Clemens Neubach - Journal de Bord

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Clemens Neubach
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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Mer 23 Sep 2015 - 20:50

Souvenir : 31 décembre 1996

Treize heures.

Clemens se tenait au centre du Cloud Atlas, contemplant le bar d’un air satisfait. Le mobilier se trouvait exactement là où il l’avait imaginé pour sa soirée. L’avant de la salle était organisé comme à l’accoutumée, mais il doutait qu’un de ses invités décide de l’utiliser. La partie arrière, plus confortable avec ses petits fauteuils et tables basses lui semblait plus adaptée à l’atmosphère qu’il espérait générer. A cette pensée, une vague de stress se répandit dans ses veines. Plus l’heure fatidique approchait, moins il parvenait à se convaincre que tout se passerait bien. Que tout pouvait bien se passer.

Rowan se trouvait dans une situation terriblement délicate. Par instinct de protection, il doutait de voir son meilleur ami dévoiler ses sentiments pour Anna. Elle le refuserait de toute façon plus que probablement en présence de tant de gens qu’elle connaissait mal. Megan se méfiait de Anna et Quinlan. Celui-ci allait vivre des retrouvailles publiques avec son frère. Neal mettait Anna mal à l’aise, Anna mettait Quinlan mal à l’aise. Seuls Isolde et lui avaient la chance de se trouver dans une constellation positive avec tous les autres convives.

Clemens posa les derniers éléments de sa décoration hivernale sur la table qui accueillerait le buffet. Il lui restait à présent trois heures trente pour sortir, évacuer son stress et revenir à temps pour mettre en place les détails de dernière minute. Le courrier de Anna l’avait forcé à revoir ses plans, mais il n’avait pas pu trouver une autre solution qui soit à la fois respectueuse et pratique pour la petite Française. Il avait alors offert d’aller la chercher, mais cette idée ne lui attirait au final qu’une frustration supplémentaire. Après un dernier coup d’œil sur son royaume, l’Allemand jeta sa lourde cape noire par dessus ses vêtements sombres d’hiver et quitta le bar. Direction l’Allée des Embrumes.

En ce jour de fête, la ruelle était résolument vide. Les intérêts étaient ailleurs, les solitaires se trouvaient d’autres endroits où perdre leur argent, là où ils auraient l’illusion d’un peu de compagnie et de chaleur humaine pour un jour si spécial. Seules quelques âmes en peine écumaient les pavés enneigés, et pendant une seconde, le Clemens du quotidien revint à la surface et eut honte d’en faire partie. Mais une seconde seulement. Il chassa rapidement cette conscience et la sensation de dégoût amer qui lui envahissait la bouche.

La rencontre importune avec Aleksandrina, la veille, le rendait d’autant plus méfiant. L’Allemand traversa le chemin par un itinéraire différent. Pendant toute la matinée, il avait même songé à se rendre à une autre rencontre que celle où il avait ses habitudes. Cependant, la fréquentation risquait d’être limitée. Et qui disait une population moindre, disait aussi de moindres chances de se dissimuler dans la foule. C’était un risque qu’il ne pouvait pas se permettre de prendre. Son capuchon rabattu sur le visage et les mains fébriles, il poussa donc la porte de la librarie et laissa tomber une obole bruyante sur le comptoir. Le vendeur lui adressa à peine un regard avant de déverrouiller la porte. Seuls les habitués venaient prendre des risques le matin du 31 décembre.

La salle était moitié moins remplie qu’à l’ordinaire, pourtant, on duellait déjà. Clemens jeta un regard au programme des rencontres, pour réaliser avec agacement qu’il ne connaissait aucun des noms annoncés. La journée serait complètement livrée au jeu du hasard… Comme la soirée, selon toute probabilité. Quelle ironie. Douce, douce ironie. Sans afficher la moindre hésitation afin de ne pas trahir sa méconnaissance du programme, il se dirigea vers le bookmaker. Il se tenait au centre de la salle, mettant son rôle en évidence par un ostensible tintement de gallions. Ses premiers mots firent frémir l’étudiant, non par inquiétude, mais par surprise. La voix, forte et assurée, lui révéla que pour la première fois, il ferait affaire avec une femme. La situation était assez inhabituelle, dans ce milieu, les femmes aimaient à se faire discrètes.

Il était perplexe, et ça se vit. Son approche fut marquée d’un temps d’hésitation trop long pour que la demoiselle ne le remarque pas, et elle lui adressa une exclamation ravie. Elle jouait de sa féminité comme d’une évidence, sans crainte de se faire remarquer. Sa démarche dansante quand elle s’approcha de lui soulignait sa confiance en elle et son assurance. Clemens resta planté là où il était, la laissant approcher de lui, focalisé sur cette longue mèche blonde qui dépassait de sa capuche. Elle ne s’arrêta qu’à quelques centimètres de lui.

“Qu’est-ce que ce sera, pour toi ?"

Sa voix se faisait lascive maintenant qu’elle approchait d’un client, et provoqua chez le jeune homme un frémissement qu’il ne savait comment interpréter. A peine dissimulé sous son capuchon, il pouvait percevoir une lueur brillante dans ses yeux. Il la toisait de bien vingt centimètres, et cette situation lui en rappelait une autre. Sans détourner le regard, il laissa tomber ses paris dans la courte distance qui les séparait encore.

“Trois, Hyacinthe. Quatre, Coccinnelle. Cinq, Temere et Six, Sattuma.”

“C’est tout ?”

Avec une expression de dépit, elle s’approcha de lui encore, glissant une main sous sa cape, reposant un instant sur sa hanche, puis se posa sur sa bourse encore alourdies de gallions et de mornilles. Leurs deux corps se touchaient, mais Clemens fit de son mieux pour rester stoïque face à la provocation, tandis que l’odeur enivrante qui émanait des cheveux de la bookmaker accélérait les battements de son cœur. Cette odeur de humus, de feuilles et d’orage annoncé s’insinuait dans sa peau et dans ses veines avec une telle vigueur qu’il se sentait paralysé.

“Pourtant cette bourse bien ronde devrait se permettre plus, non … ? J’ai un excellent tuyau sur le sept.”


“Je ne suis pas intéressé.”

Au fond de son esprit brillait un flamboyant 17h30. Il ne pouvait pas se permettre de revenir plus tard au Cloud Atlas sans risquer un retard, une erreur qui mettrait peut-être la puce à l’oreille de quelqu’un. Certains de ses invités se trouvaient peut-être même à Londres pour la journée. C’était la dernière ancre qui le rattachait encore à la réalité. Sa voix murmurante à son oreille, ce souffle doux et délicat dans son cou, cette main caressante sur sa hanche et qui remontait doucement vers son dos. Clemens ne put s’empêcher de s’incliner légèrement vers elle, humant encore son parfum, grisé par l’envie de passer une main dans sa nuque, l’autre dans ses reins et de l’embrasser doucement.

“Tu es sur ? Schicksal n’est pas connu ici, pourtant, mais c’est un excellent duelliste. Il est Allemand, comme toi… A moins que tu ne sois Autrichien ?”


Au fond de son esprit embrumé, une alarme tambourina aux portes de sa raison. Il maudit son accent si distinctif et si reconnaissable, même dans une ruelle mal-famée de Londres. Le charme se rompit et il recula d’un pas, un rictus dégoûté barrant son visage dissimulé et il fouilla rapidement sa bourse pour lui donner quelques gallions.

“Hyacinthe, Coccinelle, Temere et Sattuma, rien de plus.”

Clemens maintint une distance d’un mètre pendant qu’elle lui préparait son reçu avec un soupir exaspéré, puis il fendit la foule vers le terrain. Aussi loin d’elle que possible. Une fois qu’il ne put plus entendre son rire cristallin, il s’immobilisa sans aucun intérêt pour le duel qui commençait. Pendant cinq minutes, il était comme sorti de son corps, sans aucune idée de qui avait pris les rênes pour lui. Une forme de désir singulière et inconnue finissait de se dissoudre en lui. Une sensation qu’il ne s’expliquait pas. Au fond de sa mémoire, il chercha avec une ardeur un peu désespérée le visage de Quinlan, la douceur de ses mordillements dans le cou, cette façon si particulière qu’il avait de le regarder. Tout lui paraissait flou. Insaisissable.

Une explosion le ramena au moment présent. Un maléfice venait d’exploser à côté de lui, laissant une trace verdâtre dans le mur derrière un des duellistes. Le sort, qu’il ne connaissait pas, avait visiblement été dévié au dernier moment par un défenseur déjà échevelé. L’Allemand les observa pendant quelques secondes avec stupeur, n’ayant absolument aucune idée de qui était Hyacinthe. De s’il allait perdre de l’argent ou pas. A cette conclusion, une douce adrénaline commença à se répandre dans ses veines, lui arrachant un sonore soupir de soulagement. Il était venu pour ça. Assister au combat, à sa ferveur. Un dernier sortilège fusa, heurtant le sorcier de gauche en plein ventre. A sa violence.

***

17h10.

La porte de la librairie claqua d’un bruit sec derrière lui. Clemens se sentait, apaisé, en équilibré, même si le butin de l’après-midi n’avait pas été excellent. Ses paris au hasard ne lui avait rapporté que six mornilles, mais au moins n’avait-il pas complètement loupé son coup. Maintenant, il ne lui restait plus qu’à espérer qu’il en serait de même pour sa soirée. Cette odeur d’orage et de feuilles continuait de lui flotter au bord de l’esprit, comme si elle lui collait à la peau. En parallèle, il s’accrochait à l’image de Quinlan, impatient de le retrouver pour fixer à nouveau les détails de ce visage qu’il connaissait si bien. D’un pas hâtif et la tête baissée, il fila en direction du Cloud Atlas. Il était temps de montrer à nouveau le côté flamboyant de la pièce.






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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Lun 14 Déc 2015 - 23:55

Le 20 février 1997

— Putain Clemens, tu m’as fait peur ! Qu’est ce que tu fais ici à une heure pareille ? Pas que ça me dérange, hein, mais c’est pas habituel de te voir si matinal…

Installé dans le canapé du salon, l’intéressé lève un regard amusé vers son compagnon, sourcil levé. Simplement vêtu d’un jeans élimé et d’un t-shirt noir au motif méconnaissable, il affichait une mine certes amusée, mais passablement fatiguée également. Une couverture repliée au bout du canapé semblait indiqué qu’il avait dormi là, détail par ailleurs relevé par sa chevelure plus sauvage qu’à l’ordinaire. Clemens avait beau ne pas prêter beaucoup de soin à son apparence, il ne sortait pas de sa chambre dans l’état exact où il avait émergé du sommeil. Contrairement aux idées reçues. La conclusion semblait faire son chemin dans l’esprit embrumé du guérisseur.

— Sérieux, t’as dormi dans le canapé ?
— Je suis arrivé hier à dix-sept heures en fait. Mais j’ai pas existé pour grand monde durant la journée. Je t’avoue que j’ai failli ne pas rester, mais le Docteur est venu se frotter dans mes jambes alors que j’allais partir, alors…
— Quoi !? Je…
— Attends, il est huit heures du matin, j’ai pas dormi de la nuit, si tu poses des questions on va pas s’en sortir. Si tu veux bien me faire un café et me laisser parler, je t’explique ce que j’ai compris.

Sa voix était apaisée, malgré de légères hésitations dues à la fatigue. Une certaine forme de soulagement brillait dans ses yeux, après l’angoisse que la journée précédente avait fait naître chez lui. Les premières heures s’étaient déroulées sans trop d’accroches, mais plus un maléfice durait, plus on se mettait à craindre qu’il ne serait point levé.

— Vas-y, je t’écoute.
— Je me suis levé hier vers quoi… Sept heures du matin ? C’est déjà un fait étonnant en soi, parce que j’ai du aller me coucher vers deux heures du matin. Rowan dormait toujours et je ne tenais pas à le réveiller, alors je suis descendu à la caféteria pour prendre un petit déjeuner et relire un devoir. Bon, tu me connais, je suis pas rarement très sociable à une heure pareille, donc je n’ai pas franchement cherché à faire la conversation à qui que ce soit. Personne n’a essayé non plus, ce qui me convenait très bien, jusqu’à ce qu’une fille s’asseye juste à côté de moi. Je l’ai saluée, elle m’a niée. Comme je la connais pas vraiment, je me suis simplement dit qu’elle était antipathique au pire, pas réveillée au mieux, et je l’ai laissée en paix.

— Jusque là, je vois pas où est le problème… Tiens, cappuccino ou noir ?
— Noir, j’ai besoin de caféine. Jusque là, je n’en voyais pas non plus. Ça a commencé à se gâter quand je suis arrivé en cours. Je veux bien croire que tout le monde n’est pas de bonne humeur en sortant du lit, ce serait vraiment mal placé de ma part en plus, mais que tout le monde me nie, j’ai commencé à trouver ça un peu gros. Je veux dire même si tu t’es levé du pied gauche, ça t’empêche pas de dire bonjour normalement. Donc j’ai commencé à être de sacrément mauvaise humeur, et comme si ça ne suffisait pas, le prof n’a réagit à aucune de mes interventions. Encore une fois, je veux bien reconnaître que je dis parfois des conneries, mais pas dans les cours liés à la métamorphose. Même moi, j’ai des limites. J’ai trépigné à ma place jusqu’à la fin du cours, puis j’ai foutu le camp, bien décidé à mettre la main sur Rowan.

Clemens fait une pause pour entamer son café. La chaleur se répand rapidement dans son torse, diffusant un sentiment de bien-être réconfortant après cette journée difficile. Comme si il avait senti ses restes de détresse, le Docteur quitte son étagère fétiche pour venir se lover sur ses cuisses. Les ronronnements réguliers du Maine Coon lui arrachèrent un sourire. À ses côtes, Quinlan l’observait, une lueur de fureur dans les yeux, muré dans le silence.

— J’ai réussi à trouver Rowan sur le coup des dix heures, dans un coin de la bibliothèque. Lui aussi m’a brutalement ignoré. Je lui ai hurlé dessus, il n’a pas levé les yeux de son travail. Tu le connais à présent, jamais il n’aurait fait ça, jamais. À ce moment-là, j’ai commencé à bien sentir la panique, donc je suis partie en chasse d’Isolde, en désespoir de cause. J’ai croisé Neal sur le chemin des serres, il n’a pas daigné lever les yeux vers moi. Le même cirque s’est ensuite répété devant Isolde. Là, j’ai compris qu’il s’était passé quelque chose. Enfin, je m’en doutais déjà avant, mais c’est pas évident à avaler…
— Le Comte ?
— Qui d’autre ? Bref. Que faire quand t’as une journée à tuer et que personne ne te remarque ? J’ai beau ne pas vraiment rechercher la compagnie, je t’assure que c’est vraiment pesant d’être irrémédiablement seul, et pas par choix. Je suis retourné à Sinistros pour travailler un peu la métamorphose te faire quelques expérimentations sur les sortilèges d’Animation. Tant que la seule commune était vide ou à peu près, ça ne m’a pas posé problème, mais la journée avançant, de plus en plus d’étudiants sont rentrés. Ils évitaient tous mes objets, sans les remarquer apparemment. Pour tout te dire, j’ai même essayé de m’asseoir sur les genoux d’un type, tellement ça m’a désespéré. Juste quand j’allais le toucher, il a éclaté de rire et a sauté par dessus l’accoudoir pour chatouiller son amie. Franchement. J’ai cru devenir dingue.

Pâle comme la faïence de sa baignoire, Quinlan glissa un bras autour de ses épaules et l’attira contre lui, dans une étreinte marquée par la frustration et l’impuissance. Clemens, lui, gardait une sorte de sourire désabusé en travers du visage.

— Je suis parti. J’ai trouvé la seule activité qui pouvait encore constituer une échappatoire, et je suis parti voler. En busard, dans le parc, à la tombée de la nuit. À la réflexion, je me dit que c’était très con, car si je m’étais blessé, je serais resté là, étendu comme un abruti à attendre que le maléfice soit levé et qu’on puisse venir secourir ma patte cassée. Sur le moment, je n’ai pas pensé si loin, et ça m’a permis de me détendre un peu. Je suis monté ici après ça. Je me doutais bien que tu ne me verrais pas non plus, mais ça m’a semblé mieux que rien. Sauf que ça a été pire.
— Comment ça ?
— Sérieux Quin, imagine ce que ça te ferait si tu tournais en rond dans cette pièce à deux mètres de moi sans que je ne remarque ta présence. En moins de dix minutes, j’ai craqué et j’ai voulu partir, mais le Docteur m’a retenu. Dans toute cette foutue académie, la seule âme qui n’a pas été affectée, c’est ton chat. Je me suis installé dans pour continuer à travailler un peu, j’ai joué avec lui. Je me suis même transformé une nouvelle fois, pour me percher sur une étagère et lui faire la conversation. J’avais terriblement envie de parler à quelqu’un, mais il s’est foutu de ma gueule. Cette grosse patate poilue avait bien compris ce qui se passait, lui.

Amusé, l’Allemand prodigua quelques gratouilles au félin qui venait de lui adresser un regard sombre, avant d’enfouir sa grosse tête sous ses pattes imposantes.

— J’ai pas tenu longtemps, donc j’ai continué à travailler. Et parce que je te vois venir, j’ai dormi dans le canapé parce qu’il me semblait impensable de passer la nuit si proche de toi sans que tu en aies conscience. Ça me semblait… déplacé. Voilà.

— Qu’est-ce que le Comte a avec toi, hein !? Pourquoi toi, encore ?
— Je lui ai adressé une doléance, l’autre jour. A propos des miroirs et du fait que ça ne me plaisait pas beaucoup d’être observé. Il m’a gentiment répondu que si je ne le souhaitais pas, je ne le serais plus.

L’étudiant éclata de rire.

— Sérieusement, il fallait y penser, hein ? Maintenant que le maléfice est levé, je t’avoue que je trouve ça fantastique. C’est une idée que j’aurais pu avoir moi-même.






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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Ven 25 Déc 2015 - 23:04

Le 28 janvier 1997



C'était un lieu qu'il avait découvert un peu par hasard, quelques semaines après son arrivée à Haveirson. Son besoin d'évasion et de solitude était encore trop puissant pour qu'il se résolve à rester enfermer entre quatre murs. Clemens supportait mal le brouhaha constant et joyeux de l'académie, foisonnant de nouvelles opportunités et d'un enthousiasme non-feint. Il avait transplané de proche en proche à partir de la plage d'Avalon, pour progresser rapidement le long du littoral. Enfin, il avait trouvé ces collines herbeuses et sauvages, surplombant une plage de galets. Il n'y était revenu qu'une seule fois après sa découverte, alors que le semestre battait son plein et qu'il résistait encore à l'appel du jeu. Les bourrasques lui avaient offert la purification dont il avait besoin, et sans même y réfléchir, il lui avait paru naturel d'y emmener Freya.

À leur arrivée, le vent violent et glacé lui donna le tournis, tant l’atmosphère contrastait violemment avec l'Allée des Embrumes. Ici, l'air ne portait aucune autre odeur que le sel, et l'on entendait que le va-et-vient du ressac. Clemens n'avait pas lâché la jeune femme, ivre de ce contact qu'il croyait avoir oublié, et conscient que les falaises auraient sur elle un effet bien plus puissant encore. L'Allemand aimait jouer avec les hauteurs, mais sitôt transplané, il l'attira à quelques mètres du précipice.

L’odeur de sel envahit aussitôt Freya, lui tournant la tête,et les bourrasques de vent rejetèrent immédiatement sa capuche, désormais inutile, en arrière ; libérant ses cheveux frisés qui se gonflèrent de l’air marin. Mais le plus important était le gouffre s’ouvrait devant elle, à une distance si courte qui la faisait déjà frémir, s’accrochant un peu plus à Clemens par réflexe. Son air ébahi ne l’avait pas quittée, pourtant, et elle ne regrettait pas un instant de l’avoir suivi ; de s’être libérée de l’emprise poisseuse que l’Allée des Embrumes avait sur eux.

« Tu viens souvent ici ? » demanda-t-elle, détaillant curieusement les alentours.

Il secoua négativement la tête, son regard bleu perdu dans la grisaille. L'horizon ne se dessinait même pas dans la blancheur cotonneuse du ciel gallois. Seul l'eau gris acier se détachait crescendo des nuages, aspirant le regard à la recherche de lignes inexistantes.

« Non, mais je devrais. Je l'ai découvert un peu par hasard. L'hiver donne aux falaises un... Je ne sais pas, un air de bout du monde. Tu ne trouves pas ? »


Il détourna enfin les yeux du littoral pour regard Freya, le regard profond et vierge de toute trace espiègle.

« Si. »

Elle s’arracha à sa contemplation des paysages pour diriger son attention vers Clemens, les yeux encore enfiévrés par son pari de s’être laissée entraîner vers l’inconnu.

« Bien plus agréable que l’Allée » ajouta-t-elle en souriant – mais après tout, il n’y avait que peu de choses qui étaient pires que l’ambiance de l’Allée.

« Difficile de ne pas faire mieux, en même temps. »

Un sourire naquit enfin sur son visage et il continua de s'éloigner de la falaise, s'enfonçant dans les terres. Si sa mémoire ne le trahissait pas, les hautes herbes camouflaient, à quelques mètres, un sentier qui descendait vers la plage.

« Qu'est-ce que tu as fait en quittant Poudlard ? »

« Je suis partie à Salem, étudier l’archéologie. J’y suis restée deux ans, mais ce n’était pas vraiment pour moi au final. »

Elle haussa les épaules, le suivant tout en tentant de remarquer tous les détails qui les entouraient – les arbres, la forme des troncs enroulés et des pierres qui bordaient le sentier qu’ils empruntaient.

« Puis j’ai beaucoup voyagé, rejoignant de temps en temps mes parents lorsqu’on se retrouvait dans les mêmes pays. » Tournant la tête vers lui, elle reprit ; « Et toi, tu es tout de suite entré chez les Busards ? »

Il fronça les sourcils, étonné de savoir qu'elle s'était détournée de sa passion première. Il n'avait aucun souvenir de Freya démontrant un intérêt dévorant pour quoi que ce soit d'autres que les potions. Une forme de peine nostalgique, semblable à ce qu'il avait ressenti dans l'Allée, l'envahit à nouveau. Leur séparation les avait faire perdre tant l'un de l'autre.

« L'archéologie ? Je ne t'aurais jamais imaginée dans ce domaine. »  Il sourit avant de reprendre. « J'ai signé avec les Busards en sortant de Poudlard, j'ai joué avec eux jusqu'à mon accident. On dirait que ce n'était pas fait pour moi non plus. »

Freya fronça les sourcils, se remémorant l’étincelle qui animait le regard de McGonagall lorsqu’elle regardait Clemens travailler – celle qui éclairait les enseignants qui rencontraient un élève pouvant faire de grandes choses dans leur domaine, qu'elle avait cru déceler chez Rogue, sans jamais parvenir à en être certaine.

« Et la métamorphose ? Tu penses que c’était ça, ta voie ? »

Clemens resta silencieux quelques instants, dérangé par un brûlant débat intérieur. Il n'était pas encore persuadé de connaître la réponse à sa question, bien que les doutes se dissipaient peu à peu. Le Quidditch avait sans doute été une voie secondaire, pour lui faire comprendre ce dont il avait besoin exactement. L'Allemand lâcha la main de Freya, lui jetant un regard mystérieux avant de s'élancer dans le sentier. Le Busard s'éleva sur quelques mètres avant de revenir vers le sol au terme d'une pirouette. L'homme apparut à nouveau face à la sorcière.

« Je crois que ma voie, c'était l'air et le vol. Le Quidditch, la métamorphose... n'ont jamais été que des moyens. Mais je ne regrette pas de m’être plongé dans la recherche. C'est exaltant. »


Immobilisée par la surprise, Freya mit quelques secondes à réagir après la fin de la phrase de Clemens ; trop occupée à assimiler les exploits de l’ancien Serdaigle.

« Mais c’est génial ! » s’exclama-t-elle, les joues rosies par l’excitation, s'approchant comme pour l'examiner sous toutes les coutures. « Comment tu fais ? Je veux dire, par quels processus ? Comment tu te sens une fois transformé ? Tu as mis combien de temps à y arriver ? »

Un sourire brillant transformait son visage. Son cœur battait à deux cents à l'heure, comme à chaque fois qu'il effectuait une transformation. Il maîtrisait encore si peu cette forme galvanisante qu'il remerciait silencieusement les falaises d'avoir coupé le vent. Les bourrasques étaient trop puissantes pour son autre corps.

« C'est indescriptible. Je m'y intéresse depuis longtemps, mais je n'ai pu faire de la pratique que depuis la... septième année., McGonagall m'a beaucoup aidée sur la fin. Elle avait tout compris depuis des années. Je ne saurais même pas t'expliquer le processus exact, tant il s'agit d'un amas de prises de consciences de... On ne choisit pas sa forme, alors il est très difficile d'initier la métamorphose.»

L’espièglerie fleurit à nouveau dans son regard, et il s'approcha de Freya pour déposer son index sur ses lèvres.

« Mais c'est un secret. Personne ne doit savoir. »

Souriante, elle prit sa main dans la sienne, encore enthousiasmée par l’exploit qu’elle avait pu observer, par les confidences qu'il lui offrait. Par leur proximité.

« Promis. »

Il plongea son regard dans le sien, soulagé mais pas surpris, d'y découvrir une honnêteté sincère. Clemens répondit par un sourire et reprit sa descente vers la plage. Le bruit des vagues se faisaient de plus en plus puissant, couvrant la rumeur de leur conversation et les obligeant à hausser la voix.

« Pourquoi est-ce que tu es venue à Haveirson ? Tu as l'air de bien te débrouiller avec les potions, déjà.»


Sa voix s'était faite un peu plus hésitante, conscient qu'il relançait un sujet délicat et les attirait à nouveau dans les méandres de leurs secrets. Freya hésita un bref instant – c’était une question qu’on lui avait déjà posée, et elle savait parfaitement comment y répondre. Mais le fait de mentir à Clemens, même par omission, était quelque chose de nouveau et de difficile à appréhender pour elle. Comme une trahison à l’adolescente qu’elle avait été.

« Quand le secret est tombé, je me suis dit que c’était soit fuir avec mes parents, soit… Revenir et tenter de me rendre utile. »


S’arrêtant un instant de parler, son regard caressant les vagues, elle se rendit compte qu’en dépit des mois qu’elle avait passés au Royaume-Uni, elle n’était pas certaine d’avoir aidé à quoi que ce soit.

« Pour le moment, on ne peut pas dire que ma présence ait changé grand-chose pour les sorciers » avoua-t-elle. « Mais Haveirson m'a semblé être une bonne idée pour m'améliorer en potions. Et toi ? »

Clemens secoua la tête et lâcha la main de sa camarade. Ce refrain revenait fréquemment chez les étudiants de l'académie. Un tout petit peu moins souvent, néanmoins, que les excuses liées à la fuite et aux échecs. L'Allemand se détourna, sentant à nouveau la honte et l'exaspération monter en lui. Face à la mer et aux bourrasques, il répondit d'une voix cassée.

« Je croupissais dans un appartement insalubre sur le Chemin de Traverse pour pouvoir jouer tout mon saoul, entre deux séances de revalidation à Sainte-Mangouste. Et puis j'ai reçu une lettre qui m'offrait la possibilité de fuir encore, mais en étant logé et nourri, cette fois. Pas d'intentions nobles.»

L’intonation de Clemens la peina, mais elle n'essaya pas de l’approcher – respectant l’espace qu’il avait mis entre eux.

« On s’en fiche, non ? » demanda-t-elle avec douceur, tout en ayant l’impression de tenter de le réconforter avec des phrases d’une banalité affligeante. « Si pour toi venir à Haveirson valait le coup, c’est tout ce qui importe je trouve. »

Freya n’avait jamais été très douée avec les mots, accordant plus d’importance aux actes qu'aux promesses. Grimaçant, elle poussa une pierre du bout du pied pour se donner contenance, sans toutefois quitter Clemens du regard.

Il soupira et haussa les épaules.

« Sans doute. Ça valait le coup d'un point de vue académique c'est sur mais... Je me demande si ce n'est pas un devoir de faire quelque chose. De se rendre utile comme tu dis.»


Ses pensées flottaient vers ses parents, vers le Cloud Atlas et tous ses secrets qui flottaient autour de sa famille. Des détails qu'il ne comptait pas avouer à Freya et qu'il regrettait partiellement d'avoir révélé pour le nouvel an.

« Oublie ça, je sais que ça ne sert à rien de se torturer avec des réflexions pareilles. Tu as retrouvé beaucoup de gens de Poudlard ? J'ai l'impression que notre promotion s'est jetée sur Haveirson comme des chiens affamés sur une gamelle.»


Aussi soudainement que sa bonne humeur s'était envolée, le rire s'était à nouveau invité dans sa voix.  Freya en profita pour s’approcher de nouveau de lui, lui évitant ainsi de devoir hausser la voix pour couvrir le bruit des vagues, riant à sa remarque – plutôt soulagée, elle aussi, du changement de sujet.

« Rowan et toi, bien sûr, mais j’ai aussi croisé Isolde et Amaranthe l’autre jour, ainsi que plein d’autres pendant les cours. On est plutôt nombreux à avoir eu envie de continuer nos études après Poudlard, apparemment. »

Se détournant vers lui, elle reprit après une courte pause ;

« Tu sais ce que tu comptes faire ensuite ? »

Clemens reprit doucement sa marche, le long de la plage, le regard posé sur Freya pour ne pas rompre à nouveau leur proximité enjouée.

« Rowan, évidemment. Il est indispensable à tout le monde, je crois. Avec Isolde qui a atterri à Phénix, je ne sais pas ce que j'aurais fait sans Rowan... Parfois, j'ai un peu l'impression qu'il est ma conscience, mais la seule chose pour laquelle il ne m'a pas aidé, c'est trouver la réponse que tu me demandes. J'enseigne un peu à Poudlard, avec McGonagall. Ça me plaît, mais je ne sais pas si c'est vraiment ce que j'ai envie de faire. Je n'ai jamais vraiment réussi à faire la même chose pendant longtemps. Et toi ? Tu as trouvé un stage ?»

Elle hocha pensivement la tête alors qu’il lui parlait de Rowan, se rendant compte à quel point elle partageait son point de vue – en effet, Rowan lui était… indispensable. Pour des raisons différentes des siennes, sans aucun doute.

« Pas vraiment. Enfin, j’ai pas vraiment cherché en fait. Je suis super occupée, et de toute façon… Je ne suis pas certaine que Rogue m’accepterait dans ses cours »
répondit-elle avec un sourire un peu stupide – son admiration pour les talents du professeur de potions ne s’était pas encore véritablement tarie, malgré son caractère détestable et ses méthodes d'enseignements discutables.

« Rogue n'est plus en charge des potions, tu sais. Horace Slughorn est revenu, à la demande expresse de Dumbledore d'après ce qu'on raconte. Je suis certain qu'il n'aurait rien contre une stagiaire, il ne vit que pour partager son savoir. Enfin, l'étendre et se montrer lui, surtout, mais il parait qu'il est excellent dans ce qu'il fait. »


Clemens porta un œil ouvertement intrigué sur Freya, sans oser l'interroger plus sur ces occupations qui lui prenaient tant de temps. Il ne chercha cependant pas à voiler son immense curiosité, dévorante dans ses yeux bleus, dans l'espoir d'entendre la jeune femme se passionner à nouveau sur une expérimentation particulièrement délicate.

« Sérieux ? Je vais peut-être y réfléchir alors, ça serait intéressant… »

Avisant finalement son air intrigué, l’expression de Freya s’éclaira, ravie de pouvoir à nouveau discuter de ses recherches avec lui.

« J’essaye de trouver une alternative à la potion Tue-Loup, entre autres. Enfin, rien que de maîtriser la Tue-Loup me prend beaucoup de temps, c’est vraiment une potion complexe. »

Il était rare qu’elle bute ainsi sur une potion, enchaînant les échecs et les déconvenues – mais c’était ce qui rendait son projet d’autant plus intéressant.

« Et les commandes de l’Allée me prennent aussi pas mal de temps, mine de rien. Les potions sont souvent difficiles et lentes à faire, mais c’est tout l’intérêt. »

« La potion Tue-Loup ? J'en ai beaucoup parlé avec quelqu'un d'autre... Ses effets, ses buts, les conséquences politiques. C'est quelque chose de très délicat. Tu travailles seule ?»


L’enthousiasme lui avait tiré les mots de la bouche avant qu'il n'ait le temps d'y réfléchir. Il parvint tout juste à garder le nom de Quinlan derrière ses dents, afin de préserver des secrets qui ne lui appartenaient pas. Il reconnaissait bien là Freya, aussi intéressée par le défi technique que par toutes ses autres implications. Faire ce que nul n'avait tenté avant, c'était son adrénaline sans quitter la terre ferme. Néanmoins, son visage se ferma un peu, alors qu'il se passait une main dans la nuque. Évoquer le guérisseur et ses secrets allaient les mener vers une autre pente, toute aussi glissante que les précédentes.

« Non, je bosse seule pour l’instant. C’est difficile de trouver un bon partenaire de potions, il faut vraiment être sur la même longueur d’onde je trouve. »


Elle s’apprêtait à le questionner sur l’identité de cette personne, mais son expression l’empêcha de le faire – c’était celle qu’il affichait toujours lorsqu’ils évoquaient autrefois un sujet qu’il ne voulait pas aborder. Elle ne souhaitait pas teinter leurs retrouvailles d’amertume, et préféra ne pas y prêter attention.

« Et puis je suis un peu difficile à suivre, parfois. Un peu trop éparpillée » reprit-elle, comme si de rien n’était. « Enfin, de toute façon, tant que je n’aurai pas maîtrisé la potion de base, mes recherches n’avanceront pas beaucoup. »

L'Allemand dut se retenir d'éclater de rire, mais son hilarité se lisait sans peine dans ses yeux bleus. Il passa une main amicale dans le dos de Freya. L'écho de ses séances de recherches avec Quinlan était si flagrant.

« J'en sais quelque chose, oui ! On ne peut pas dire que je sois très différent... Si tu cherches quelqu'un quand tu auras maîtrisé la potion, on pourra en reparler si tu veux. J'ai beau être loin de t'égaler en matière de potions, la Tue-Loup affecte une métamorphose, après tout... »

Freya releva un regard extrêmement intéressé vers Clemens ; brusquement enthousiasmée par un nouvel élément, quelque chose qui lui permettait de voir de façon différente les recherches –mais Clemens avait toujours eu cette faculté de lui faire prendre du recul, de la faire voir les choses sous un autre angle, débloquant des situations parfois même sans s’en rendre compte.

« Mais oui ! » s’exclama-t-elle, s’arrêtant de marcher pour le contempler, extatique. « Ça doit être la métamorphose qui me manque, j’étais trop concentrée sur la dose d’Aconit ou le meilleur catalyseur à utiliser… »

Alors qu’elle semblait s’être calmée après la démonstration de Clemens de ses pouvoirs d’Animagus, l’adrénaline avait recommencé à pulser dans ses veines, créée par des perspectives prometteuses.

« Tu m’étonnes, tu seras le premier que j’irai voir après avoir réussi la Tue-Loup ! »
s'exclama-t-elle - sans le moindre doute sur sa réussite.

L'adrénaline des nouvelles perspectives de recherche bouillonnait dans ses veines de passionné. Meme si il voyait son destin comme bercé d'air et de bourrasque, il ne pouvait pas nier que la métamorphose se trouvait sur un piédestal dans son registre des priorités. Toutes les questions qui y touchaient éveillaient irrémédiablement son intérêt. Clemens ne pouvait être que ravi à la perspective de travailler à nouveau avec Freya. En trio peut-être ? La mise en commun de leurs connaissances pourraient être le mariage qui ferait exploser toutes les barrières.

« J'ai déjà hâte qu'on se penche à nouveau sur un mystère ensemble !»
Il passa un bras autour des épaules de la jeune femme, la serrant doucement contre lui à nouveau. « Je suis content qu'on ait enfin trouvé un moment à passer ensemble.»

Souriant, s’accrochant à lui, elle appuya sa tête contre son épaule, ravie des perspectives que cette collaboration ouvrait.

« Moi aussi. Ça m’avait manqué, tout ça. D’avoir quelqu’un avec qui échanger des idées, créer quelque chose… »

Clemens hocha la tête sans rien dire, appréciant ce contact une nouvelle fois, le regard plongé sur la mer où la lumière tombait. Derrière les nuages et la brume, le soleil se couchait, et la température chutait rapidement. Un peu déçu d'interrompre ce moment de partage, il finit tout de même par souffler.

« On devrait rentrer. Mais je ne manquerai pas de revenir vers toi... On faisait une sacrée équipe. »

«Tu m’étonnes. Certaines salles de classes doivent encore porter les traces de nos expériences plus ou moins réussies.»

Comme cette fois où elle avait failli faire exploser un des cachots en confondant les écorces de cèdre et d’if, ou lorsqu’un des animaux métamorphosés de Clemens avait tenté de la dévorer de façon tout à fait impromptue.

« Allez, rentrons » soupira-t-elle ,peu désireuse d’échanger la plage contre Haveirson. « Merci pour la balade, vraiment. »






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MessageSujet: Re: Clemens Neubach - Journal de Bord   Aujourd'hui à 15:01

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