ISOLDE MAYER - Journal de bord

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Isolde Mayer
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MessageSujet: ISOLDE MAYER - Journal de bord   Jeu 2 Avr 2015 - 15:32







   



Journal de bord

   
Où on raconte sa vie...



   





   
Rps en cours


FLASHBACKS

Patate, bouclettes et acné ft Jareth Eccles
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DECEMBRE 1996

A nos actes manqués ft. Anna Delflandre
Nouvel An au CLoud Atlas ft. Clemens Neubach, Anna Delflandre, Rowan Westminbrook, Megan O'Neill et Neal et Quinlan Fitzsimmons
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JANVIER 1997

Ivresse, tendresse et compresses ft. Clemens Neubach et Neal Fitzsimmons
COURS DE BOTANIQUE : Une étude en vert
La nuit aidant ft. Chad Obrien et Amaranthe Aislinn
COURS DE MEDICOMAGIE : Juste une égratinure


FEVRIER 1997

Lever le voile sur l'énigme ft. Clemens Neubach, Amaranthe Aislinn et Aaron Jefferson
Para Bellum ft. Quinlan Fitzsimmons
Un peu de repos ft. Megan O'Neill

 
   





 
Rps terminés


SEPTEMBRE 1996

Un nouveau colocataire
Sourire familier dans un lieu inconnu
Au coin de la cheminée
Propagande
Après le premier cours de botanique
Enfourche son balai


OCTOBRE 1996

Retrouvailles avec une vieille amie
Besoin de changer d'air
De boue et d'os
Festin nocturne
Bal d'Halloween : le salon
Le bal d'Halloween : élection de Miss et Mister Halloween
Le bal d'Halloween : le labyrinthe


NOVEMBRE 1996

Schöner Abend mit einem alten Freund (PV Clemens)
Arrivée tardive
Croquis, connaissance et chocolat
Avant le cours
Balais, frères et ennui
Festival culturel d'Avalon


DECEMBRE 1996

COURS DE SCIENCES POLITIQUES : Introduction
Rendez-vous avec une passionnée de botanique
Message au comte
Un retour feutré


JANVIER 1996

La voie de l'Animagus
Pour savoir qu'un verre était de trop, encore fallait-il l'avoir bu
Chute, plantes et catch d'écureuils
Un peu de soutien, ça peut pas faire de mal
Pirouettes de balais et coups de battes
Atelier : L'amour, entre bonheur et désespoir
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Dernière édition par Isolde Mayer le Dim 20 Déc 2015 - 14:13, édité 26 fois
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MessageSujet: Re: ISOLDE MAYER - Journal de bord   Mar 9 Juin 2015 - 22:54

Erreur


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MessageSujet: Re: ISOLDE MAYER - Journal de bord   Ven 14 Aoû 2015 - 19:43



     



On meating some Friends


At an hearly Hour




     

     


Souvenir
Octobre 1993



L'obscurité avait depuis longtemps gagné la salle commune de Serdaigle. Quelques braises rougeoyaient encore dans la cheminée, animant les animaux du tapis bleuté et projetant des frêles ombres dansantes sur les murs. Le silence régnait... mais pas tout à fait. En plus du léger bruit du vent résonant dans le conduit de la cheminée, on pouvait entendre la douce cadence rythmée du souffle d'une élève endormie, la tête posée sur ses bras, les boucles éparpillées sur l'ouvrage qui lui servait d'oreiller. Ni les craquements du feu ni le rugissement calme du vent ne la dérangeaient ; elle remua à peine au chant lointain d'un hibou, sans se réveiller, et retomba dans l'immobilité du sommeil.


********************************************

Isolde ouvrit soudainement les yeux. La fraîcheur de la pièce avait fini par la tirer des bras de Morphée. Se rejetant en arrière contre le dossier de sa chaise, elle bailla longuement, se frotta les yeux, étira tous ses membres et jeta un regard autour d'elle. Personne, évidemment. A cette heure-ci, les gens préféraient le confort moelleux de leur lit à celui d'un gros grimoire sur une table dure. Un regard à sa montre moldue lui confirma qu'elle ferait mieux de suivre leur exemple. Mais elle devait encore finir ce fichu exposé pour le professeur Binns. Enfin, fichu... Elle aimait bien l'histoire, mais là, elle aurait bien aimé aller dormir aussi. Elle avait déjà écrit les trois quarts, mais elle voulait le finir cette nuit-là pour passer plus de temps à l'entraînement de Quidditch le lendemain. Elle se frotta à nouveau les paupières, encore à moitié endormie... et laissa finalement sa tête retomber sur le livre. Hmm, encore une petite minute de sommeil et elle serait parfaitement opérationnelle...

- Besoin d'aide ? 

Isolde sursauta. Elle s'était complètement rendormie, et quelqu'un s'était approché d'elle sans même qu'elle l'entende. Elle cligna péniblement des yeux, la tête toujours enfouie dans ses bras. Son regard se posa sur deux petites mains appuyées sur la table, puis remonta jusqu'au visage d'une jeune fille noire aux cheveux frisés. Elle avait des yeux d'un brun profond, fixés sur Isolde dans une expression amusée. Elle sourit à l'absence de réponse d'Isolde, balança sa tête de gauche à droite, faisant mine d'hésiter, puis reprit la parole avec un sourire gentiment moqueur.

- Tu me répondras demain je crois ! Je pense que tu ferais mieux d'aller te coucher, t'as l'air crevée. Qu'est-ce que tu lisais ?

Rapprochant une seconde chaise de la table, elle s'assit à côté d'Isolde, tordant la tête pour essayer de lire quelques mots sous les bras croisées de la jeune allemande. Cette dernière se redressa lentement, les yeux encore un peu embrumés par la fatigue.

- Au fait moi c'est Fanny ! Je suis en 6ème année.


Le regard et les pensées d'Isolde se firent soudainement plus claires, comme si une ampoule venait de s'allumer dans son cerveau.

- Fanny ? Comme Fanny Brawne ?

Devant l'air étonné de ladite Fanny, elle s'empressa d'éclairer sa lanterne.


Quand la peur me vient que je puis cesser d’être
Avant que ma plume ait glané mon cerveau foisonnant,
Que plus d’un livre, en haute pile, dans ses mots,
Comme un riche grenier serre un grain bien mûri ;
Quand je vois, sur la face étoilée de la nuit,
D’immenses nuageux symboles d’une haute légende,
Songeant que je pourrais ne jamais vivre pour tracer
Leur ombre avec la main magique de la chance ;
Et quand je sens, créature belle d’une heure !
Que jamais plus je ne te verrai,
Jamais ne goûterai au pouvoir féérique
De l’insouciant amour ! – alors sur le rivage
Du monde vaste je me tiens seul, et songe
Jusqu’à ce qu’Amour et Gloire au néant sombrent.


Elle fit une pause théâtrale, comme si elle attendait que son envolée lyrique lui vaille des applaudissements. Devant l'air de plus en plus étonné de Fanny, elle ne put s'empêcher de rire.

- C'est la muse de Keats ! John Keats ! Le poète anglais, du XIXème ! Tu connais pas ? Son visage exprima une fausse moue de reproche. Je sais pas si on peut trouver ses livres à la bibliothèque ici. Si tu veux je te prêterai un des miens.

La dénommée Fanny la regardait, souriant toujours.

- Et ben, j'aurais pas pensé qu'une joueuse de Quidditch aimerait la poésie ! Isolde, c'est ça ? T'es la nouvelle poursuiveuse de l'équipe, non ? Je connais pas du tout Keats, je veux bien un de ses livres,  j'aime bien.

Isolde sourit de plus belle à la remarque de son aînée. Pour elle qui passait plutôt jusqu'alors pour une intellectuelle, c'était un comble ! Mais si elle devait être honnête, c'était un peu ce à quoi elle s'attendait en rejoignant l'équipe de Serdaigle. Disons que les préjugés sur les sportifs n'étaient pas l'apanage des sports moldus. Et comme tous les préjugés, c'était loin de la réalité. Même celui qui avait la réputation la plus légère, ce Clemens qui était allemand comme elle, était beaucoup plus studieux et passionné qu'il ne le semblait au premier abord. Chacune de leur discussion faisait s'écailler un peu plus le vernis des apparences, laissant voir au travers une personnalité des plus intéressantes.

- T'as quelque chose contre les joueurs de Quidditch ? demanda-t-elle en imitant son ton espiègle. Elle se demandait d'ailleurs comment Fanny avait pu retenir son nom alors qu'elle disait ne pas s'intéresser à ce sport...

- Au contraire ! s'écria Fanny. A chaque match, j'ai le château pour moi toute seule grâce à vous ! Rien que pour ça je vous adore, les adeptes du j'aime-me-prendre-des-balles-en-métal-dans-la-tête-perché-à-15-mètres-au-dessus-du-sol.

Isolde éclata franchement de rire. Vu comme ça, le Quidditch avait tout l'air d'un sport de barbares. Enfin, si elle était honnête, ce n'était pas terriblement éloigné de la réalité.

- Félicitations, t'es officiellement la première non-groupie auto-assumée de notre équipe !

Avec tout le sérieux dont elle était capable, Fanny posa une main sur la pile de livres d'Isolde et leva l'autre comme pour prêter serment.

- Je jure solennellement que je ne serai jamais au courant des matchs, nombre de buts ou de joueurs morts de toute la saison.


Le rire d'Isolde fut interrompu par un long frisson. La venue de Fanny lui avait presque fait oublier le froid qui s'était emparé de la pièce. Le feu mourant avait achevé de s'éteindre et seules quelques timides braises rougeoyaient encore. Fanny le remarqua et se leva aussitôt.

- T'as froid ? On gèle ici, je vais refaire un peu de feu.

Occupée à empiler des bûches dans le foyer, elle se retourna vers Isolde.

- Et à part le Quidditch et les poètes morts, qu'est-ce qui t'intéresse ?

Isolde se remit à rire. Bon, pas sûre qu'elle puisse finir son exposé ce soir, finalement. Elle était déjà bavarde en général, si en plus on la lançait sur ses passions... Un coup d’œil à sa montre su heureusement lui rappeler sa priorité du moment. Si elle voulait passer plus de temps à l'entraînement de Quidditch, il fallait qu'elle en ait l'énergie. Et pour en avoir l'énergie, il fallait qu'elle dorme. Pourtant, elle n'avait pas du tout envie d'abréger leur discussion. Une petite voix dans sa tête lui disait que cette Fanny valait largement la peine de rester éveillée plus longtemps que prévu. Et elle était drôle, et jolie en plus... Hum. Elle lui avait posé une question.

- Pas mal de choses en fait ! Mais ce soir mon cerveau est entièrement dédié à l'histoire. Je dois finir ce truc pour après-demain. Elle désigna d'un œil fatigué la pile de livres et le rouleau de parchemin devant elle. Je comptais finir ce soir. Enfin, plutôt ce matin du coup, vu l'heure, soupira-t-elle.

Le regard de Fanny s'illumina à son tour.

- Oh, ça c'est mon domaine ! Je peux t'aider si tu veux !

Elle essuya la suie de ses mains sur sa robe et revint s'asseoir au côté d'Isolde. Elle prit un air concentré, lisant avec attention le sujet de son devoir. Puis elle attrapa d'un geste leste la plume et l'encrier d'Isolde et un parchemin en guise de brouillon.

- Rendors-toi, lui dit-elle avec un sourire bienveillant. Je te finis ça, t'auras plus qu'à recopier.

Étonnée, mais reconnaissante, Isolde la laissa prendre le grimoire/oreiller et, avec un sourire de gratitude, se laissa retomber dans le sommeil. Elles auraient tout le temps de faire connaissance le lendemain, pensa-t-elle pour elle-même...

Une légère secousse du bras la réveilla. Fanny l'appelait doucement. Combien de temps s'était écoulé ?

- C'est bon j'ai fini, lui dit-elle.

Son visage était maintenant aussi fatigué que celui d'Isolde. Elle fit glisser le parchemin noirci d'encre vers sa camarade de maison et bailla à son tour. Isolde la remercia chaleureusement et commença aussitôt son travail de recopiage. Après un court moment, Fanny se leva, étira ses bras et ses épaules et retourna remuer les braises. Isolde redressa la tête, interrompant un instant son travail.

- Qu'est-ce que tu faisais toi, debout ici à cette heure ?


Isolde profita de la lumière du feu pour l'observer un peu mieux. Fanny était un peu plus petite qu'elle, un peu plus ronde aussi. Elle tourna son visage vers la jeune allemande, un sourire énigmatique étirant à nouveau ses lèvres.

- C'est mon truc. Quand je dors pas, je viens finir les devoirs d'histoire en retard des autres élèves. On sait jamais, peut-être que quelqu'un finira par m'offrir un coup pour me remercier.

Elle laissa retomber le tison devant l'âtre, et d'un pas léger, s'avança vers les escaliers. A mi-chemin, elle se retourna, son regard brillant fixant Isolde.

- Bon, je suis plus sûre de tenir ma promesse en fait. Je viendrai peut-être te voir jouer un jour !


Isolde sourit jusqu'au oreilles.

- Tu peux, t'as juré de la main gauche.

Fanny la regarda, étonnée, puis disparu dans l'escalier dans un dernier éclat de rire.

       

       
     

     

     
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Dernière édition par Isolde Mayer le Dim 20 Déc 2015 - 4:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ISOLDE MAYER - Journal de bord   Sam 12 Sep 2015 - 3:01

21 décembre 1996, banlieue de Dublin

Isolde se tenait devant la porte d’une maison, semblable à toutes les autres de ce quartier. Sa maison. Celle où elle avait vécu cinq ans, avant de venir à Poudlard. Celle où elle n’était pas revenue depuis 2 ans. Rien n’avait changé dans le quartier, ou presque. Un voisin avait fait repeindre sa facade un peu défraîchie, un autre avait une nouvelle boîte aux lettres. Cela aurait dû être rassurant pour la jeune femme ; un signe que malgré ce qui pouvait se passer ailleurs, cet endroit resterait un repère, un refuge. Mais elle avait l’impression de s’être trop éloignée pour qu’il en soit toujours ainsi. Elle avait peur d’ouvrir cette porte et de voir qu’au contraire, à l’intérieur, tout avait changé. Les craintes dont elle avait fait part à Anna resurgirent. Et si quelqu’un avait déduit de ses absences qu’elle était une sorcière ? Et si ses parents avaient eu des ennuis à cause de ça ?

Et s’ils ne voulaient pas la voir ?

Un instant, elle fut tentée de faire demi-tour. De reporter la confrontation, comme elle le faisait depuis 2 ans. De fuir… Comment en était-elle arrivée à craindre de rentrer dans sa propre maison ? Etait-ce encore sa maison ? Mais plus elle attendait, et plus le silence lui semblait insurmontable. Sa main levée, prête à appuyer sur la sonnette, restait indécise. Son coeur se mit à battre trop fort, son doigt tendu tremblait légèrement. L’attente créait mille scénarii dans son esprit, brouillant sa volonté déjà fragile.

Isolde laissa sa main retomber. Elle se souvint de sa discussion avec Clemens, de sa promesse de venir la soutenir en Bavière. Elle ne pouvait pas lui dire qu’elle n’avait pas eu la force de toquer à cette porte. Mais il fallait qu’elle se décide, ou quelqu’un allait finir par la voir et se demander ce qu’elle faisait là.

Un rire léger, assourdissant dans le silence pesant, glissa sous la porte et voleta jusqu’au oreilles d’Isolde, lui faisant presque louper un battement de cœur. Un rire, si joyeux alors qu’elle se torturait depuis de trop longues minutes. Il lui semblait presque irréel. Mais elle le reconnaissait comme si elle l’avait entendu la veille ; il appartenait à son père. Des notes se firent bientôt entendre, aussi légères que le rire, puis rejointes par celles d’autres instruments. Isolde sourit malgré elle en écoutant son père jouer de sa clarinette, sûrement un nouveau morceau qu’il répétait avec des amis de l’opéra. Elle resta quelques instants immobile, toujours debout sur le perron, n’osant pas interrompre la mélodie qui la traversait de part en part. Elle attendit une pause, puis osa enfin sonner. Le petit morceau avait suffit à lui rappeler ce qu’elle était venue chercher.

Des pas se rapprochèrent vivement de l’entrée, et le cœur d’Isolde se remit à tambouriner de toutes ses forces dans sa poitrine. Et s’ils ne voulaient pas qu’elle rentre, et si…

- Isolde !


La porte s’ouvrit en grand et avant qu’elle puisse dire un mot, elle se retrouva serrée dans des bras familiers.

- Vati, murmura-t-elle, la voix nouée par l’émotion.

Ils restèrent une seconde ainsi, puis son père s’écarta pour la regarder dans les yeux.

- Comment tu vas ? Tu restes un peu avec nous ? Son ton était plein d’espoir, comme s’il craignait que sa fille ne s’évapore aussitôt. Ta mère va bientôt rentrer.

Un grand poids disparut des épaules d’Isolde en entendant son ton si doux, si accueillant. Comment avait-elle pu croire qu’elle se ferait jeter dehors ?

- Je reste pour les vacances, je veux venir avec vous à Dietmannsried.

Son père hocha la tête avec une joie non dissimulée. Les invités les hélèrent depuis le salon, curieux de savoir qui avait interrompu leur répétition informelle. Isolde s’avança vers l’entrée, frottant ses chaussures sur le paillasson pour ne pas ramener trop de neige à l’intérieur, et sourit de nouveau, beaucoup plus largement cette fois.

- Vati… t’es en chaussettes dans la neige, dit-elle sur un ton faussement blasé, son sourire trahissant son amusement.

La musique ET les gaffes, deux choses inchangées chez les Mayer.

Son père jeta un coup d’oeil étonné à ses pieds et fit un geste désinvolte de la main. Il la précéda dans l’entrée, puis le salon, ses pieds trempés laissant des marques humides sur le parquet sans qu’il semble le remarquer. Il présenta Isolde à ses compères musiciens, installés en rond dans le salon, et poussa quelques partitions posées en vrac sur le canapé pour lui faire une place à ses côtés.

- J’espère que tu as amené ton violon ! demanda-t-il, étonné par l’absence de bagages d’Isolde.

Prétextant les avoir laissés devant la porte, elle retourna dans l’entrée et sortit de son sac sans fond son précieux instrument, avant de retourner s’asseoir avec les autres. Son père lui offrit de choisir la partition pour fêter son retour, et bientôt la maison résonna de nouveau de notes riches et enlevées. La complicité était toujours là, même si un peu ternie après ce long silence. La discussion viendrait après, mais pour l’instant, Isolde voulait juste profiter de cette paix retrouvée.




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MessageSujet: Re: ISOLDE MAYER - Journal de bord   Ven 18 Sep 2015 - 22:01

5 juin 1996, 1 heure du matin

La nuit est tombée depuis un moment déjà. En juin, les journées plus longues font patienter plus longtemps les élèves désireux de s'aventurer clandestinement dans les couloirs. A cause des rondes de la brigade inquisitoriale, ils se font plus rares que les années précédentes. Mais même la crainte d'une retenue avec Ombrage n'a pas pu retenir Isolde dans son dortoir. Une lettre, envoyée par la mère de Clemens et datée de 3 jours déjà, est arrivée le jour même, l'avertissant que ce dernier vient de quitter l'hôpital d'Heidelberg pour Ste-Mangouste. L'état de son bras est si critique que les médecins allemands n'ont rien pu faire et l'ont renvoyé en Angleterre, au bout de 3 semaines d'essais infructueux. Cette nouvelle d'un transfert urgent suffit à l'inquiéter d'avantage. Et le pire dans tout cela est le fait de ne pas savoir. Dans quel état est réellement Clemens ? Est-ce qu'il conservera l'usage de son bras ? Est-ce qu'il pourra encore jouer au Quidditch ? Il ne peut même pas lui écrire, puisque c'est son bras droit qui a été blessé.

Elle a cru en ses capacités, l'a encouragé sans réserve dans la voie qu'il s'est choisi. Et voilà que, subitement, cette voie se referme devant lui, le blessant au passage. Comme si la fin du rêve n'était pas assez cruelle en elle-même. Il fallait qu'il se prenne en plus ce violent retour de flammes. Elle ne peut pas rester sans rien faire, à angoisser, ici au château. Il faut qu'elle le voie, qu'elle soit à ses côtés. Qu'elle lui offre son soutien, même si c'est tout ce qu'elle peut faire.

Et voilà pourquoi elle se retrouve ainsi, en pleine nuit, à roder dans les couloirs à la recherche d'une sortie. Son premier réflexe a été de descendre vers la grande porte, comme n'importe quel élève fugueur. Mais son trajet a été détourné par la ronde de Rusard, et elle s'en trouve à présent bien éloignée. Tout en marchant, elle réfléchit à un nouveau trajet, qui lui évite si possible de passer devant des appartements de professeurs ou de se faire attraper par des préfets. Une silhouette grisâtre attire soudainement son attention, quelques mètres devant elle. Le cœur battant, elle se plaque contre le mur le plus proche, essayant de se fondre dans l'ombre de la nuit. Mais sa peur s'évanouit lorsqu’elle reconnait l'étrangère.

- Helena !

Mais bien sûr ! Pourquoi n'y a-t-elle pas pensé plus tôt ? Son inquiétude lui a fait oublier cette alliée de longue date. Elle se précipite vers elle, aussi rapidement qu'elle le peut tout en essayant de rester silencieuse. La Dame Grise se retourne, le visage un peu sévère, prête à réprimander l'élève hors de son lit qui vient de l'interpeller. Mais ses traits se détendent, révélant leur vraie douceur, lorsqu’elle reconnaît une élève de sa chère maison.

- Isolde, que faites-vous debout, et hors de votre dortoir à cette heure si avancée ? Vous ne voudriez pas faire perdre de points à votre maison !

L'obscurité l'empêche de voir l'anxiété qui règne sur le visage de la jeune femme. Mais quand cette dernière s'approche, la Dame Grise se rembrunit aussitôt.

- Par Merlin, que vous-arrive-t-il ?

Son visage prend une expression plus maternelle, et elle s'approche d'Isolde, touchée par son émotion.

- J'ai besoin de votre aide. C'est à propos de Clemens. Il a été transféré à Ste-Mangouste, il faut absolument que j'aille le voir ! Vous vous rappelez, je vous ai dit qu’il a été blessé pendant un match de Quidditch. Il faut que j’aille à Londres, mais les grandes portes sont trop surveillées, je ne sais pas par où passer.

La Dame Grise lui offre pour toute réponse un regard perplexe.

- Vous ne pouvez pas partir ainsi Isolde, pas seule, pas à cette heure. Vous oubliez les dangers qui courent dehors ? Et une jeune élève comme vous sera tout de suite remarquée et ramenée ici, et la directrice vous punira sévèrement. Je sais que vous voudriez être à ses côtés, mais attendez un peu. Demandez une autorisation de sortie, ainsi vous serez tranquille.

Isolde secoue vivement la tête en signe de protestation.

- Ça pourrait prendre des jours, et on ne m’en donnera pas pour quelqu’un qui n’est pas de ma famille. Il vaut mieux que je parte cette nuit, comme ça personne ne me verra. Demain, Roxane dira que je suis malade et je rentrerai ni-vu ni-connu dans la soirée.

Rien de ce que pourra dire la Dame Grise ne fera changer d’avis Isolde, et elle s’en rend compte.

- Si je ne peux pas vous persuader de rester, je ne peux pas non plus vous aider à fuguer. Je suis désolée Isolde.

Elle incline sa tête en guise de salut, et fait demi-tour sans plus de cérémonie.

- Attendez !

Isolde se précipite à sa suite, ses pieds claquant un peu trop fort sur la pierre du couloir.

- Je vous en prie, aidez-moi ! Vous connaissez sûrement un passage secret qui me permettrait de sortir ! Une fois hors du parc, je transplanerai directement à Londres et j’irai tout de suite à Ste-Mangouste, il ne pourra rien m’arriver !

La Dame Grise continue d’avancer en silence dans le couloir sombre, mais Isolde est sûre de l’avoir vue hésiter.

- J’irai de toute façon. Ce sera plus compliqué sans votre aide, mais je trouverai un moyen.

Helena ne se retourne toujours pas. Isolde réfléchit à toute vitesse pour trouver des arguments en sa faveur.

- Vous n’allez pas refuser d’aider une élève de votre propre maison ! Je risque plus si vous ne m’aidez pas.

Le fantôme s’arrête enfin et Isolde la rejoint à pas feutrés, le cœur battant. Le visage d’Helena est à nouveau plus sévère.

- Je pourrais vous montrer un passage secret, si vous me promettez de n’en parler à personne. Les secrets de Poudlard doivent restés cachés, et personne ne doit vous voir ni sortir, ni entrer. On ne peut pas se fier à tout le monde ici, et je ne veux pas que ces passages soient utilisés par des gens moins bien intentionnés que vous.

Isolde acquiesce très sérieusement. La Dame Grise se penche alors vers elle. Malgré l’heure tardive, l’émotion de la jeune fille et le risque à se trouver dans les couloirs à cette heure, elle ne se départit pas de cet amour pour les énigmes qui caractérise si bien la maison dont elle est la gardienne. Des mots sibyllins sont chuchotés à l’oreille de la jeune allemande, puis le fantôme repart comme une ombre dans le couloir obscur. Isolde souffle profondément et reste immobile dans le couloir, son esprit entièrement concentré sur la devinette. Après quelques instants de réflexion, un fin sourire vient étirer ses lèvres.

Une demi-heure plus tard, elle est sortie du château. Elle se concentre à nouveau et ferme les yeux alors que le paysage autour d’elle disparaît. Direction : Londres.




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MessageSujet: Re: ISOLDE MAYER - Journal de bord   Ven 18 Sep 2015 - 22:15

5 juin 1996, hôpital Ste-Mangouste

Isolde a passé le reste de la nuit au Chaudron Baveur, après avoir transplané depuis Poudlard. Partie en trombe de l’école, elle n’a même pas pensé à demander où se trouve l’hôpital de Ste-Mangouste. Arrivée à Londres, elle ne sait pas où aller et se dirige donc spontanément vers un lieu familier qui pourra, sûrement, lui fournir des renseignements. Le propriétaire regarde d’un oeil suspect la jeune femme entrer ; son âge trahit qu’elle n’a rien à faire ici en période scolaire. Mais elle consomme, alors il finit par lui indiquer l’endroit qu’elle cherche. En attendant l’heure des visites, elle s’assied dans un coin du pub et sort un livre de potions qu’elle tente de réviser, en vain. Quelle idiote, pense-t-elle soudain. Elle n’a même pas pensé à lui apporter quelque chose. Elle finit par s’assoupir. Quelques heures plus tard, le patron la réveille et elle prend enfin le chemin de l’hôpital. Elle n’est jamais allée dans un hôpital sorcier et se demande ce qu’elle va y trouver. Et surtout, dans quel état va-t-elle trouver Clemens ?

********************************************

Isolde est enfin arrivée au service de soins intensifs. Les soignants ont tenté de la dissuader en lui disant que Mr Neubach ne voulait voir personne à part ses parents, mais elle refuse de partir sans avoir essayé. Elle toque doucement à la porte, attentive aux bruits venant de la chambre, craignant de le réveiller. Elle attend quelques secondes, mais aucune voix ne l'invitant à entrer, se risque à pousser doucement la porte. Clemens ne dort pas, heureusement. Il est dans une chambre double, mais le deuxième lit est inoccupé. La pièce est étrangement vide, dépourvue de toute décoration ou cadeaux, comme si personne ne savait que Clemens a été transféré à Ste-Mangouste. Les murs sont d'un bleu laiteux, et au travers des fenêtres magiques, le soleil de juin qui brûle déjà à l'extérieur. La chambre a  une atmosphère chaude, presque chaleureuse. L'ancien joueur de Quidditch est étendu dans son lit, vêtu d'un t-shirt gris à manches-courtes et d'un short bleu marine. Ses couvertures sont repoussées sur ses pieds, aussi loin qu'il a pu les lancer avec son bras gauche. Tout son bras droit, son épaule droite et une partie de son torse est immobilisée par une sorte de bande magique solide et iridescente. Il est étendu de tout son long, un magasine sur la métamorphose levé au-dessus de sa tête.

- Isolde.

Clemens affiche un sourire un peu triste, visiblement étonné de la voir dans la pièce.

- Clemens !

Elle s'approche du lit, soulagée de voir tout de même un léger sourire sur son visage. Elle s’attendait à pire, sans savoir quoi exactement. Le bandage est impressionnant mais moins que dans son imagination. Pas de tuyaux partout, ni de perfusion. Il est conscient, il lui parle, il lit ; un soulagement intense s’empare d’elle. D'une main, elle rapproche une chaise du côté gauche du lit et de l'autre, saisit la main libre de son ami.

- J'ai reçu la lettre de ta mère hier soir, je suis venue dès que j'ai pu. Elle n'ose pas lui demander comment il va. Pas vraiment bien, évidemment. La question serait absurde et elle cherche un autre sujet de conversation. Je n'ai même pas pris le temps de te ramener quelque chose. Tu as tout ce qu'il te faut ici ?

Clemens reste silencieux quelques minutes, son visage prend une expression un peu plus neutre. Elle attend patiemment qu’il lui réponde, essayant d’éviter de fixer des yeux l'imposant bandage. Elle se concentre plutôt sur la chambre, et l'absence totale de cadeaux. Personne ne vient donc le voir, vraiment ? Cette pensée lui fait un pincement de coeur, mais elle cache du mieux qu’elle peut son émotion. Si elle est la seule dont il supporte la présence, en plus de ses parents, alors autant éviter de le déprimer plus qu’il ne doit déjà l’être. Il jette soudain son magasine sur la table à coté de son lit, grimaçant en le voyant glisser et s'arrêter tout juste au bord. La main d'Isolde se lève dans un réflexe pour le rattraper avant qu'il ne tombe. Elle profite de la seconde où il regarde ailleurs pour observer son visage ; il ne reste pas de traces d’ecchymoses ni de blessures apparentes. Le choc a pourtant dû être rude, mais la médicomagie fait littéralement des miracles.

- Je n'ose même pas demander comment tu es sortie de Poudlard à cette période de l'année. Juste avant tes ASPICs, ce n'est pas très raisonnable ma chère.

La réprimande se veut un peu joueuse. La fatigue dans sa voix ne suffit pas à faire fondre le brin d'espièglerie qui traîne dans son ton. Elle sourit à sa remarque, l’air faussement offensé, contente de voir qu’il a gardé son humour malgré tout.

- Mr Neubach me donne des conseils sur ce qui est raisonnable maintenant ? Tss tss.

Elle redevient plus sérieuse.

- La Dame Grise m'a indiqué un passage pour sortir. Elle m'a vue cette nuit alors que j'essayais de partir sans me faire attraper par Rusard et elle s'est montrée très compréhensive.

Un sourire flotte sur le visage de son ami alors qu'il hoche doucement la tête.

- J'admets que je suis mal placé... Cette bonne Dame Grise. On serait bien démunis à Serdaigle, sans elle. Isolde acquiesce. Après toutes les fois où elle et Roxane sont venues lui demander des informations sur telle ou telle partie du château ou tel ou tel point de l’histoire de Poudlard, elle peut ajouter à son dévouement une patience assez impressionnante. Je l'aimais bien. Mais j'espère pour toi que ton absence ne sera pas remarquée, je ne voudrais pas qu'il t'arrive misère par ma faute. Je fais déjà assez bien tout seul...

Son expression se rembrunit. Isolde serre un peu plus fort sa main. Qu’il s’inquiète pour elle est la dernière chose qu’elle souhaite. Elle est debout, avec tout ses membres fonctionnels et la perspective d’une punition de Rusard lui semble presque futile.

- Ne t'inquiète pas pour moi ! J'ai tout prévu avec Roxane, elle va dire que je suis restée au lit aujourd'hui parce que je ne me sentais pas  bien. Qu'est-ce qui peut m'arriver, au pire ? Une retenue ? C'est pas bien grave. Et j'ai encore plein de temps pour réviser. Pense à toi plutôt.


- C'est vrai, mais c'est quand même un peu con de se prendre une retenue à quelques jours des ASPICs pour un éclopé pour qui on ne peut rien, de toute façon. Enfin, ça me fait plaisir que tu sois venue mais... Je ne vois pas trop comment je pourrais penser à moi. Je passe mes journées à regarder un plafond blanc. Je te raconte pas à quel point c'est passionnant. Hier, j'y ai vu une araignée, ça m'a occupé pendant environ une demi-heure.

Malgré le ridicule de ses mots dans lesquels il essaie de faire transparaître un peu d’amusement, son amertume est perceptible et n'empêche pas le sarcasme de pointer là où il voudrait être rieur. Le visage d'Isolde s'assombrit en l'entendant parler ainsi de lui, et un nouveau pincement de cœur la saisit. Elle ressent aussi une pointe de colère envers les soignants du service. Comment peuvent-ils le laisser ainsi toute la journée, sans distraction autre qu’un plafond blanc ? Elle aurait dû lui amener sa radio, cela lui aurait au moins évité de rester dans le silence complet, seul avec ses pensées.

- Retenue ou pas, je n'allais pas rester à Poudlard en te sachant ici. Tu veux que j'aille te chercher quelque chose ? Un livre, ou un autre magazine ?

Il détourne légèrement le regard, sans qu’Isolde soir sûre de comprendre pourquoi. Aurait-il honte d’être vu dans cet état ? Personne n’aime affronter le regard de ses proches dans un tel état de faiblesse. Elle essaie de ne pas laisser voir la moindre trace de pitié dans sa voix ou son regard. Il n’en a pas besoin, et elle ne le ressent pas ; elle réfléchit seulement à un moyen de lui rendre son hospitalisation un peu moins pesante. Clemens reprend la parole d'une voix un brin plus douce.

- Je ne sais pas, je ... Enfin, ça fait des jours que j'essaie de lire des trucs, mais tu sais à quelle vitesse ça peut me saouler, d'autant que les tenir au dessus de ma tête, ce n'est pas très agréable. Enfin, ça aura peut-être le mérite de me garder le bras gauche en forme, à défaut d'autre chose...


La tentative d'humour se teinte d'amertume à nouveau. Isolde réfléchit frénétiquement à un moyen de distraire un peu son ami. Un jeu peut-être ?

- Et si je t'amenais un jeu de société ? On pourrait jouer un peu ensemble, ça te dirait ? Elle observe son installation d'un air un peu embêté. Tu pourrais te relever un peu ?

Clemens secoue la tête négativement.

- Pas pour le moment, je dois encore rester entièrement allongé pendant plusieurs jours. C'est super pratique pour manger, d'ailleurs. Bref, sinon un jeu c'est pas une mauvaise idée.

- J'espère  qu'ils te nourrissent bien au moins ? Si tu veux, je te ramènerai des trucs de chez Honeyduckes. Et si tu ne peux pas te relever... Elle  tapote gentiment son ventre avec un air un peu espiègle. Tu feras un très bon support à plateau de jeu !

Clemens a aussitôt un réflexe défensif quand la main d’Isolde lui touche le ventre. Le mouvement fait bouger son épaule et il grimace avec une exclamation de douleur. Son regard se voile un instant d'une lueur furieuse, qui la fait reculer involontairement. Quelle idiote ! Son corps doit encore être douloureux. Elle se donne une gifle mentale et se confond en excuses d’une voix sincèrement peinée à l’idée d’avoir réveillé des douleurs.

- Excuse-moi ! Je suis désolée, ça va ? Je t'ai fait mal ?

Elle lui a sûrement fait un peu mal, ou touché un point sensible sans le vouloir. Elle le laisse un peu bouger pour se réinstaller, sans oser s'approcher pour ne pas créer un nouveau mouvement brusque.

- Oui, si tu veux, finit-il par répondre, éludant sa question sur la douleur. J'imagine que maintenant, un peu de sucre en plus ne me fera pas de tort. Et puis on pourrait jouer oui, si tu as un jeu d'échec ou quelque chose comme ça qui traîne...

Elle réfléchit un instant. Elle ne possède pas elle-même de jeu mais Roxane peut-être, ou elle en trouvera un sur le Chemin de Traverse.

- Je crois avoir vu un jeu de dames dans mon dortoir, ou d'échecs... Je l'emprunterai. Tu es bien installé ? Je te ramènerai quelque chose à manger alors. Tu aimes toujours les fondants du chaudron et les gnomes au poivre ?

Il soupire, sa voix est un peu rauque.

- Oui, les fondants et les gnomes, c'est bien. Tu peux me passer le gobelet d'eau, là ? C'est chaud, sans me relever, même boire à la paille c'est une galère, quand on est tout seul.

Elle saisit le verre d'eau sur la table de nuit et le tient devant son visage, lui laissant le choix de l’attraper lui-même. L'inquiétude revient sur son visage quand il lui parle de ses difficultés. Elle ne peut pas empêcher une légère pointe de colère de percer dans sa voix.

- Tu es seul toute la journée ? Les infirmières viennent rapidement si tu as besoin d'eau au moins ? Elle ne supporte pas l’idée de le savoir seul, dans le silence et en plus n’arrivant même pas à boire correctement, alors que l’été et sa chaleur commencent à s’installer. De plus, le connaissant, il ne doit pas alerter les soignants à la moindre difficulté.

- Oui, enfin... Elles ont à faire aussi. Je me débrouille sinon. C'est juste pénible.

Il a raison, elles sont bien occupées par d’autres tâches. Isolde réagit trop vivement mais elle a le terrible sentiment que son ami est abandonné. Laissé seul, loin de ses coéquipiers, de ses amis, à attendre de savoir si on pourra sauver son bras. Elle cherche des mots de réconfort mais ils sonnent tous terriblement creux à ses oreilles.

Clemens reste silencieux une seconde et puis tourne la tête, l'air embêté. Il préfère changer de sujet, et elle le laisse faire sans insister. Elle est là pour le soutenir, pas le forcer à parler de son accident.

- Comment ça se passe à Poudlard, sinon ?

Elle réfléchit aux derniers évènements. Déjà, éviter le sujet du Quidditch ; pas la peine de toucher à un sujet sensible. Surtout que Serdaigle vient de perdre la finale de la Coupe.

- Il n'y a rien de très nouveau là-bas. Tout le monde va bien, enfin à peu près, avec cette horrible directrice. Elle se tait ; ses tracas d'élève lui semblent bien futiles par rapport à ce que Clemens endure. Ah si ! Roxane et moi, on est allé à Pré-au-Lard il y a deux semaines, et on a réussi à ramener une bouteille de bièraubeurre en douce dans notre dortoir.

L'anecdote le fait vaguement sourire et il couve Isolde d'un regard à la fois tendre et amusé. Elle se doute que leur “exploit” doit lui paraître bien léger en comparaison de ses anciennes frasques, mais cela a au moins le mérite de le faire sourire.

- Petites joueuses. Enfin, avec la nouvelle directrice et ce que tu m'as raconté,  j'imagine que c'est moins facile... Comment va Roxane ? Plus trop de problèmes avec les Serpentards ?

Elle lui sourit malicieusement.

- Petites  joueuses, hein ? On a réussi à la garder pour nous deux, personne d'autre ne l'a vue ! Ça, c’est un exploit ! Roxane va bien, oui, mais les Serpentards ne se sont  pas vraiment calmés, à cause de la directrice et de sa brigade inquisitoriale. Mais ça va tu sais, on sait se défendre maintenant.

Clemens fronce les sourcils et lui adresse un regard mêlé de méfiance et d'inquiétude. Elle a parlé trop vite et elle voit dans son regard qu’il est déjà en train d’extrapoler.

- Comment ça ? Il s'est passé quelque chose ? Les Serpentards ont décidément perdu en tenue depuis que Heath et Rowan ont quitté Poudlard... Malgré tout ce qu'on pouvait leur reprocher, ils avaient au moins le mérite de tenir leurs chiens en laisse.

Isolde note sa mauvaise humeur mais ne s'en formalise pas. Elle comprend qu’il le soit, lui qui ne supporte pas de rester immobile trop longtemps d’habitude.

- Il n'y a pas que des Serpentards dans la Brigade, mais oui, c'est quand même eux les plus...motivés.


Elle balaie sa question d'un mouvement de la main. Elle a dit ça pour éviter qu'il ne s'inquiète pour elles mais elle se rend compte trop tard que ses mots peuvent être mal compris.

- On ne s'est pas battu hein, sois tranquille. Mais on ne se laisse pas marcher sur les pieds, c'est tout. Depuis la 5ème année déjà, ils ont commencé à comprendre qu'on n'était pas des cibles faciles qui se laissent faire sans rien dire. On a encore quelques mots parfois, mais rien de grave.

- Tu devrais travailler sur tes ASPICs plutôt que t'inquiéter de ces abrutis. Tu seras bientôt dehors avec mieux à faire. D'ailleurs, ça me fait plaisir que tu sois venue, mais je ne veux pas que tu aies des problèmes à cause de moi.

Son ton est plus dur à nouveau et son regard presque moralisateur. Isolde reprend la main gauche de son ami entre les siennes, et son regard se fait encore plus doux. Elle regrette presque de lui avoir parlé de Mme Ombrage et d’encombrer son esprit avec des soucis inutiles.

- Je te l'ai dit, ça ira. Je rentrerais en douce cette nuit et personne ne me verra. Maintenant que je connais une sortie sûre, il n'y a aucune raison que je me fasse attraper ! Si ça te rassure, je peux même amener mes livres et réviser ici pendant qu'on joue aux dames.

Clemens secoue fermement la tête de gauche à droite, le visage dur et le ton froid.

- Rentre à Poudlard, Isolde. Tu reviendras ici autant que tu veux quand tu auras passé tes examens. Sortie sûre ou pas, je ne veux pas que tu prennes ces risques là.

Elle sait qu'il proteste pour la forme, mais voit bien que sa présence lui fait plaisir. Et elle n'a pas le coeur de le laisser seul dans cette chambre vide de toute façon. Il l’a toujours soutenue dans les moments difficiles, ne pas lui rendre la pareille pour une bête menace de retenue serait lâche.

- Non, je reste encore un peu. Je n'ai pas fait tout ce chemin pour repartir au bout de quelques minutes. Mes révisions sont bien entamées de toute façon.

Elle s'installe plus confortablement dans son fauteuil, et lui lance un clin d'oeil espiègle. Elle a toujours un doute sur la conduite à tenir avec lui. Il est blessé, mais elle refuse de lui parler comme à un malade. Elle espère seulement que sa bonne humeur de façade réussira à lui remonter un peu le moral.

- De toute façon, je ne peux pas rentrer en plein jour, Roxane a dit à tout le monde que j'étais malade. Tu vas devoir me supporter encore un peu !

Clemens soupire et ferme les yeux pendant quelques secondes. Il ne se dégage pas du contact de Isolde, mais ne réagit pas à son clin d’œil. Elle est soudain un peu moins sûre d’elle. Préfèrerait-il qu’elle parte ? Il recommence finalement à parler, et cela la conforte un peu dans sa décision de rester.

- Soit. Je suis au moins content que vous alliez bien toutes les deux. Qu'est ce que tu vas faire, après Poudlard ?


La question qui fâche.

- Je ne sais pas. J'ai envie de continuer à étudier la botanique, mais je ne sais pas trop où je pourrais le faire. Je pourrais aller dans une université moldue je pense mais... L'idée la fait frissonner. C’est sa dernière option, sa voie de secours en quelque sorte, mais elle n’a pas envie de l’envisager sérieusement. Je préfèrerais rester chez les sorciers.

- Hmpf. Je comprends. Tu as demandé à Chourave ?

Le regard d'Isolde se perd à nouveau dans la contemplation du mur et ses doigts triturent machinalement ceux de Clemens.

- Oui, elle a très envie de me voir continuer dans cette voie. Elle m'a parlé de plusieurs options. Je pourrais aller en apprentissage chez des apothicaires, ou des botanistes. Mais j'ai envie de faire de la recherche, travailler dans un magasin ne m'intéresse pas.

Elle redresse un peu la tête, souriant à nouveau.

- J'y réfléchirai plus sérieusement après les examens.

Il hoche la tête et serre doucement la main de sa meilleure amie.

- Je comprends, mais certains apothicaires pourraient te permettre de faire certaines expériences, non ? Des recherches universitaires moldues vont beaucoup limiter ton point de vue sur la botanique.

Elle secoue doucement la tête.

- Je n'irai pas dans une université moldue. Mais oui, je pense que je chercherai du côté des botanistes.

- J'espère que tu trouveras quelque chose, tu as encore un peu le temps pour chercher.

Clemens récupère sa main et se la passe sur le visage ; la fatigue semble commencer à le peser.

- Je suis désolé Isolde, mais j'ai besoin de me reposer.

Ses yeux, d'un bleu toujours aussi intense et brillants d'une lueur indéfinissable, se posent sur sa meilleure amie avec insistance. Isolde est à nouveau prise d’un doute. Sa présence le dérange-t-elle ? Elle est peut-être venue trop tôt. En tout cas, elle ne va pas s’imposer plus longtemps. Elle lui offre une excuse pour s’éclipser.

- Bien sûr, je te laisse. J'ai besoin d'un café de toute façon, et je vais aller manger quelque chose aussi. Je reviendrai plus tard, et je te ramènerai des fondants.

Elle se lève et repousse un peu la chaise. Elle rapproche le magazine de Clemens pour qu'il puisse l'attraper et va remplir son verre d'eau dans la petite salle de bain attenante à la chambre, puis revient le poser près de lui.

- Repose-toi, à tout-à-l'heure.


Avec un dernier sourire pour son ami, elle quitte la chambre et part en quête de la cafétéria. La fatigue se fait sentir maintenant que le stress de la découverte des dégâts est passé.

Seule dans le couloir, elle appuie son front contre un mur et expire profondément. Les retrouvailles ont été moins pénibles que ce à quoi elle s’attendait, mais voir Clemens aussi seul et déprimé, bien qu’il tente de le lui cacher, lui pèse. Elle se dirige lentement vers la cafétéria, puis après avoir pris un café nécessaire pour la maintenir éveillée le reste de la journée, elle prend la direction du Chemin de Traverse à la recherche des choses promises à son ami.




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MessageSujet: Re: ISOLDE MAYER - Journal de bord   Aujourd'hui à 1:11

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