiré deux Gallions, mais il voulait sa revanche. Alexander a rouvert une tournée de Bieraubeurre et on était repartis. »


Le sixième année rit doucement pour lui-même.

« Trois heures après, on avait pas vu le temps passer, mais faut croire qu'on était bruyant. Flitwick est arrivé comme une FURIE dans la salle commune. J'aurais jamais cru qu'un si petit bonhomme pouvait se déplacer si vite. En robe de chambre et avec son bonnet, il aime les Pitiponks d'ailleurs, il était tellement tordant qu'on a tous hurlés de rire. Puis on a réalisé l'heure. Et l'état de la table. C'te champ de bataille. Je saurais pas te dire combien de bouteilles vides s'étalaient autour de nous, mais un sacré paquet. J'ai cru que ce pauvre Flitwick allait décoller tellement il gesticulait dans tous les sens. Enfin… Il a fini par décréter que si on était assez en forme pour jouer au poker à une heure pareille, on serait assez en forme pour aider à nettoyer le château. Et j'ai écopé des plumes. »

D'un geste peu précis, Clemens s'ébouriffa les cheveux tout en se redressant pour faire face à Rowan. Il avait un mal fou à retrouver un peu de clarté dans les idées. Peut-être aurait-il du prendre une douche froide avant de venir à la bibliothèque. Ses yeux bleus rencontrèrent le regard atterré de son ami, juste avant que celui ne se passe une main sur le visage. Une drôle de nuance dans la voix, il murmura.

« Va te coucher Clemens. On le finira demain, ce devoir. »






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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Mar 26 Mai 2015 - 18:53

Souvenir : Un soir de juin 1994

« Bonsoir Professeur. »

L'air un peu inquiet, Clemens se glissa dans le bureau de Minerva McGonagall. Celle-ci resta silencieuse un instant, son regard perçant fixé sur les documents qu'elle lisait. Subitement, elle les repoussa et releva la tête vers le Serdaigle qui se tenait devant elle. Un mince sourire se dessina sur son visage ridé et elle lui fit signe de prendre place en face d'elle. Le jeune homme se glissa dans un des sièges recouverts de velours écossais, le regard interrogateur. La directrice des Gryffondor lui avait signifié de venir la voir ce soir-là, à la fin de leur dernier cours. Elle avait mentionné évasivement son dernier devoir. Deux jours avant les ASPICs, il avait un peu de mal à cacher son inquiétude.

« Bonsoir Monsieur Neubach. J'ai été très étonnée par votre dernier devoir sur les sortilèges d'Animation. Même dans mes classes d'ASPIC, je ne suis pas habituée à lire un travail aussi précis et nuancé. »


L'élève sourit un peu timidement et hocha la tête. Il avait passé de très longues heures sur ce travail. Le sujet le fascinait véritablement et il regrettait de n'avoir pas pu aborder ces sortilèges de manière pratique durant le cours. Il répondit avec une légère hésitation.

« Le sujet me passionne. J'ai… J'ai fait quelques expérimentations pratiques pour ajouter de la justesse dans mon devoir. Il me semblait difficile et peu sensé de rédiger un essai sans aucune expérience personnelle. »

Clemens ne put s'empêcher de se recroqueviller légèrement sous l'intensité du regard de McGonagall. Elle tira légèrement ses lunettes afin de l'observer sans obstacles. Tout sourire avait disparu de son visage et le jeune homme ne parvenait à déterminer ce qu'il devait lire dans ses traits. Cependant, c'est d'une voix douce que la professeur s'adressa à lui.

« Vous avez abordé les sortilèges d'Animation par vous-même ? Voilà qui éclaire beaucoup de choses… vous faites mentir votre réputation, monsieur Neubach ».

Le Serdaigle la regarda d'un air d'innocence travaillée. Il avait conscience des nombreux excès commis ces deux dernières années – bien que ses souvenirs soient plutôt flous à ce sujet – et il était parvenu à la surprise générale à maintenir un excellent niveau en cours. Il ne se l'expliquait pas bien lui-même, d'ailleurs. Rowan et Theodore avait certes donné de leurs personnes pour lui faire entrer du plomb dans la tête. Néanmoins, entre ses entraînements de Quidditch et ses gueules de bois, seule la passion avait pu le sauver. Il sourit d'un air contrit à McGonagall.

« Ne faites pas semblant de rien. Je regrette de ne pas vous avoir eu à Gryffondor. Montrez-moi un peu de quoi vous êtes capable au lieu de jouer l'innocent. Un sortilège d'Animation pourrait vous valoir quelques points supplémentaires pour votre ASPIC. »

Clemens se leva et parcourut la salle des yeux à la recherche d'un objet qu'il pensait pouvoir mettre en mouvement. Ses essais s'étaient limités à des cibles de petites tailles et qui se portaient bien au déplacement. Tout comme pour les sortilèges de Disparition, plus la cible était complexe et éloignée du but, plus il était difficile de réussir. Le jeune homme se mordit légèrement la lèvre puis se détendit quand son regard tomba sur un vieux Vif d'Or. La petite balle, bien qu'immobile à présent, était intrinsèquement lié à la notion de mouvement.

« Animatus ! » s'exclama-t-il d'une voix forte et claire.

Sous la conduite de sa baguette, le Vif voleta tout autour de la pièce pendant quelques secondes avant de se poser sur la table, juste devant Minerva McGonagall. Les yeux brillants, elle salua la performance d'un hochement de tête sec mais approbateur.

« Dites-moi, que comptez-vous faire en quittant Poudlard ? »

« J'ai obtenu un poste de batteur chez les Busards de Heidelberg. Je compte suivre une carrière de joueur professionnel. »


La directrice des Gryffondor secoua la tête à cette annonce.

« Je reconnais votre talent de joueur, néanmoins, j'ose vous dire que c'est du gâchis. Vous êtes fait pour la métamorphose, c'est évident. »


Clemens réprima un rire. Il se voyait mal contredire une spécialiste renommée en la matière. D'autant plus que McGonagall était réputée pour avoir été une excellente joueuse de Quidditch, elle aussi. Il sentait dans ses membres que son futur devait se jouer sur un balais. Il n'y avait même jamais vraiment réfléchi tellement cela lui semblait être une évidence. Pour tout réponse, il haussa donc les épaules.

« Comment se passent vos autres expérimentations ? Ne me regardez pas avec cet air surpris ! Croyez-vous vraiment qu'un élève de cette école puisse s'intéresser autant à l'Animagisme sans que cela ne m'arrive aux oreilles ? »


Le jeune homme se rassit sans oser dire un mot. Il avait entrepris ses recherches dans ce qu'il croyait être le plus grand secret, se donnant du mal pour brouiller les pistes. Il avait certes montré un intérêt débridé lors des cours à ce sujet, mais il ne pensait pas que ses intentions auraient été si transparentes pour McGonagall. Si seulement il avait osé se tourner vers elle dès le début… Il se sentait comme un gamin pris la main dans le sac.

« Je… Je pense que ça se déroule pas trop mal. C'est difficile de savoir à quel point on avance, mais j'ai l'impression d'être sur la bonne voie. » expliqua-t-il d'une voix hésitante.

« Bien, faites-moi part de votre évolution. Rien ne vaut les conseils d'une vieille baroudeuse pour avancer dans cette voie. Filez maintenant, je serais furieuse de vous savoir trop fatiguée pour obtenir un Optimal à votre ASPIC de métamorphose. Et j'ose espérer que vous changerez d'avis sur vos plans de vie ! »

Clemens se leva brusquement, comme frappé par la foudre. Il avait été surpris à la fois par la familiarité de la vieille dame et l'autorité dont elle avait fait preuve, simultanément. L'expression qu'elle lui servait était néanmoins amicale et cela bouleversa un peu le jeune homme. Ce témoignage de confiance et ces compliments, si rare chez McGonagall avait insinué un peu de doute en lui… Perplexe, il s'enfuit sans demander son reste.

Arrivé à la porte, il marqua une courte pause et se retourna, hésitant.

« Professeur… Pensez-vous vraiment que je ferai mieux de me détourner du Quidditch pour la métamorphose… ? »

La directrice des Gryffondor, déjà replongée dans un livre, leva les yeux. Son regard était sans équivoque.

« Monsieur Neubach, m'avez-vous déjà entendue complimenter un élève pour le plaisir ? »


Le Serdaigle hocha la tête et quitta le bureau avec empressement. Cette nuit-là, il ne dormit pas.






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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Lun 1 Juin 2015 - 23:01

Souvenir : novembre 1994

Trop de boue. Trop d'échecs. Trop de frustration.

Clemens était longtemps resté assis au bord du terrain sous la pluie, comme si les torrents d'eau qui imprégnaient ses vêtements déjà détrempés pouvaient noyer sa honte. Son maillot aux couleurs des Busards de Heidelberg était méconnaissable. Tout comme l'équipe l'avait été cet après-midi là. Ridicules. A un point, ils avaient même fini sous les huées de leurs supporters, sans qu'aucun de ses coéquipiers ne comprennent comment ils en étaient arrivés là. Telle une statue de boue, le jeune batteur repassait dans sa tête la discussion d'avant match, encore et encore.
Ils savaient que cela allait être un match difficile. Jouer les premier du classement n'était jamais chose facile, mais le faire sur son terrain, à domicile, était sensé représenter un avantage. Ils étaient préparés, remontés, ils avaient la rage. Pendant un moment au début de la rencontre, ils avaient même cru avoir une chance… puis tout avait basculé.

Frederikson, leur capitaine avait été vilainement touché par un cognard. Privés de leur poursuiveur star, du meneur de leur équipe, de leur âme, les jeunes joueurs s'étaient disloqués. Aucun d'eux n'avaient été capable de prendre la place de galvaniseur et, peu à peu, leur jeu s'était dégradé. L'humiliation aurait pu se terminer en un temps record si la météo capricieuse de novembre ne s'en était pas mêlée. Les conditions de jeu étaient devenues exécrables, la visibilité tellement médiocre qu'il avait fallu trois heures à l'attrapeur Bombardier pour s'emparer du vif d'or.

Trois très longues heures pendant lesquelles les Busards avaient été malmenés et promenés d'un côté à l'autre du terrain sans qu'aucune bonne séquence de jeu ne puisse se mettre en place. Personne n'était vraiment fautif, ils n'avaient juste pas pu trouver leur place. Clemens ne parvenait pas pour autant à chasser l'amertume qui lui brisait les épaules. Il était le dernier arrivé dans l'équipe et avait encore tellement besoin de faire ses preuves ! Les premiers matchs s'étaient bien déroulés et les critiques sur sa performance avaient été plutôt bonnes. Ce premier échec était un obstacle trop grand pour la pression qui lui serait le ventre, chaque jour.

Assis là à l'endroit exact où il avait atterri à la fin de leur calvaire, il avait refusé de retourner aux vestiaires. Certains de ses coéquipiers étaient rentrés vites, d'autres avaient traîné un peu plus longtemps, tentant vainement de l'entraîner avec eux. Mais il était resté là, dégoutté et dépité, sans comprendre les raisons d'une telle débandade.

Ses yeux bleus erraient au travers du terrain, des moments du matche lui revenaient par flashs. C'est ainsi que finalement, sa concentration dériva des buts au ciel et qu'il constata sa noirceur. Certes, la tempête latente de ces derniers jours ne leur avait pas offert beaucoup de clarté, mais la nuit était à présent indubitablement tombée. Clemens se redressa finalement, une main levée vers son visage pour essayer, sans succès, de chasser la boue qui lui dégoulinait des cheveux. Le pas pesant, il prit la route des vestiaires, son Nimbus en travers des épaules, tel un bagnat rentrant à sa cabane après une dure journée de labeur.

L'intérieur l'accueillit d'une douce chaleur et d'une lumière tamisée, signe que tous les joueurs avaient déjà quitté les lieux. Soudainement inquiet, le jeune homme chercha l'horloge des yeux, se demandant combien de temps il avait bien pu rester sous la pluie aux prises avec sa frustration. Cette prise de conscience lui signala enfin le hurlement de chacun de ses muscles, encore tendus par l'effort. Son corps tremblait, affaibli par l'humidité et le froid que l'immobilité n'avait plus pu chasser. Il chancela. Son comportement avait été si puéril, si déraisonnable ! Avec un grondement rageur il se laissa tomber sur un banc, furieux contre lui-même et contre l'univers, furieux de ne faire qu’effleurer ses buts sans parvenir à les atteindre.

« Clemens ? Bist du es ? »

Le jeune homme, la tête dans les mains, n'eut pas le courage de lever les yeux. Il avait reconnut la voix dans peine, mais ne pouvait affronter le visage d'Erika. Leur gardienne, malgré son air gracile et son humeur d'ordinaire taciturne, avait étonnement encaissé la défaite avec le plus de sérénité. L'humiliation avait été pire pour elle que pour tous les autres, condamnée seule contre les Bombardiers, alors que ses défenseurs ne lui étaient plus d'aucune aide. Objectivement, elle avait joué le match de sa vie. Clemens s'en voulait de lui avoir infligé ça. Ses tirs de cognards avaient été trop imprécis, trop perturbés par les vents pour gêner les avancées des poursuiveurs adverses. Pourtant, elle était encore là. Ses pas s'approchèrent de lui et il sentit la chaleur qui émanait d'elle alors qu'elle s'agenouillait à ses côtés.

« Mache es dir nicht so schwer. Was nützt es jetzt ? Krank werden wird uns nicht helfen, das nächste Spiel zu gewinnen. Fred geht's gut, er wird aber eine Zeit lang nicht spielen können. »

Il frémit. Il s'était tellement apitoyée sur lui-même qu'il ne s'était même plus préoccupé de leur capitaine. La culpabilité finit de chasser l'amertume, alors que la voix douce de sa coéquipière lui faisait réaliser à quel point il était ridicule. Les mots restaient bloqués dans sa gorge, noués entre trop d'intentions, sans qu'aucun choix ne parvienne à chasser les autres. Une main douce et réconfortante se posa sur son épaule humide et boueuse. L'autre se glissa sous son menton et le força à lever les yeux. Ses yeux bleus devaient détonner au milieu de son être brun-gris. Son regard ne voyait qu'Erika.

Rapidement, il rencontra ses yeux verts, dans lesquels brillaient une lueur qu'il ne pouvait pas vraiment définir. Tant de douceur et de chaleur émanait d'elle, tandis que son regard était électrique, presque sauvage. Comme si elle luttait pour tenir une fureur en cage. Clemens ne l'avait jamais vraiment regardée, mais soudain, il fut fasciné. Fasciné par ces émotions contradictoires qu'elle diffusait si près lui, joueur pour un instant brisé et à l'honneur sali.

Poussé par une impulsion animale, soudaine, sa main se glissa dans sa nuque, juste sous l'oreille, sans oser détacher ses yeux des siens. Il sentit le contact sur son épaule se raffermir, de surprise ou d'envie, sans pour autant s'interrompre. Guidé par son sang plus que par sa tête, il effleura ses lèvres d'abord avec douceur, presque joueur. La main d'Erika se crispa dans un spasme puis remonta le long de sa nuque, s'engouffrant dans ses cheveux comme dans un refuge.

Clemens perdit toute retenue, l'embrassant avec passion, déversant son amertume et sa fureur dans cet acte si indécis, si ambigu. Son autre main chercha la proximité de la jeune femme, se posa sur ses hanches alors qu'il glissait du banc au sol, pressant son torse contre sa silhouette frêle. Sa chaleur l'enveloppait comme un baume rassurant et exaltant à la fois, première échappatoire qui s'offrait à lui dans cette journée gâchée. Une seconde. Puis Erika rétablit une distance, le front appuyé contre le sien, les yeux fermés, mais une main entre leurs deux corps auparavant pressés l'un à l'autre. Le souffle court, elle murmura d'une voix tremblante.

« Geh duschen Clems. Wir sehen uns morgen. »

Elle se leva sans qu'il ne la regarde partir, arrivée et disparue comme un fantôme, surgie de nulle part. Seul dans la pénombre, il soupira. Une douche chaude… c'était en effet tout ce dont il avait besoin.






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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Dim 9 Aoû 2015 - 13:45

Souvenir : 1er septembre 1987

Arrivé dans le grand escalier de pierre, il se préoccupa pour la première fois des autres enfants réunis autour de lui. Il avait occulté leurs conversations depuis qu’il était descendu du train. Sa curiosité l’avait attiré là où la crainte de ses futurs camarades avait refusé de se rendre. D’ailleurs, il ne se souvenait déjà plus des noms des deux autres garçons avec qui il avait passé le voyage. Un coup d’oeil plus attentif autour de lui lui révéla qu’ils se trouvaient six ou sept marches plus bas. Ils échangèrent un sourire crispé et ce fut tout.

Le garçon se repassa en tête les différentes informations que sa mère lui avait livré à propos des quatre maisons. Elle avait essayé d’être neutre dans ses descriptions, sans parvenir complètement à masquer ses propres opinions. Gryffondor, la maison des courageux, de ceux qui n’ont pas peur de briser les règles pour atteindre leurs buts. Serdaigle, les passionnés, dont l’intérêt ne se tarit jamais. Poufsouffle, les loyaux amis, travailleurs et assidus. Et enfin Serpentard, rusés et sournois, ils sont aussi prêts à tout pour parvenir à leurs fins.

Il avait du mal à comprendre comment un simple vieux chapeau pouvait déterminer qui il était et dans quelle maison l’envoyer. Et si elle ne lui correspondait pas ? Pouvait-il changer au cours de sa scolarité ?

Son esprit s’inquiétait tant de ces questions qu’il ne remarqua pas immédiatement l’ouverture des portes devant lui. Encore moins avait-il suivi ce que cette drôle de vieille dame venait de leur raconter. Il se contenta de suivre le mouvement des enfants autour de lui. Guidé par la masse, il laissa son regard voguer, fasciné, sur son environnement. Les chandelles qui flottaient dans le vide, ce ciel étoilé qui lui semblait étrangement menaçant par sa proximité, et tous ces nouveaux visages tournés vers eux. Les regards mêlés de curiosité et de jugement le firent frissonner. Les règles et les conventions étaient si différentes ici, mais il ne le savait pas encore.

Pour la première fois de sa vie, il était content de se trouver dans la deuxième moitié de l’alphabet. Il n’avait aucune idée de ce qui l’attendait, ni de comment il devrait réagir. Les noms autour de lui défilaient, accompagnés un instant plus tard d’une clameur des élèves de la maison concernée.

- Neubach, Clemens !

Il frissonna, la vieille dame avait prononcé son nom haut et clair… mais mal, comme d’habitude. Pour un peu, il aurait même oublié d’y réagir. Seulement, il sentait qu’il serait mal vu de continuer à faire le sourd aux oreilles de prononciation. A l’école molude, il avait ainsi forcer ses professeurs à apprendre à prononcer son patronyme correctement. Mais ici…

L’enfant grimpa rapidement les escaliers et se laissa tomber sur le tabouret à trois pieds. Ses yeux bleus étaient fixés sur la foule en face de lui, conquérants et défiants, comme s’il voulait interdire à quiconque de le juger. Une voix dans sa tête le fit sursauter.

- Clemens. Un drôle de prénom par ici. Sans doute impossible de câcher une certaine différence. Je vois beaucoup de curiosité, une incapacité à cesser de poser des questions…

- Comment tu peux savoir ce qui se passe dans ma tête ?
- C’est bien ce qu’il me semblait. Tu demanderas à Godric.
- Qui est…
- SERDAIGLE !

Ce n’est que sous le regard intense de la vieille dame qui le fixait, que Clemens se rappela devoir rejoindre ses nouveaux camarades de maison. La table bleu et bronze applaudissait avec une ferveur qu’il ne pouvait pas vraiment comprendre. Néanmoins, il se leva et les rejoint d’un pas enthousiaste. Passion et curiosité, ça lui convenait. Ses premières paroles pour ses compagnons furent simples.

- C’est qui, Godric ?






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Dernière édition par Clemens Neubach le Dim 9 Aoû 2015 - 14:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Dim 9 Aoû 2015 - 14:20

Souvenir : décembre 1996.

La journée avait été longue. Clemens avait parcouru Copenhague en long, en large, et en travers en espérant trouver une trace du fabricant de baguettes Jorgensen. Cela se révélait plus compliqué qu’il ne l’aurait cru. Demander aux Moldus qu’il croisait ne servait évidemment à rien, et il n’avait aucune idée de où se réunissait la société magique de la capitale danoise. L’Allemand ne s’était jamais posé la question avant d’arriver au Danemark. Que ce soit en Angleterre ou en Allemagne, il avait toujours été entouré de sorciers, et s’était contenté de suivre le mouvement avant de se faire ses propres habitudes. Il réalisait à présent à quel point il était mal préparé pour la tâche qu’il voulait accomplir.

La nuit était déjà tombée, mais il n’était pas tard. La neige, légère et cotonneuse, recouvrait la rue déserte où Clemens marchait. Il retournait, plein de désillusions, vers le centre-ville. Il n’avait aucune envie de rentrer à son hôtel. Couronner une journée d’échecs par un retour avant les vingt heures était une perspective beaucoup trop déprimante. Il continua donc à marcher encore une dizaine de minutes avant d’atteindre le centre.

Soudainement, il avait envie de présence. De vie autour de lui.

Depuis plusieurs jours, il voyageait seul, et même si Heidelberg ne lui était pas inconnue, son inquiétude l’avait empêchée de profiter de l’entourage de ses proches. L’étudiant finit par jeter son dévolu sur un bar à cocktails qui lui rappelait étrangement un de ses lieux favoris à Londres. L’endroit portait un nom imprononçable, mais l’ambiance moderne et jazzy qui y régnait lui plut immédiatement. La soirée commençait à peine, et le bar était loin d’être rempli, malgré la happy hour annoncée dès 18h. Cela l’arrangeait bien, en un sens. Il aurait le temps de réchauffer son humeur maussade.

Clemens s’installa sur un tabouret au comptoir, abandonnant son trench-coat sur la place d’à côté, dévoilant une chemise noire sous un pull gris cendré. Il secoua son chapeau pour en chasser les derniers flocons de neige, puis il le recoiffa. Détail essentiel à son personnage.

Un instant plus tard, une serveuse s’approcha de lui. Sourire forcé et très maniérée, elle s’adressa à lui en danois. Il supposa en toute logique qu’elle en avait après sa commande.

“A White Russian, please.”

Une lueur d’étonnement passa dans son regard, sans que Clemens ne puisse juger si c’était dû à sa commande, ou à sa réponse en anglais. Dans les deux cas, ça lui était de toute façon égal. D’autant qu’il patienta à peine cinq minutes avant que la jeune femme ne pose un verre devant lui. Il la remercia d’un signe de tête et lui tendit quelques uns de ces étranges billets moldus en cours au Danemark. Entre ceux là, les livres, les Mark et les Gallions, il commençait sérieusement à y perdre la tête.

Le cocktail n’était pas le meilleur qu’il ait bu - Clemens était quelqu’un d’exigeant, quand il s’agissait de ses cocktails - mais cette boisson connue et apprécié lui apporta un certain réconfort. La saveur lui rappelait des soirées passées loin d’ici, entouré de ses amis et de… Une voix le fit sursauter. Un jeune homme avait pris place à côté de lui et semblait lui avoir adressé la parole. Un peu confus, Clemens le dévisagea pendant quelques secondes avant de répondre.

“Sorry, I didn’t get that. I only speak English and German” (Désolé, je n’ai pas compris. Je ne parle que anglais et allemand.)
“Oh, das wird eine Gelegenheit sein, mein Deutsch zu üben” (Oh, ça me fait une occasion pour travailler mon allemand).

Perplexe, Clemens hocha la tête. Il ne comprenait toujours pas ce que le type lui voulait, même s’il n’avait rien contre un peu de conversation.

“Bist du Engländer oder Deutscher?”
(Tu es Anglais ou Allemand ?)
“Hälfte-Hälfte” (Moitié-Moitié)

Son interlocuteur était un peu plus agé, vingt-cinq ans peut-être. Grand et athlétique, il avait la carrure classique du stéréotype danois. Son visage, neutre et banal, était entouré de courts cheveux blonds dorés et éclairés d’un regard vert et pétillant. Objectivement, on aurait du reconnaître que c’était un bel homme.

“Und was machst du hier?” (Et qu’est-ce-que tu fais ici ?)
“Ich trinke einen Cocktail.” (Je bois un cocktail.)

La réponse de l’Allemand sonna sympathique, amusée même, tout en laissant clairement comprendre qu’il ne voulait pas entrer dans les détails. Le Danois hocha la tête avec un sourire et se commanda une bière.

“Ich heisse Sven” (Je m’appelle Sven.)
Il tendit une main, que Clemens serra amicalement.
“Clemens. Und du, was machst du hier?” (Clemens. Et toi, qu’est ce que tu fais ici ?)

Sven leva sa bière jusqu’à sa bouche, sans lacher l’Allemand des yeux. Un sourire espiègle se dessina sur son visage, qui donna soudainement à Clemens l’impression de se regarder dans un miroir.

“Ich suche jemanden, mit dem ich eine heisse Nacht verbringen kann.”
(Je cherche quelqu’un avec qui passer une nuit torride.)

L’étudiant ne put retenir un éclat de rire. La phrase était à la fois si franche et si insolente qu’elle lui plaisait presque. Ses yeux bleus détaillèrent à nouveau Sven, avec un regard neuf. Oui, c’était un bel homme. Il aurait facilement pu s’imaginer sa force et les muscles qui roulaient sous sa peau. Mais son hochement de tête fut négatif.

“Es tut Mir Leid, aber ich bin nicht zu haben.” (Je suis désolé, mais je ne suis pas disponible).

Le Danois ne se laissa pas démonter et se contenta à nouveau de sourire.

“Weil du vergeben bist? Oder weil ich ein Mann bin?”
(Parce que tu es casé ? Ou parce que je suis un homme ?)
“Weil ich mich für Männer nicht interessiere.” (Parce que les hommes ne m’intéressent pas).

Son regard se troubla cependant un instant. Le souvenir d’une bouche vorace sur sa clavicule vint envahir son esprit. Il ferma les yeux une seconde et se passa involontairement une main sur l’épaule droite. Quand il posa à nouveau le regard sur Sven, celui-ci arborait une expression amusée.

“Ich bin aber nicht der Erste, der dich anmachen will, oder?” (Mais je ne suis pas le premier à vouloir t’allumer, si ?)
Clemens leva les yeux au ciel. Comme ça, si.
“Was lässt Dir glauben, dass dur mit Mir eine Chance hättest? (Qu’est ce que tu fais croire que tu aurais ta chance avec moi?)
“Das Gefühl, dass du schon mit einem Mann warst.” (Le sentiment que tu as déjà été avec un homme).
“Das heisst aber nicht, dass es mir gefallen hast.” (Ca ne veut pas dire que ça m’a plut).

La réponse était sortie trop vite et trop fort pour rendre l’impression de nonchalance que Clemens aurait voulu transmettre. Sven lâcha un rire puis hocha la tête d’un air entendu avant de se lever.

“Du musst mit Dir klar kommen, mate.”
(Tu dois te débrouiller avec toi même, mec).

Clemens le regarda s’éloigner sans savoir quoi penser. Que venait-il de se passer, au juste ? Cet illustre inconnu semblait avoir complètement lu à travers lui, sans même qu’il ait révélé un mot à propos de lui-même. Ses pensées flottèrent vers un appartement au Pays de Galles, trois semaines auparavant. Ce visage, si proche du sien, qu’il pouvait sentir la respiration caresser sa peau.

“Est-ce que je peux t’embrasser ?”

Et ces lèvres qui se rencontraient à sa propre initiative, d’abord timidement, puis avec plus d’assurance, comme si elles découvraient un plaisir encore inconnu. Clemens frissona. Les yeux plongés dans le fond de son verre, il réalisa que son départ de Haveirson avait fait de ces évènements une sorte de rêve diffus. Il avait beau se souvenir de chaque instant, de chaque détail, il peinait à les considérer comme réels. Etait-il en train de refouler ce qui s’était passé avec Quinlan ? Etait-ce une one-shot ou étaient-ils véritablement plus que des partenaires de recherche ?

L’Allemand ferma les yeux et laissa à nouveau une série de sensation monter en lui. Elles se mêlaient de souvenirs, d’un baiser langoureux, et d’un contact chaud sur sa peau. Quinlan l’avait si profondément troublé, qu’un mécanisme de protection semblait se mettre en place pour chasser cet après-midi pourtant si apprécié.

Clemens soupira avant de prendre une dernière gorgée de son cocktail. Il abandonna le reste sur le comptoir puis enfila son trenchcoat et sortit dans la neige. Il aviserait lors de son retour à l’académie. Après tout, il n’avait peut-être été qu’une aventure parmi d’autres. Déjà oubliée.






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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Dim 9 Aoû 2015 - 17:28

Souvenir : février 1995

A la fin de l’entrainement, un seul regard leur avait suffit. Depuis trois mois déjà, leur accord tacite s’était transformé en habitude. Après une séance dure et éprouvante, aucun des deux ne se sentait le moral de rentrer seul chez lui, dans l’attente du lendemain et de son nouveau lot de travail. Ils avaient besoin d’évacuer la tension et de se retrouver dans une alcôve de tendresse et de chaleur. Au matin, la concentration était au beau fixe et de leurs nuits, ne paraissait rien.

Clemens n’aurait pas refusé d’établir une relation claire et officielle avec Erika. Il aurait préféré, même. Et en un sens, il espérait toujours qu’elle change d’avis sur la question. Mais elle avait repoussé cette éventualité dès la première minute de ce soir où elle s’était présentée à sa porte, une bouteille de vin rouge à la main, deux jours après un match désastreux et un baiser désespéré échangé dans les vestiaires.

L’Allemand avait pensé que ça ne durerait pas, qu’il ne serait pas capable de trouver son compte dans une histoire aussi incertaine et sujète aux hasards. Ils essayaient autant que possible de cacher leur complicité nouvelle aux yeux de leurs coéquipiers, mais certains commençaient à avoir des doutes. Cependant, personne ne se risquait à les évoquer à haute voix. Lancer cette discussion-là aurait pu se révéler dangereux pour l’équipe, qui avait le vent en poupe ces dernières semaines. Clemens jeta un oeil à l’horloge. Vingt-et-une heure. Dans quelques minutes, quelques coups légers seraient frappés à sa porte et il découvrirait une Erika souriant et joueuse. Fidèle à son habitude. Ensuite, ils s’installeraient sans doute sereinement pour discuter de leur dernier entrainement et, sans doute, du match à venir. Le tout en sirotant du vin rouge, que le jeune homme avait appris à apprécier entre temps.

Il était assis face à sa porte, en attendant sa coéquipière. Leurs soirées se finissaient invariablement de la même façon. Il ne s’en plaignait pas, et même, il était plutôt étonné de ne pas s’en lasser. Pendant toute sa scolarité à Poudlard, il s’était targué d’être un romantique, et avait repoussé la réputation de coureur que ses camarades lui faisaient spontanément. Comme si être joueur de Quidditch signifiait forcément que tout ce qu’il cherchait était de s’envoyer en l’air… Surtout à 16 ans.

Les yeux fixés sur la porte, il sentait son regard pétiller. Cette fois, peut-être changerait-il le cours des choses. Erika dictait souvent le timing de leurs échanges, mais Clemens avait envie de reprendre la main. A ce moment-là, on frappa trois coups à la porte de son appartement.

Il traversa la pièce d’un pas mesuré et laissa entrer la jeune femme. Erika. Petite, blonde, le regard espiègle, mais d’un calme impressionnant sur le terrain. Elle était l’ancre de l’équipe quand un match échappait à leur contrôle. L’effet qu’elle avait sur lui n’en était que renforcé. L’Allemand referma derrière elle et l’enlaça immédiatement, il laissa le parfum de ses cheveux l’envahir, tandis qu’il caressait son cou d’un baiser discret. Elle accueillit cette attitude avec une exclamation amusée, puis se retourna pour se lover dans les bras du batteur. Cette silhouette gracile entre ses bras puissants lui donnait chaud et alors qu’il l’embrassait sans dissimuler ses envies, la jeune femme, de deux ans son ainée, se dressa sur la pointe des pieds pour pour accrocher ses bras autour du cou de son partenaire. Elle lui rendit fougueusement son baiser.

Une heure plus tard, il observait en silence Erika, fumant une cigarette à la fenêtre. Ils avaient entamé le vin et commentait leur dernier entraînement et ses implications sur le match difficile à venir. Ils jouaient leur deuxième place au classement national. En cas de victoire, plus rien ne pourraient les faire descendre du podium de la saison. Le match s’annonçait néanmoins délicat, d’autant qu’il ne se jouait que deux jours avant un match important de l’équipe d’Allemagne. Clemens ne faisait pas partie de la sélection nationale, mais il était nécessaire de préserver certains de leurs coéquipiers. Dont Erika.

“ Tu sais, si tu continues à jouer au même niveau, tu pourrais obtenir une sélection en équipe nationale.”


La jeune femme avait parlé d’une voix nonchalante, son regard par contre, était incisif. Clemens laissa échapper un rire.

“Tu cherches à me mettre la pression ?”

“Bien sur. Ce n’est pas ton insolence qui va le faire. Tu te comportes comme si tu avais déjà tout gagné.”

Clemens aurait pu prendre la mouche si la remarque n’avait pas été soulignée d’une tonalité affectueuse. Il haussa les épaules.

“Je me sens bien dans cette équipe, c’est tout. Je fais mon boulot, et je le fais bien. Je n’ai pas envie de me laisser bouffer par une ambition orgueilleuse qui me mettrait en compétition avec mes propres coéquipiers.”

Ses mots sonnaient un peu faux, cependant. Il ne pouvait pas décemment prétendre qu’il en rêvait pas de prendre part à la Coupe du Monde de Quidditch sous les couleurs allemandes, un jour.

“Ne me fais pas croire que tu es homme à te satisfaire de ce que tu as obtenu facilement.”

Erika avait levé vers lui un regard ouvertement sceptique, tout en se rapprochant pour se servir un nouveau verre de vin. L’Allemand l’observa en silence pendant un instant. Non en effet, il n’était pas dépourvu d’ambition, mais depuis quelques semaines, il se penchait à nouveau sur un sujet qu’il avait délaissé : la métamorphose. Depuis ses quatorze ans, l’intérêt pour cette matière le dévorait véritablement, et son désir de devenir animagus revenait flotter au devant de son esprit. Retourner à la recherche et au dépoussiérage de vieux grimoires lui apportait une autre forme de détente et d’émulation. Quelque chose que ses soirées avec Erika ne pouvaient pas lui apporter. Grâce à ses connaissances au sein des fraternités universitaires, Clemens avait mis la main sur quelques pistes intéressantes.

Sa coéquipière ne le lâchait pas des yeux et commençait visiblement à se douter qu’il y avait anguille sous roche.

“Je ne veux pas jouer dans le but d’obtenir une sélection. J’ai le sentiment que ce serait une forme de trahison envers les Busards. Ce serait comme les utiliser en tant que tremplin, tu vois ? Je vais continuer à me défoncer au quotidien, et si ça aboutit à une sélection… tant mieux.”


C’était la vérité, même s’il laissait de côté un pan de l’histoire. En un sens, c’était symptomatique de sa relation avec Erika. Ils avaient beau partager leur intimité, ils n’étaient pas intimes. D’ailleurs, la jeune femme hocha la tête, visiblement satisfaite de la réponse. Soit elle était convaincue, soit elle considérait que ce manque d’informations tenait du personnel et… ce domaine-là ne l’intéressait pas.

Le silence s’installa. Les deux jeunes gens plongèrent dans leurs pensées, sirotant leur vin rouge distraitement. Les moments tels que ceux-là étaient les témoins flagrants du caractère éphémère de leur relation. Chaque fois qu’ils approchaient de la ligne où ils auraient du s’ouvrir l’un à l’autre, Erika dressait des barrières et devenait muette. Quand elle ne déviait pas la conversation avec un rire.

Clemens la considéra un moment. Il s’était souvent demandé pourquoi elle refusait de s’investir dans une relation dont elle était pourtant l’initiatrice. Bien sur, il n’avait jamais posé la question. Il était persuadé qu’elle aurait invoqué leur appartenance à la même équipe. Cependant, il ne pouvait pas croire qu’elle soit du genre à se laisser arrêter par de telles considérations. Peut-être ne lui trouvait-elle pas assez d’intérêt pour dépasser le stade du partenaire sexuel. C’était possible, même si son ego refusait d’envisager cette possibilité. L’alternative, c’était qu’elle ait peur de l’engagement, de donner d’elle-même à quelqu’un d’autre… Ce qu’il considérait comme à la fois pompeux et ridicule, quand on avait vingt-et-un ans.

“ Je crois que Basti et Lena commencent à se douter de quelque chose.”

Elle releva les yeux vers lui, l’air faussement étonnée.

“ A propos de quoi ?”

Le batteur soupira.

“ Ne fais pas l’autruche. Tu sais bien qu’avec la proximité qui règne dans cette équipe, on ne pourra plus garder notre… relation secrète bien longt
emps.”

Il avait hésité sur le mot à choisir. Il ne voulait pas la brusquer, mais il était également temps qu’ils aient cette conversation. Leur aura de mystère commençait à se dissiper.

“Je ne veux rien officialiser.”

“Je sais. Mais que tu le veuilles ou non, l’information va circuler. A toi de voir si tu as envie de te promener avec une étiquette ‘plan-cul officieux’ sur le front.”


Sa voix s’était durçie, et Erika en fut visiblement surprise. Elle posa une main caressante sur son épaule avant de l’embrasser. Il ne put s’empêcher de lui rendre le baiser.

“ J’emmerde les étiquettes.”

Clemens soupira à nouveau, mais il sourit. Il prit Erika dans ses bras. Au fond de lui, il savait que c’était leur dernière nuit ensemble.






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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Mer 19 Aoû 2015 - 13:38

Souvenir : décembre 1996

La chance était avec lui, mais il était difficile d’expliquer une telle succession d’évènements autrement. Peu après 13h, Clemens s’était arrêté dans une taverne à l’écart du centre de Copenhague pour manger un morceau. L’endroit était rustique mais sympathique, bien qu’il détonnait particulièrement au milieu de cette clientèle constituée essentiellement d’hommes dans la cinquantaine. Mais ça lui était égal : il avait faim et s’était arrêté dans au premier endroit qui lui semblait approprié. Après tout, même s’il appréciait la ville, il n’était pas vraiment là pour faire du tourisme.

A peine s’était-il assis que deux hommes lui adressèrent la parole. D’où venait-il, pourquoi s’arrêter dans un tel endroit, que cherchait-il à Copenhague. Clemens avait tenté le tout pour le tout, jouant sur son apparence un peu décalée des standards, il avait prétendu être un collectionneur à la recherche d’objets d’artisanat étranges. Les deux homms avaient échangés un regard puis lui avaient conseillé de se rendre dans un quartier de l’est de la ville. D’après eux, il s’agissait d’un endroit qui se développait en autonomie et dont les autorités ne se souciaient guère. Clemens s’empressa d’avaler une soupe de pois accompagnée de pain noir, puis il se mit en route dans la direction indiquée. Quel meilleur endroit pour installer un artisanat magique illégal qu’un quartier d’artistes moldus qui vivaient entièrement en roue libre ?

Ce coin de la ville se révéla très animé malgré le temps maussade de ce milieu de semaine. Les rues étaient encadrées de batisses en vieilles pierres, dont les portes ouvertes invitaient le curieux à entrer. Les échoppes présentaient toutes sortes d’objets, allant du foulard fraîchement tricoté aux boiseries finement travaillées. Les passants ne se bousculaient pas, mais les échanges criés d’un côté à l’autre de la venelle donnaient une impression de brouhaha et d’activité fourmillante.

Le quartier plut immédiatement à Clemens. Il aimait cette idée de développement en autonomie qui laissait la part belle aux expériences et à l’imagination. Si il n’avait pas eu un but précis, il aurait sans doute passé plusieurs jours dans ces rues pavées afin d’en découvrir les moindres recoins. Il restait cependant à l’affût des menuisiers et de tout ce qui pouvait s’en rapprocher, sans se préoccuper des autres artisans. Dans chaque échoppe où il entrait, il tentait de jouer la nonchalance, observant avec un intérêt feint les pièces d’exposition. Après quelques minutes, il se présentait invariablement au patron et lui mettait sa baguette sous le nez et expliquait ce qu’il cherchait exactement.

Le premier se contenta de jeter un oeil distrait à ce qu’il considérait comme une simple branche de sapin sans intérêt. Le second salua le travail soigné, mais annonça avec une certaine déception dans la voix qu’une telle finesse n’était pas dans ses cordes. Le troisième par contre ne put réprimer une expression de surprise et laissa son regard voguer entre la baguette et son possesseur. De toute évidence, il savait exactement ce qu’il avait devant lui, mais pas comment il devait y réagir.

“Je vais chercher mon collègue.”

Clemens acquiesca d’un signe de tête, presque soulagé de se voir accorder un peu de temps pour réfléchir à la suite des événements. Il n’avait pas vraiment cru qu’il trouverait une piste sérieuse avec une méthode aussi frontale. A présent, il ne savait même pas s’il devait être honnête ou se faire passer pour un moldu. Un homme d’une cinquantaine d’années sortit de l’atelier et vint se planter devant lui. Son regard était éclairé de doutes et il détailla l’Allemand de la tête aux pieds avant de parler.

“Qu’est ce que vous cherchez, exactement ?”

L’étudiant décida de continuer avec la méthode frontale.

“De quoi alléger le quotidien de ma grand-mère.”

“Pourquoi venir au Danemark pour cela ?”

“J’ai entendu parler d’une nouvelle… technologie quand je lui ai rendu visite à Mannheim. Et comme je vis à Hambourg…”

L’explication lui avait semblé crédible jusqu’à ce que son interlocuteur ne répète sa question. Les baguettes étaient vendues avec le label très marketing “Made in Germany”, et pas “Made in Denmark”. Le jeune homme afficha cependant un sourire carnassier et tenta au mieux de discerner son malaise. Il n’était vraiment pas fait pour l’investigation sous couverture.

“L’absinthe délie les langues et révèle beaucoup de secrets, vous savez.”

Un éclair de fureur passa dans le regard de l’artisan. Clemens tenta de garder l’expression assurée de celui qui est sur de son coup, bien qu’il ait de bonnes raisons de croire qu’il avait fait mouche. Son coup de bluff avait eu l’effet escompté, même si son interlocuteur continuait de l’observer avec suspicion.

“Vous êtes sorcier ?”

“Oui.”

Inutile de mentir sur ce coup-là. Clemens était de toute façon à peu près certain que les deux Danois n’étaient que des moldus et dans ce cas-là, une petite crainte de la magie pourrait bien lui venir en aide.

“Suivez-moi.”

L’Allemand s’engagea derrière le comptoir, tout en vérifiant que sa baguette était bien prête à être dégaînée. Ils traversèrent un premier atelier qui semblait entièrement légitime pour son oeil de novice, ouis ils entrèrent dans une seconde pièce dont la porte était camouflée par un paravent.

“C’est ici que les baguettes sont travaillées.”

L’artisan désigna une étagère couverte de baguettes dont la plupart était plutôt en très mauvais état. Clemens se contenta d’un hochement de tête.

“Vous ne faites que de la menuiserie, donc.”

“Oh, ces baguettes ont des pouvoirs ! Seulement elles sont renvoyées en Allemagne pour vérifier que tout soit bien canalisé.”


Le jeune homme hocha à nouveau la tête, tout en restant perplexe. De la façon dont l’homme lui parlait, il déduisait que celui-ci n’avait pas la moindre idée de ce dont il s’occupait et ne réalisait sans doute pas qu’il se mettait lui-même en danger. Peut-être ne savait-il même pas quels problèmes ses ‘oeuvres’ répandaient autour d’elles.

“Et elles sont livrées où, exactement ?”

“A Heidelberg. Cherchez l’entrepôt de Herr Fischer. En l’état, ces baguettes sortent tout juste de l’atelier de Jorgensen et ne peuvent rien pour votre grand-mère. Vous pourrez acheter en Allemagne, en revanche.”

L’étudiant adressa un sourire de remerciement à l’artisan puis il tourna les talons. Il avait certes obtenu les informations qu’il voulait, mais tout cela avait été trop facile. Et ça, ce n’était pas de bon augure.






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Clemens Neubach
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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Lun 24 Aoû 2015 - 22:16

Souvenir : août 1996

A sa sortie de l’hôpital, deux semaines auparavant, Clemens s’était dit qu’il allait retourner chez ses parents. C’était la solution la plus évidente, la plus facile aussi, et ses bonnes relations familiales auraient du l’encourager à chercher la chaleur d’un foyer. Anton et Laura Neubach avaient été des parents aimants, même si quelques fois un peu absents. Ils avaient des métiers prenant, aux horaires souvent difficiles, ce qu’ils avaient pourtant toujours compensé avec une dévotion sans limites quand il passait du temps avec leur fils. A tout points de vue, ils avaient eu une vie heureuse, facile et sans heurts. L’accident de leur fils les avait dévasté. D’abord à cause de la peur, ce sentiment qui leur avait noué les tripes quand un représentant des Busards de Heidelberg était venu frapper à leur porte, leur annonçant que leur fils allait peut-être perdre l’usage de son bras, au mieux. Ensuite, c’était un peu leur rêve qui se brisait aussi, après avoir passé 10 ans derrière un enfant passionné, à l’encourager dans chacune de ses décisions. Clemens pouvait retourner son passé dans sa tête autant qu’il le voulait, il avait eu une enfance parfaite.

Pourtant, il avait refusé leur offre. Il avait même menti. Il avait prétexté que sa rééducation se ferait en Allemagne, dans un centre de remise en forme spécialisé dans les blessures liées au sport sorcier. Il allait se trouver un appartement à louer dans les environs, il avait encore des économies pour se prendre en charge seul, et ses parents lui avaient promis de le soutenir, encore une fois. Les trois Neubach s’étaient séparés sur le pas de l’entrée de Sainte-Mangouste. Clemens leur avait soutenu qu’ils n’avaient pas besoin de l’accompagner, que ses coéquipiers lui préparaient des retrouvailles et se réjouissaient de le voir revenir. Pétris de confiance en ce fils quelque peu prodiges, ils l’avaient regardé partir, les yeux embués d’émotions contradictoires.

Clemens n’a jamais quitté Londres.

Des contacts, il en avait partout, jusqu’au fond de la capitale anglaise. Son échec, il voulait le traverser seul, sans se voir refléter l’image du jeune homme blessé que chacun de ses proches ne cessait de lui renvoyer. Leur humour et leurs sourires ne faisaient qu’approfondir encore son amertume qui le rongeait déjà depuis trois longs mois… Il n’aspirait qu’à un peu de calme et de tranquillité. De solitude, aussi. Exactement celle qu’il trouvait à ce moment précis, dans une rue surchargée, en parallèle du Chemin de Traverse. Ici, il n’était qu’un anonyme dans la foule, dont personne ne se préoccupait. Son expression sombre passait pour celle d’un jeune homme un peu désabusé, peut-être préoccupé ou simplement pressé, mais qui s’en souciait ? Dans presque sept millions d’habitants, il n’était pas le seul à traîner derrière lui une chaîne de rêves brisés. Au moins, personne ne minimisait.

Tu feras une autre carrière !
Tu as toujours été un bon élève, je suis sure que tu pourras te faire engager au Ministère.
Il n’y a pas que le Quidditch, dans la vie.
Bah, tu t’es loupé cette fois, mais tu n’as encore que vingt ans !


Cette pensée le fit rire. De sa gorge ne sortait aucune joie, juste un simulacre de jouissance rauque, complètement abscons dans cette rue commerçante où chacun s’occupait de soi. Il rit longtemps, secoué par des spasmes qui finirent même par l’empêcher de marcher droit, alors qu’une sorte d’hystérie décalée secouait le jeune homme. Autour de lui, les gens commencèrent à s’écarter un peu. On lui jetait des regards en coin, des groupes de vieilles dames murmuraient sur son passage. On se demandait qui était cette personne assez étrange pour porter une cape noire en plein mois d’août, alors que la touffeur envoyait la populace se dénuder sur les plages. Dans les rues ne restaient que des touristes idiots ou les travailleurs. Ceux qui ne pouvaient pas se payer de vacances.

Clemens finit par se calmer, sans pour autant se sentir mieux. A ceux qui le regardaient encore, il jeta des regards noirs, les yeux écarquillés et encore un peu fous de ce drôle de fou-rire. Il resserra sa cape contre lui et s’engouffra dans une ruelle parallèle qui déboucha droit sur l’Allée des Embrûmes. Il préférait éviter les échoppes surchagées de gamins que le Chemin de Traverse vomissait un peu plus de travers, à mesure que la rentrée à Poudlard approchait. Souffrir un détour lui paraissait beaucoup plus acceptable que se laisser dégoûter par ces familles heureuses dont les enfants vantaient tout haut rêves et désirs. Que lui avait apporté l’école des sorciers, à lui ? Une carrière ? La bonne blague. Où en étaient-ils tous, d’ailleurs ? Promotion de ratés qui s’était éparpillée à travers le monde en quête d’une place à se faire avant de trouver un partenaire, une famille à qui s’enchaîner et puis tout recommencer.

Pendant quelques secondes, ses pensées flottèrent vers Erika. Elle était venue les voir durant ses premières journées à l’hôpital, mais il l’avait chassée. Il n’avait pas pu supporter sa main caressante sur son visage, la brume dans ses yeux. Elle avait joué, elle avait perdu. Comme lui. C’était trop tard. Rageur, il bouscula deux badauds qui discutaient à l’abri d’une arche en bas des escaliers qu’il voulait emprunter. Les deux femmes se récrièrent un instant, avant de rencontrer le regard brûlant du jeune homme. Sa stature somme toute imposante et le vilain rictus qui barrait son visage finirent de les ramener au silence. Elles détournèrent les yeux et il reprit son chemin avec une exclamation dédaigneuse, grimpant quatre à quatre les marches qui débouchaient sur une cour intérieur.

D’un air décidé, il la traversa jusqu’à une large maison en pierre rouge-brun dont la vitrine dévoilait une librairie. Clemens ajusta son capuchon autour de son visage avant de se diriger droit vers le comptoir où un vieil homme rabougri au visage amical, mais dont le regard dansait sous le calcul, le regarda venir. D’un geste si rapide qu’il dévoilait une certaine habitude, l’Allemand laissa tomber un gallion sur le bois vernis.

“Ellebore”

Le mot de passe était venu délicatement flotter dans l’air entre les deux hommes, presque couvert par le bruit de monnaie quand le vendeur encaissa le gallion. Il ne dit rien, mais claqua des doigts sous son comptoir et un grincement se fit entendre pour une oreille attentive. Sans demander son reste, Clemens se détourna et descendit discrètement l’escalier qui semblait mener dans une réserve et à la fin duquel s’était à présent dévoilée une porte.






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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Lun 31 Aoû 2015 - 20:56

Souvenir : Décembre 1996

18h30.

Clemens se laissa retomber contre le dossier de sa chaise, s’abandonnant peu à peu au sentiment d’apaisement qui le gagnait. Comme toujours chez les Neubach, le repas s’était déroulé dans un calme relatif, à l’abri d’une radio ou d’une télévision. On discutait un peu, on mangeait surtout, on se préoccupait des autres si nécessaires. Lors des rares occasions où le fils était de retour dans la maison familiale, les soirées se voulaient plutôt festives et animées. Ce soir là, néanmoins, la réalité d’un départ trop proche au goût des deux parents faisait peser une ambiance de malaise. L’étudiant était resté très silencieux sur sa vie depuis sa sortie de l’hôpital et quelques questions trop précises pour être innocentes l’avait mené proche de trahir son mensonge. Clemens n’avait toujours pas trouvé le coeur de leur avouer sa tromperie, et se sentait soulagé d’échapper à leur regard inquisiteur le lendemain. Pourtant, il se sentait coupable tout de même, de ravir à cette maison si chaleureuse et aimante la valeur de son honnêteté.

“Clems…”

“Vater!”

Sa voix avait claqué plus fort qu’il ne l’avait souhaité, interrompant son père et sa prochaine volée de questions indiscrètes. Étonné, et sûrement un peu blessé, Anton leva néanmoins vers lui un regard rieur. Cette lueur dansante aux doux reflets bleus était le témoin le plus intime de leur lien de sang. Si leurs amis reconnaissaient d’un commun accord que Clemens avait hérité des doux traits de sa mère, il avait incontestablement le regard de son père. Une fois n’est pas coutume, le jeune homme en fut déstabilisé, et s’excusa d’un vague signe de tête.

“Je voulais seulement savoir si tu préférais être au bar ou au service, ce soir.”

The Cloud Atlas avait un fonctionnement particulier qui reflétait intiment son fonctionnement familial. En semaine, le pub n’ouvrait jamais avant 19h et Anton se débrouillait généralement seul pour le service. En week-end ou durant les périodes de vacances lorsque la clientèle était plus nombreuse, alors lui et ses employés se séparaient le travail entre la salle et le comptoir. Chacun sa place, chacun son travail. Pour Clemens, il était hors de question de rentrer à Londres sans passer donner un coup de main au bar, au moins une soirée ou deux. En cette période plutôt calme, il aurait même pu tenir la place seul et offrir ainsi une soirée de congé à son père. Cependant, celui-ci avait refusé, prétextant que c’était un moyen comme un autre de passer du temps avec son fils. L’étudiant n’était pas convaincu que ça en était la seule raison.

“Le bar, alors. Comme ça je ne te volerai pas à tes habitués.”

Il accompagna ses paroles d’un sourire franc avant de se lever. Il déposa un léger baiser sur le haut de la tête de sa mère, bien plus petite que lui depuis des années déjà, et il descendit au rez-de-chaussée pour entamer sa soirée. Laura serait couchée bien avant la fermeture, et il n’aurait pas l’occasion de la revoir avant son départ pour Haveirson, mais il comptait bien passer à Londres une fois ou l’autre avant Noël. En attendant, il ne se sentait pas la force d’affronter encore une fois ce regard si aimant, et si inquiet. Elle n’était revenue que la veille de sa mission d’Oubliator en Allemagne, pourtant elle ne s’était pas laissée tromper par l’apparente bonne humeur de son fils. Il était troublé, elle le savait, et elle voulait l’aider. Clemens, par contre, ne voulait rien entendre.

Avec ces gestes mécaniques maintes fois répétés depuis ses quatorze ans, il commença à retourner les chaises et à remettre les différents poufs et fauteuils à leur place. La lumière légèrement tamisée baignait la salle d’une douceur dorée et correspondait bien à ce pub dont le silence ne demandait qu’à être brisé. Derrière lui, le premier morceau de la soirée chantait ses premières notes, lui laissant deviner la présence de son père. Django Reinhardt. Tout deux vouaient une fascination infinie à cet artiste disparu trop tôt. Ce partage les avait souvent rapproché durant les innombrables crises de l’adolescence.

“Clemens, tu sais que ta mère s’inquiète pour toi. Et elle n’est revenue que hier.”

Il lâcha un rire et se tourna vers son père avec une mine trop ouvertement amusée.

“Mais pourquoi ?”

“Elle dit qu’il te manque la passion, ce sentiment qui te danse dans le regard quand tu vas bien et que tu partages ton bonheur. Elle est touchée que tu te sois précipité à sa recherche, mais elle se demande surtout si ce n’est pas une forme de fuite hors de l’académie.”


“Et toi, qu’est ce que tu en penses ?”
Il détestait quand son père engageait une conversation sur base de ce que sa mère racontait.

“Tu écris à peine, tu parles peu, tu prends la mouche encore plus vite que d’habitude. Je me demande aussi si tu n’avais pas une autre bonne raison de foutre le camp de cette université. Je te le dis, tu devrais retourner dans le monde du Quidditch.”


“Vater… J’adore la métamorphose depuis toujours, et je suis ravi du cursus qui m’est offert. J’y ai retrouvé des amis de longues dates. Je n’ai rien à fuir.”

Clemens soupira alors qu’il roulait des yeux, signe univoque d’agacement. Il n’avait aucune raison d’abandonner ses études, et à dire vrai, il se réjouissait même de retrouver Haveirson, même s’il savait que l’avouer ouvertement devant son père ne ferait que le blesser encore un peu plus. Enfin, peut-être avait-il eu une raison de fuir, mais pas l’académie précisément. Pas directement. Il n’en savait rien, en fait.

“D’ailleurs, tu parles toujours aussi peu d’eux. Comment va Isolde ? C’est pour elle que tu m’as demandé ce stollen en octobre ? Ou tu as rencontré une fille ?”


Clemens alla déverrouiller la porte d’entrée tout en répondant, tandis que son père vérifiait les alcools dans le frigo. Leur tandem était si bien rôdé qu’ils n’avaient même plus besoin de réfléchir aux tâches qu’ils accomplissaient.

“Elle va bien, elle se passionne toujours autant pour la botanique. Je pense lui rendre visite en Allemagne, cet hiver… C’est un peu délicat avec sa famille, ils ne sont pas aussi ouvert que toi tu l’étais en rencontrant maman. On s’est retrouvés autour d’une soirée très germanique juste après la rentrée, elle a amené les bières, j’ai fourni le stollen. Ça nous a fait du bien à tout les deux je crois, de retrouver un peu de nos traditions au Pays de Galles.”

“Hmm… Tu passes beaucoup de temps avec elle, n’est-ce pas ? Tu ne serais pas un peu amoureux d’elle, par hasard ?”


Son père s’était approché avec un air de conspirateur et un sourire malicieux sur le visage. Posant une main sur l’épaule de son fils, il avait cette expression du paternel qui attend tellement de rencontrer la première petite amie de son fils. Évidemment, il n’était pas naïf et se doutait bien que ce ne serait pas la vraie première. Cependant, tant lui que sa femme continuait à s’évertuer à la recherche d’informations sur les dulcinées de ce cher fils unique. Il n’en avait jamais parlé. Ils ne savaient rien. Clemens resta interdit pendant un moment.

“C’est ma meilleure amie ! Je tiens énormément à elle, mais ce n’est pas demain que je vais vous la présenter comme ma fiancée, j’aime autant te le dire.”


Son ton bien qu’amusé avait claqué un peu plus sèchement sur la fin. L’étudiant gardait cette part de lui complètement secrète depuis son adolescence, comme s’il ne tolérait aucun échange d’informations entre Londres et Poudlard. Ses parents ne savaient presque rien de ses amis, ses amis eux, ne savaient presque rien de sa famille. Ça fonctionnait très bien comme ça, surtout tant que personne ne posait de question. Anton ne se laissa néanmoins pas démonter.

“Il y a quelque chose qui te perturbe, si ce n’est pas ton cursus, si ce n’est pas cette jeune femme, alors c’est ton épaule ?”

La porte du pub s’ouvrit, révélant un groupe de quatre étudiants rieurs malgré la neige dont ils étaient maculés. Clemens prit rapidement sa place derrière le comptoir, sautant sur l’occasion pour couper court à la discussion. Il glissa simplement quelques mots à son père avant de vérifier les pompes.

“Non, mon épaule va bien, enfin, autant que possible. Je… Enfin, oui, je vois quelqu’un si tu veux tout savoir. Mais c’est compliqué. Fais-moi plaisir et tiens ta langue.”

Il plongea ses grands yeux bleus dans le regard si intense et si semblable de son père. Ses gestes, laissés en suspens, n’attendait qu’une scellé de la promesse afin de retomber dans ses habitudes. Anton cligna une fois des yeux, lentement, avec une sorte de solennité composée avant de lui aussi se reprendre dans le rôle du patron de bar.






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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Mer 9 Sep 2015 - 23:58

Souvenir : Mai 1996

12 Mai 1996 - 17h18

Depuis presque vingt secondes déjà, il était en vol stationnaire. Malgré l’Impervius, Clemens peinait à voir à travers la tempête. Même son ouïe ne lui était d’aucun secours dans les bourrasques étaient violentes à une telle hauteur. Les tenues bleues marines de leurs adversaires étaient presque invisibles, et il peinait à trouver ses adversaires sous cette pluie battante. La batte armée, son Nimbus au contrôle, il était prêt pourtant. Là ! A une dizaine de mètres de lui, une poursuiveuse venait de filer vers les…

Un bruit sourd suivit d’un craquement. Il eut juste le temps de se demander si c’était l’orage avant que la douleur ne lui vrille les côtes. Tout lui parvint comme avec une seconde de retard et alors que ses yeux suivaient toujours la poursuiveuse, il se sentait doucement fondre vers la gauche. Le vent paraissait si doux, à présent.

On lui a raconté la chute vertigineuse, sa robe et ses membres qui tourbillonnent dans la tourmente, les hurlements des spectateurs et les arbitres qui réagissent trop tard. Mais lui, il n’en a aucun souvenir. Par contre, il se souvient des voix nerveuses, et de la douleur.

12 Mai 1996 - 19h01

“Restez calme !”

Des dizaines d’aiguilles chauffées à blanc sont plantées dans son corps, il croit crier mais n’entend rien, se débattre n’est pas possible. Une douce chaleur se répand, il se sent flotter aux limites de la conscience. Une drôle d’agitation s’égaye autour de lui, les couleurs se mélangent et lui donnent envie de vomir.

“Que lui est-il arrivé ?”

“Empêche le de se relever ! Fais le vomir sur le côté. Mais non, pas sur son épaule, abruti !”

“Cognard et chute de Quidditch, près de quinze mètres d’après les spectateurs, mais personne ne sait vraiment quand il a commencé à tomber.”


“Et les arbitres dans tout ça ?”

“Vous avez vu ce qui tombe dehors ? On n’est même pas surs de ce qui s’est passé. On sait même pas si c’est vraiment un cognard…”


“Vous pensez que…”

Et c’est le noir.

12 Mai 1996 - 23h46

“Putain, regardez-moi ça. Humérus, tête humérale, clavicule… C’est de la bouillie. Qu’est ce qu’on va faire ? C’est qu’un gamin, encore !”


“Écoute, on va devoir sérieusement l’ouvrir je pense, même si l’épaule a pris le gros du choc, il n’a pas été épargné ailleurs. On va commencer par lui sauver la vie je pense, pour le bras en lui-même, on verra ensuite.”

]“Ouais, je suis même pas sur qu’on soit équipé pour traiter un cas pareil.”

13 Mai 1996 - 18h55

Clemens revient peu à peu à lui, découvrant un plafond d’une blancheur éblouissante. Il n’entend rien, mais il ne sait si c’est dû à la confusion cotonneuse dans laquelle il se sent ou s’il est bel et bien devenu sourd. Il a l’impression que personne ne lui a parlé depuis des jours, c’est à peine s’il sait ce qu’il fait là. Son nez le gratte, il tente de lever un bras pour approcher une main de son visage et réalise que son corps est immobilisé. La douleur se réveille, soudaine, brutale et lui arrache un gémissement de douleur. A côté de lui, il entend des voix qui résonnent et des silhouettes s’approchent d’un pas pressé. Une ombre se penche au-dessus de lui et prononce quelques mots qu’il ne comprend pas. Il essaie de bouger encore une fois et c’est à nouveau le noir.

15 Mai 1996 - 02h33

Une main se pose sur son visage, douce et professionnelle. Il ouvre péniblement les yeux. Tout son corps est tellement engourdi que même ce simple mouvement lui paraît terriblement difficile. Une lumière blanche est pointée directement dans son œil, ça brûle un instant, puis ça passe à l’autre. De loin, une voix lui parvient, les mots doivent être rassurants, mais déjà, il replonge dans le sommeil. Ces quelques secondes de conscience lui ont juste permis de sentir à quel point son corps tire, brûle, souffre. La seule bonne nouvelle, c’est qu’il doit encore être en vie.

18 Mai 1996 - 14h16

Il ouvre les yeux. Le plafond qu’il avait cru blanc la dernière fois est en réalité légèrement bleuté. On dirait même que de petits cumulus le traverse paresseusement. Cette fois, il n’essaie même plus de bouger, il se souvient vaguement avoir lutté contre ces sangles la nuit dernière, au milieu d’un cauchemar. Deux infirmières ont du intervenir pour le calmer, le rassurer, juste assez pour pouvoir lui injecter une nouvelle dose. Il se sent haineux. Ses anti-douleurs sont allégés déjà. Contre la brume cotonneuse et insensible des derniers jours, il sent simplement son corps à travers sa douleur. La seule chose qui l’inquiète peut-être, c’est de ne pas sentir son bras droit. Ni son épaule. Ni sa main. Rien. Il tourne la tête mais ne reconnaît rien dans cette immense tas de bandages boursouflés.

“Clemens, comment tu te sens ?”

Erika. Sans déconner. Quelle hypocrite.

“Prêt à aller jouer à saute-mouton, qu’est ce que tu imagines putain !?”

Il a failli être encore plus vulgaire, mais a réussi à se retenir au dernier moment. Il doit la chercher pendant quelques secondes avant de réussir à se focaliser sur une silhouette qui tourne autour de son lit et se penche vers son visage. Elle s’arrête à quelques centimètres seulement. Il rage tant qu’il parvient même à retrouver un peu d’énergie.

“Sérieusement ? Tu comptais vraiment m’embrasser là, maintenant ? Tu te rends compte que ce serait presque un viol ?”

La jeune femme se recule un peu et prend un air blessé. C’est un comble, quand on se trouve dans une chambre d’hôpital.

“Tes parents sont arrivés ce matin, ils n’ont pas bougé de ta chambre depuis 9h, ils sont partis chercher à manger, je… Ah, justement, les revoilà.”


“Papa. Dégage-la de cette chambre. Je ne veux pas la voir. N’importe qui, pas elle.”

“Clemens…”

“Fais la sortir bordel !”

L’Allemand tente vainement de se redresser, se heurte à ses sangles qui le maintiennent contre ce matelas trop confortable. Les cliquetis autour de son lit lui font enfin prendre conscience des différentes perfusions et câbles auxquels il est relié. Il retombe brutalement contre son oreiller, la douleur lui vrille la tête, les cervicales, tout. Dans un dernier éclat de lumière, il sombre à nouveau dans une délicieuse et délicate inconscience.






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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Ven 18 Sep 2015 - 12:28

Souvenir : 24 décembre 1996

Derrière la chaleur habituelle des fêtes de fin d’année, il est impossible de ne pas remarquer que l’atmosphère est tendue. Les Neubach et affiliés ont coutume de passer la veille de Noël ensemble. La journée est dédie à la préparation du repas, à la confection des dernières confiseries et Plätzchen, parfois à une balade lorsque le temps le permet. En ce 24 décembre 1996, la neige ne cesse de tomber sur Heidelberg, recouverte d’une épaisse couche de poudreuse et d’un ciel gris et maussade, la ville se fait propice à la mauvaise humeur.

A table, Clemens affiche une mine revêche et échange occasionnellement un regard éloquent avec Margarethe, sa cousine. Leurs parents se sont disputés plus tôt dans la journée, à propos de l’existence des sorciers. Sans en devenir vraiment violente, la discussion a été piquante. L’ambiance s’en ressent dûrement pendant le repas. Alors, quand les assiettes se vident de leurs entrées, Clemens se propose spontanément pour débarrasser et esquiver l’orage qui menace. Personne n’est dupe quant à ses motivations, mais chacun sourit et le remercie chaleureusement. Seule Maggi se lève précipitamment pour l’aider.

“Merci, Maggi.”

Arrivés dans la cuisine, tous deux semblent soulagés d’avoir trouvé une échappatoire, même si elle s’avère être éphémère.

“Je suis désolée pour ce que ma mère a dit à Anton. Ce n’était pas correct de l’attaquer de la sorte, je crois qu’elle ne se rend vraiment pas compte de la dureté de ses mots. On sait tous que ton père n’est pas suicidaire simplement parce qu’il n’a pas peur des sorciers.”

Clemens hausse les épaules. Sa tante, Tilde, ne peut pas savoir à quel point ses propos les ont vexés, lui et sa mère. Sans compter sur l’impact qu’ils peuvent avoir sur son père, qui se donne tant de mal pour maintenir de la cohésion dans sa petite famille, malgré les secrets qui leur pèsent. Il souhaiterait tout révéler à sa cousine, en qui il a toujours eu confiance. Malheureusement, la décision ne lui appartient pas.

“C’est rien, je suis sur qu’elle a dit ça sous le coup de l’émotion.”
“Sans doute. Tu sais, ça a été dur pour elle, toutes ces histoires qu’on a entendu à la radio à propos des sorciers à Londres… Elle était morte de trouille pour son frère, souhaitait chaque jour que le gouvernement fasse quelque chose. Et voilà qu’elle entend Anton les défendre.”

Le jeune homme lui adresse un sourire alors qu’il rince les dernières assiettes.

“Je me doute, oui. Mais tu sais, à part cet accident-là, on n’a jamais eu de problèmes avec les sorciers en vingt ans. Ils ne sont sans doute pas arrivés hier.”
“On raconte qu’ils peuvent effacer les mémoires…”

Le ton de sa cousine est méfiant, elle n’a pas encore pris position et la peur farouchement ancrée de sa mère l’influence. Clemens ne peut s’empêcher de répondre d’un ton sarcastique, piqué au vif par la réflexion. Quel paradoxe de crainte ça, alors qu’il y a une Oubliator dans la maison, et que les mémoires ont déjà été modifiées quelques fois, pour le bien de tout le monde.

“Oui, enfin… Je crois que dans ce pays, on est mal placés pour critiquer les méthodes de qui que ce soit.”

Maggi se renfrogne avant de hocher la tête, l’air pensif.

“Tu as raison. J’imagine qu’il y a  des fous et des gens bien partout, même chez les sorciers. Cela dit, je voudrais bien en rencontrer un. Pour le moment, on entend toutes sortes de choses et je ne sais pas quoi croire. Je n’ai pas envie de les antagoniser, mais ce n’est pas évident. Je t’avoue que ça m’inquiète.”


Clemens pose une main sur son épaule alors qu’ils retournent ensemble vers la table.

“Je suis certain que ça arrivera et que ce sera une bonne surprise. Les sorciers ne peuvent pas être si différents de nous.”


Voyant les deux jeunes gens revenir avec bonne humeur et camaraderie, l’atmosphère maussade de la tablée redevient plus légère.

“Je me demande lequel des deux va nous ramener le premier ses petits enfants.”

La remarque a beau se vouloir amusée et tendre, le sous-entendu inquisiteur n’échappe à personne. Maggi, habituée à de telles réflexions, reste de marbre. Tandis que Clemens, un peu déranger, ne peut s’empêcher de se passer la main dans les cheveux. Il s’en maudit dans la seconde, le geste est trop connu dans sa famille…

“Oh, Clemens a quelque chose à nous avouer !”

Il fusille son oncle du regard. Il sait qu’il a été pris sur le fait et il ne lui reste que quelques secondes pour trouver une pirouette et s’en sortir.

“Je suis amoureux de Maggi en fait. Depuis des années. Donc voilà, ça me paraît compromis pour les petits-enfants, je suis désolé.”

Margarethe éclate de rire et le gratifie d’un petit coup de coude dans les côtes. Elle le connait assez pour comprendre la plaisanterie, mais son oncle affiche un air vexé. Heureusement, Anton intervient d’un ton sec pour prendre la défense de son fils.

“Oh, laisse le tranquille Alexander. Il nous en parlera quand il voudra.”

Clemens adresse un regard reconnaissant à son père tout en prenant place à la table. Papa Neubach ne détourne pas le regard, fixant son fils de ces incroyables yeux bleus qu’ils ont en commun. Tout en essayant de rester le plus discret possible, l’étudiant hoche la tête. Il va devoir livrer des détails bientôt, mais il se sent seulement capable de repousser l’échéance encore et encore. Il a trop de choses en tête, trop de mystères à résoudre… Il sursaute presque quand il sent la main de Maggi se poser sur sa cuisse et y exercer une courte pression. Il tourne le regard vers elle et lui adresse un faible sourire pour lui signifier qu’il a compris. Il sait qu’elle est là pour lui, mais peut-il vraiment tout lui avouer ?






"Je ne règne peut-être pas, mais je veille sur eux comme sur un territoire"

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Clemens Neubach
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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Ven 18 Sep 2015 - 18:40

Souvenir : 5 juin 1996

Clemens est dans une chambre double, mais le deuxième lit n'est pas occupé. La pièce est étrangement vide, dépourvue de toute décoration ou cadeaux, comme si personne ne savait que le joueur a été transféré à Ste-Mangouste et c'est effectivement le cas pour la plupart. Les murs sont d'un bleu laiteux, ce qui a tendance à le rendre passablement de mauvaise humeur, car cela lui rappelle le ciel. Au travers des fenêtres magiques, le soleil de juin qui brûle à l'extérieur parait un peu apaisé. La chambre a néanmoins une atmosphère chaude, presque chaleureuse. L'ancien joueur de Quidditch est étendu dans son lit, vêtu d'un t-shirt gris à manches-courtes et d'un short bleu marine. Ses couvertures sont repoussées sur ses pieds, aussi loin qu'il a pu les lancer avec son bras gauche. Tout son bras droit, son épaule droite et une partie de son torse est immobilisée par une sorte de bande magique solide et iridescente. Il n'a toujours pas le droit de s'asseoir, alors il est encore et toujours étendu de tout son long, un magasine sur la métamorphose levé au dessus de sa tête.

Il détourne la tête de son magasine quand il entend un léger coup frappé à la porte. Perplexe, il croit d’abord à une erreur, et se contente de regarder vers la porte au moment où elle s’ouvre. Sa meilleure amie entre alors dans son champ de vision. Il est si surpris et ne sait d’abord pas comment réagir. Il se sent à la fois honteux et furieux d’être là, étendu devant elle, même si après quelques secondes une certaine joie se dessine sur son visage. Son hésitation quand elle découvre ses bandages ne lui passe pas inaperçu, mais il préfère ne pas y réagir.

“Isolde"  Clemens affiche un sourire un peu triste, visiblement étonné de voir Isolde dans la pièce.
“Clemens !”
Elle s'approche du lit, soulagée de voir tout de même un léger sourire sur son visage. D'une main, elle rapproche une chaise du côté gauche du lit et de l'autre, saisit la main libre de Clemens. “J'ai reçu la lettre de ta mère hier soir, je suis venue dès que j'ai pu."
Elle a l'air d'hésiter sur la suite. Comment lui demander comment il va alors qu'il est étendu là, à moitié handicapé. Il ne sait pas non plus comment l'encourager.
"Je n'ai même pas pris le temps de te ramener quelque chose. Tu as tout ce qu'il te faut ici ?”
Clemens reste silencieux quelques minutes, son visage prend une expression un peu plus neutre. Évidemment, elle a réagi d’emblée à la lettre envoyée par sa mère, il aurait pu s’en douter. Il ne sait pas encore si ça lui fait véritablement plaisir, alors il prend le parti pour se donner du mal et ne rien la laisser voir. L’Allemand jette son magasine sur la table à coté de son lit, grimaçant en le voyant glisser et s’arrêter tout juste au bord. Le contact d'Isolde sur sa main à présent libre semble lui ramener un peu de chaleur.

“ Je n'ose même pas demander comment tu es sortie de Poudlard à cette période de l'année. Juste avant tes ASPICs, ce n'est pas très raisonnable ma chère."

La réprimande se veut un peu joueuse. La fatigue dans sa voix ne suffit pas à faire fondre le brin d’espièglerie qui traîne dans son ton. Les deux Serdaigle sont dignes l’un de l’autre, et il savait très bien qu’il aurait fait exactement pareil pour elle. Alors qu’il parle, la main d'Isolde se lève dans un réflexe pour rattraper le magazine avant qu'il ne tombe. Elle attend patiemment que Clemens lui réponde, essayant de ne pas trop fixer des yeux l'imposant bandage. Elle se concentre plutôt sur la chambre, et l'absence totale de cadeaux. Elle sourit à sa remarque.

“Mr Neubach me donne des conseils sur ce qui est raisonnable maintenant ? Tss tss."

Elle redevient plus sérieuse.

“La Dame Grise m'a indiqué un passage pour sortir. Elle m'a vue cette nuit alors que j'essayais de partir sans me faire attraper par Rusard, et elle s'est montrée très compréhensive."

Un sourire flotte sur son visage alors qu'il hoche doucement la tête. Clemens se mure un instant dans des souvenirs passés et joyeux, où il déblatère pendant des heures avec la fantôme gardienne des bleu et bronze. Une seconde après, il le regrette déjà un peu, réalisant que cette époque-là est bel et bien terminée.

“J'admets que je suis mal placé... Cette bonne Dame Grise. On serait bien démunis à Serdaigle, sans elle. Je l'aimais bien. Mais j'espère pour toi que ton absence ne sera pas remarquée, je ne voudrais pas qu'il t'arrive misère par ma faute. Je fais déjà assez bien tout seul..."


Son expression se rembrunit, bien que Isolde serre un peu plus fort sa main. Elle essaye sans doute de le rassurer alors que lui trouve plus facile de s’inquiéter d’elle que de parler de son propre état. Il passait déjà ses journées à penser à lui et à sa rééducation, aux derniers traitements et aux discussions d’une nouvelle opération… Il aurait préféré l’écouter parler.

“Ne t'inquiète pas pour moi ! J'ai tout prévu avec Roxane, elle va dire que je suis restée au lit aujourd'hui parce que je ne me sentais pas  bien. Qu'est-ce qui peut m'arriver, au pire ? Une retenue ? C'est pas bien grave. Et j'ai encore plein de temps pour réviser. Pense à toi plutôt."

“C'est vrai, mais c'est quand même un peu con de se prendre une retenue à quelques jours des ASPICs pour un éclopé pour qui on ne peut rien, de toute façon. Enfin, ça me fait plaisir que tu sois venue mais... Je ne vois pas trop comment je pourrais penser à moi. Je passe mes journées à regarder un plafond blanc. Je te raconte pas à quel point c'est passionnant. Hier, j'y ai vu une araignée, ça m'a occupé pendant environ une demi-heure."

Malgré le ridicule de ses mots dans lesquels il essaie de faire transparaître un amusement, son amertume est perceptible et n'empêche pas le sarcasme de pointer là où il voudrait être rieur. Le visage d'Isolde s'assombrit en l'entendant parler ainsi de lui. Pour un peu, il regretterait de se montrer si incisif avec elle, mais jouer la douceur est simplement au dessus de ses forces.

“Retenue ou pas, je n'allais pas rester à Poudlard en te sachant ici. Tu veux que j'aille te chercher quelque chose ? Un livre, ou un autre magazine ?"

Clemens détourne légèrement le regard, comme honteux que sa meilleure amie doive sécher les cours pour venir le voir, d'autant plus dans cet état là. Mais il reprend la parole d'une voix un brin plus douce

“Je ne sais pas, je ... Enfin, ça fait des jours, non ? que j'essaie de lire des trucs, mais tu sais à quelle vitesse ça peut me saouler, d'autant que les tenir au dessus de ma tête, ce n'est pas très agréable. Enfin, ça aura peut-être le mérite de me garder le bras gauche en forme, à défaut d'autre chose..."

La tentative d'humour se teinte d'amertume à nouveau, alors que Isolde garde le silence, comme si elle réfléchissait.

“Et si je t'amenais un jeu de société ? On pourrait jouer un peu ensemble, ça te dirait ? Elle observe son installation d'un air un peu embêté. Tu pourrais te relever un peu ?”

Clemens secoue la tête négativement. Sa meilleure amie ne peut pas savoir à quel point la situation est délicate et insupportable, il déteste entendre ce type de questions. Il retient l’ironie tant bien que mal pour lui répondre.

“Pas pour le moment, je dois encore rester entièrement allongé pendant plusieurs jours. C'est super pratique pour manger, d'ailleurs. Bref, sinon un jeu c'est pas une mauvaise idée."


“J'espère  qu'ils te nourrissent bien au moins ? Si tu veux, je te ramènerai des  trucs de chez Honeyduckes. Et si tu ne peux pas te relever... " Elle  tapote gentiment son ventre avec un air un peu espiègle. "Tu feras un  très bon support à plateau de jeu !"

Clemens a un réflexe défensif quand Isolde lui touche le ventre. Le mouvement fait bouger son épaule et il grimace avec une exclamation de douleur. Son regard se voile un instant d'une lueur furieuse, qui la fait reculer involontairement. Entre ses côtes brisées par le cognard et son épaule opposé défoncée par la chute, il supporte à peine qu’on le touche. Chaque infirmière qui s’approche s’attire déjà des regards brûlants et ses musclent se crispent sous l’anticipation de la douleur. Il n’a pas vu venir le geste de sa meilleure amie et retient un grondement de fureur.

“Excuse-moi ! Je suis désolée, ça va ? Je t'ai fait mal ?"

Il nie simplement la question, il n’a rien à répondre. En soi, il n’a pas vraiment eu mal, mais il ne peut pas s’empêcher de lui en vouloir de l’avoir touché. Il ne supporte plus le contact, sa présence si proche et si éloignée à la fois, alors il cherche sa place dans son lit sans savoir comment se comporter.

“ Oui, si tu veux. J'imagine que maintenant, un peu de sucre en plus ne me fera pas de tort. Et puis on pourrait jouer oui, si tu as un jeu d'échec ou quelque chose comme ça qui traîne..."
Elle réfléchit un instant.
“Je crois avoir vu un jeu de dames dans mon dortoir, ou d'échecs... Je l'emprunterai."
Elle le voit bouger et tend sa main vers lui, sans trop s'approcher toutefois pour ne pas créer un autre mouvement trop brusque.
“Tu  est bien installé ? Je te ramènerais quelque chose alors. Tu aimes toujours autant les fondants du chaudron et les gnomes au poivre ?"

Il soupire, sa voix est un peu rauque.

“Oui, les fondants et les gnomes, c'est bien. Tu peux me passer le gobelet d'eau, là ? C'est chaud, sans me relever, même boire à la paille c'est une galère, quand on est tout seul "
Elle saisit le verre d'eau sur la table de nuit et le tient devant son visage. L'inquiétude revient sur son visage quand il lui parle de ses difficultés.

“Tu es seul toute la journée ? Les infirmières viennent rapidement si tu as besoin d'eau au moins ?"

“Oui, enfin... Elles ont à faire aussi. Je me débrouille sinon. C'est juste pénible."

Il reste silencieux une seconde et puis tourne la tête, l'air embêté. Encore une fois, il se sent incapable d’exprimer ce qu’il a sur le cœur, mais il a simplement honte qu’elle le voit dans un tel état de faiblesse. Il se sent ridicule, et cherche désespérément une idée quelconque pour changer le sujet.

“ Comment ça se passe à Poudlard, sinon ?"

“Il n'y a rien de nouveau là-bas. Tout le monde va bien, enfin à peu près, avec cette horrible directrice.” Elle fait une courte pause. “Ah si ! Roxane et moi, on est allé à Pré-au-Lard il y a deux semaines, et on a réussi à ramener une bouteille de bièraubeurre en douce dans notre dortoir."


L'anecdote le fait vaguement sourire et il couve Isolde d'un regard à la fois tendre et amusé. Il a fait entrer tellement souvent des bouteilles de bieraubeurres au chateau qu’il n’est pas franchement impressionné par l’exploit. Néanmoins, il a connu la Isolde sage qui joue par les règles, toute timide à sa première arrivée sur le terrain de Quidditch pour les sélections.

“Petites joueuses. Enfin, avec la nouvelle directrice et ce que tu m'as raconté,  j'imagine que c'est moins facile... Comment va Roxane ? Plus trop de problèmes avec les Serpentards ?"

Elle lui sourit malicieusement.

“Petites  joueuses, hein ? On a réussi à la garder pour nous deux, personne d'autre ne l'a vue. Roxane va bien, oui, mais les Serpentards ne se sont  pas vraiment calmés, à cause de la directrice et de sa brigade inquisitoriale. Mais ça va tu sais, on sait se défendre maintenant!"

Clemens fronce les sourcils et lui adresse un regard mêlé de méfiance et d'inquiétude. La véhémence de son amie l’étonne et lui met directement la puce à l’oreille. Il a l’impression qu’elle lui cache quelque chose, tout en sachant que s’il s’agit d’un événement grave, elle ne lui en dira rien.

“Comment ça ? Il s'est passé quelque chose ? Les Serpentards ont décidément perdu en tenue depuis que Heath et Rowan ont quitté Poudlard... Malgré tout ce qu'on pouvait leur reprocher, ils avaient au moins le mérite de tenir leurs chiens en laisse."

"Il n'y a pas que des Serpentards dans la Brigade, mais oui, c'est quand même eux les plus...motivés."

Elle balaie sa question d'un mouvement de la main, elle a l’air d’avoir compris son sous-entendu et son inquiétude sous la question.

“On ne s'est pas battus hein, sois tranquille. Mais on ne se laisse pas marcher sur les pieds, c'est tout. Depuis la 5ème année déjà, ils ont commencé à comprendre qu'on n'était pas des cibles faciles qui se laissent faire sans rien dire. On a encore quelques mots parfois mais rien de grave."


“Tu devrais travailler sur tes ASPICs plutôt que t'inquiéter de ces abrutis. Tu seras bientôt dehors avec mieux à faire. D'ailleurs, ça me fait plaisir que tu sois venue, mais je ne veux pas que tu aies des problèmes à cause de moi."

Son ton est plus dur à nouveau et son regard presque moralisateur. Isolde reprend sa main saine entre les siennes, et son regard se fait encore plus doux.

“Je te l'ai dit, ça ira. Je rentrerais en douce cette nuit et personne ne me verra. Maintenant que je connais une sortie sûre, il n'y a aucune raison que je me fasse attraper ! Si ça te rassure, je peux même amener mes livres et réviser ici pendant qu'on joue aux dames."

Clemens secoue fermement la tête de gauche à droite, le visage dur et le ton froid. Il refuse la simple idée qu’elle prenne des risques à cause de lui. Passé sa joie de voir sa meilleure amie, il n’est pas particulièrement ravi de la voir à son sujet. Il se sent partagé. Autant il a envie de parler avec elle, de se laisser embarquer par son enthousiasme et ne pas penser à son état, autant il déteste la voir-là, comme au chevet d’un mourant.

“Rentre à Poudlard, Isolde. Tu reviendras ici autant que tu veux quand tu auras passé tes examens. Sortie sure ou pas, je ne veux pas que tu prennes ces risques là."

“Non, je reste encore un peu. Je n'ai pas fait tout ce chemin pour repartir au bout de quelques minutes. Mes révisions sont bien entamées de toute façon."

Elle s'installe plus confortablement dans son fauteuil, et lui lance un clin d’œil espiègle, auquel il ne réagit pas. Il ferme simplement les yeux, profitant du contact apaisant et essaie de calmer son amertume.

“De toute façon, je ne peux pas rentrer en plein jour, Roxane a dit à tout le monde que j'étais malade. Tu vas devoir me supporter encore un peu !"
“Soit. Je suis au moins content que vous alliez bien toutes les deux. Qu'est ce que tu vas faire, après Poudlard ?"
“Je ne sais pas. J'ai envie de continuer à étudier la botanique, mais je ne sais pas trop où je pourrais le faire. Je pourrais aller dans une université moldue je pense mais..." L'idée la fait frissonner. " Je préférerais rester chez les sorciers."
“Hmpf. Je comprends. Tu as demandé à Chourave ?"
Le regard d'Isolde se perd à nouveau dans la contemplation du mur et ses doigts triturent machinalement ceux de Clemens.
“Oui, elle a très envie de me voir continuer dans cette voie. Elle m'a parlé de plusieurs options. Je pourrais aller en apprentissage chez des apothicaires, ou des botanistes. Mais j'ai envie de faire de la recherche, travailler dans un magasin ne m'intéresse pas."

Elle redresse un peu la tête, souriant à nouveau.

“J'y réfléchirai plus sérieusement après les examens."
Il hoche la tête et serre doucement la main de sa meilleure amie.
“Je comprends, mais certains apothicaires pourraient te permettre de faire certaines expériences, non ? Des recherches universitaires moldues vont beaucoup limiter ton point de vue sur la botanique."

Elle secoue doucement la tête.

“Je n'irai pas dans une université moldue. Mais oui, je pense que je chercherai du côté des botanistes."
“J'espère que tu trouveras quelque chose, tu as encore un peu le temps pour chercher."

Clemens récupère sa main et se la passe sur le visage, la fatigue semble commencer à le peser.
“Je suis désolé Isolde, mais j'ai besoin de me reposer."
Ses yeux, d'un bleu toujours aussi intense et brillants d'une lueur indéfinissable, se posent sur sa meilleure amie avec insistance. Il ne veut pas lui dire directement qu’il souhaite la voir partir, qu’il préfère contempler sa propre solitude.

“Bien sûr, je te laisse. J'ai besoin d'un café de toute façon, et je vais aller manger quelque chose aussi. Je reviendrai plus tard. Et je te ramènerai des fondants."

Elle se lève et repousse un peu la chaise. Elle rapproche le magazine de Clemens pour qu'il puisse l'attraper et va remplir son verre d'eau dans la petite salle de bain attenante à la chambre, puis revient le poser près de lui.
“Repose-toi, à tout-à-l'heure."
Avec un dernier sourire pour son ami, elle quitte la chambre et part en quête de la cafétéria.






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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Sam 19 Sep 2015 - 9:32

Souvenirs : Noël 1987

Une voiture, mais quelle idée idiote ! On a quitté Londres il y a presque sept heures maintenant, et nous ne sommes toujours pas arrivés. Je m'ennuie à mourir. Papa raconte ses blagues habituelles alors qu'il conduit, lui, il ne semble pas dérangé par ce long voyage. Mutti a dormi pendant les quatre premières heures, maintenant, elle se contente d'avoir l'air malade. Chaque année, c'est pareil. On roule, roule, flotte, flotte, puis roule, roule et roule encore jusqu'à atteindre Heidelberg et la maison de Opa Christoph pour Weihnachten. J'aime bien cette ville, avec son beau fleuve bordé de collines où on peut se promener pendant des heures en pleine forêt. Mais il y fait plus chaud qu'à Londres et on n'y voit pas souvent la neige… C'est dommage. Mutti est toujours contente, elle dit que ça l'aide à se remettre de l'éprouvant voyage.

Hier, avant de partir, j'ai demandé à Mutti pourquoi on n'y allait pas en balai, cette année. Ce serait drôlement plus court ! J'ai eu mes premiers cours de vol à Poudlard et je me suis bien mieux débrouillé que tous les autres. Je suis certain que je pourrais gérer le voyage jusqu'à chez Opa, et au moins, ce serait bien plus amusant. Papa m'a tapé sur les doigts, apparemment, je n'ai pas le droit de dire des choses pareilles. Depuis mon retour à la maison pour les vacances, ils semblent tous les deux fâchés quand je parle de mes expériences. Je sais depuis toujours que Mutti est une sorcière, même si on en parlait rarement, à la maison. Il n'y a pas de gens comme elle au bar de Papa, et elle dit qu'ils n'ont pas besoin de savoir.

C'est pas très grave au fond, je sais bien que les grandes personnes ne s'intéressent pas beaucoup à ce que disent les enfants. Elles écoutent toujours avec ces hochements de tête, mais elles regardent ailleurs, réfléchissent à leurs problèmes. Mutti m'a d'ailleurs dit que l'école, ça n'intéressait pas beaucoup la famille de Opa Christoph, parce que chez nous en Angleterre, ça ne fonctionne pas comme en Allemagne et ce serait trop difficile de leur expliquer. Alors si ils me demandent, je dois simplement expliquer que c'est un internat dans un grand château avec plein de traditions anglaises. C'est horrible ! Il y a tant de choses fabuleuses à Poudlard ! La famille de Papa n'a pas besoin d'entendre parler de magie, c'est ce qu'ils disent. Je trouve ça bien dommage…



Cette année, nous sommes arrivés tard à Heidelberg, c'était déjà le 24 décembre. Mutti n'a pas pu avoir ses congés plus tôt et toute la famille est déjà réunie quand nous arrivons. Opa Christoph bien sur, avec sa longue barbe blanche et ses yeux qui brillent. Quelque part, il me rappelle un peu Dumbledore et ça le fait beaucoup rire quand je le lui dis. Opa a quitté l'école quand il avait quatorze ans, alors ressembler à un directeur d'école… Tante Gerda et son mari sont là aussi, comme d'habitude, ils ont l'air un peu tristes et ne parlent pas beaucoup. Papa dit que Gerda ne supporte pas l'absence de Oma Jana. C'est vrai que Noël sans ses chansons, ce n'est plus vraiment pareil… Onkel Georg est là aussi, avec Tilde et leur fille, Margarethe. Comme chaque année, ils ont apporté leurs instruments et c'est le moment que nous attendons le plus.

Je ne sais pas comment on fête Noël à Londres. Enfin si, on a des cadeaux, des sapins et les enfants croient en Santa Claus. On n'en parle jamais vraiment à l'école, les copains de la classe me regardent de travers quand je parle de l'Allemagne. Leurs parents leur ont raconté des histoires horribles et disent qu'ils doivent se méfier de moi. J'ai un mauvais sang, paraît-il. Je ne sais pas trop d'où ils sortent leurs contes, mais moi, j'aime beaucoup l'Allemagne.

Weihnachten, c'est une affaire de traditions, comme dit la famille de Papa. On se met à table à 19h, devant cet énorme repas préparé par Opa et Tante Gerda. Ils cuisinent divinement bien tous les deux et c'est si différent de ce qu'on mange en Angleterre. On peut manger un peu de tout et on rigole beaucoup. Ensuite on s'assied dans le salon. Ce n'est pas très grand, et il n'y a pas beaucoup de place alors Maggi et moi, on s'installe près du piano, sur le tapis. En silence, nous écoutons les premiers morceaux joués par Tilde au violon. Ils sont toujours calme au début et puis l'enthousiasme grandit et nous dansons tous ensembles autour d'elle. Maggi se met finalement au piano et Georg sort sa flûte pour jouer des chansons de Noël. La soirée avance et nous commençons tous à être fatigués… Surtout Mutti et moi, cette année, parce que le voyage a été long, et éprouvant, comme elle dit toujours !

Mon deuxième moment préféré, évidemment, c'est celui des cadeaux. Nous nous installons autour du sapin et Opa allume les bougies, des vraies, pas comme les drôles de lampes que l'on voit à Londres ! Il dit que c'est dangereux si on ne les surveille pas, alors on ne fait ça qu'une fois par an, quand on est tous là pour le voir. Mains dans les mains, nous prions Christkind pour le remercier d'avoir pris soin de nous pendant cette année écoulée. Tout le monde a les yeux fermés, mais je ne peux m'empêcher de jeter un œil aux paquets, sous le sapin.

Un beau jeu de carte, Opa sait que j'adore ça. Un beau stylo avec une pointe en argent, Gerda dit que c'est pour fêter mon entrée dans une grand école. Je fais la moue, personne n'écrit avec un stylo à Poudlard ! Mutti me met en garde avec ce regard qu'elle a quand elle se fâche. Je remercie Tante Gerda. Georg m'offre un livre sur les avions, il dit qu'un garçon de mon âge s'intéresse forcément aux avions. J'imagine que s'il connaissait l'existence des balais, il penserait autrement. Mais son livre m'aidera peut-être à voler encore mieux. Alors je suis content aussi. Papa me donne finalement un petit paquet tout fin, qui contient une simple carte de vœu. Il explique à la famille que c'est pour un cadeau particulier qu'ils n'ont pas encore pu acheter. Son écriture fine et précise dévoile quelques phrases en anglais.

« Son, we couldn't give your present to you in front of the family. It shall be very useful for your future in Hogwarts. You'll get it when we're back in London. »

Son sourire me trahit qu'il est aussi impatient que moi.

« Is it a broomstick? »
« Clemens, bitte kein Englisch, wenn wir hier sind. Es ist nicht höflich. »
« Ja Mutti, Entschuldigung. »


Son ton est dur, mais l'amusement brille dans son regard. Je sais que cette fois, elle n'est pas vraiment fâchée. Je fais semblant d'afficher un air contrit et je hoche la tête, tout en plongeant la main en direction des assiettes de Plätzchen que Tante Gerda vient de nous rapporter, pour clôturer la soirée.

Comment mieux finir Weihnachten, qu'avec une Zimtsternchen et la perspective de posséder son propre balai… ?






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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Aujourd'hui à 1:12

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