An apocalypse wrapped in wolf fur

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MessageSujet: An apocalypse wrapped in wolf fur   Mar 4 Oct 2016 - 16:15


An apocalypse wrapped in wolf fur

5 octobre 1997 – 8h07


Fouler les dalles des couloirs devenait un peu plus aisé chaque jour. Il était de plus en plus facile d’oublier, d’enfouir les hurlements dans un coin de son esprit, de les ensevelir sous des formules et des définitions qu’elle connaissait par cœur depuis des années car les sortilèges et enchantements avaient toujours été sa matière de prédilection – toujours. Un talent certain, qu’elle n’avait jamais véritablement exploité, car pourquoi en aurait-elle eu besoin alors qu’elle possédait des bracelets d’or et de diamant, des boucles d’oreilles de platine auxquelles étaient accrochées des perles, des parures qui se mariaient avec la soie légère de ses robes ? Il lui suffisait de porter son nom avec distinction, le menton haut et les lèvres serrées par l’orgueil que devait lui insuffler son sang bleu au parfum entêtant et enivrant, impossible à ignorer comme impossible à oublier. Elle n’avait pas besoin d’être douée ; il lui suffisait d’exister.

Daphne était née dans le luxe, dans des tours d’argents et de pierres précieuses ; elle ne l’avait quitté que pour sauver sa vie avant de se glisser de nouveau dans son ancienne peau, et ce n’était pas naturel – un serpent ne se lovait pas dans son ancienne mue. Mais Daphne n’était pas un serpent, et ne l’avait jamais été.

Ses pas résonnaient dans le silence du Château, car il était Dimanche et il n’était que huit heures du matin ; peu d’élèves étaient levés. Presque aucun, en réalité. Elle s’était extirpée d’un dortoir ensommeillé, dont la poussière dansait à la lueur verdâtre que laissait passer les fenêtres percées par lesquelles, parfois, elle pouvait discerner le calamar géant nager paresseusement ; elle avait gravi les marches dans la pénombre, glissant parfois contre les murs froids pour tenter de reprendre son souffle, pour tenter de calmer l’angoisse qu’elle sentait monter au creux de ses poumons – elle se la représentait toujours comme sous la forme de fleurs, délicates et parfumées, qui ouvraient leurs pétales dans ses alvéoles, bloquant toute possibilité à l’air de s’y infiltrer et de lui offrir l’oxygène dont elle avait désespérément besoin – avant de reprendre sa route ; puis elle s’était arrêtée quelques instants avant de pénétrer dans le Hall, car, même si c’était loin d’être l’endroit le plus difficile, le plus pesant, il lui arrivait parfois de ne pas pouvoir détacher son regard de ce coin, au fond de la pièce, où elle avait distinctement vu une Acromentule dévorer quelqu’un ; et, enfin, elle avait poussé les portes contre lesquelles elle s’était arraché la pulpe de ses doigts un an plus tôt, et par laquelle elle avait de nouveau entendu des hurlements alors que le mois de Juin était en train de mourir, lui aussi.

Aujourd’hui, elle ne s’était arrêtée que deux fois en chemin. Elle progressait.

Ces angoisses, lancinantes, atroces, étaient quelque chose de difficile à dissimuler ; mais la seule personne qui avait toujours refusé de boire les mensonges qu’elle distillait quotidiennement et dont elle se parait n’était plus là. Blaise était parti, alors personne n’avait décelé son secret. Du moins – l’un de ses secrets.

Car elle en avait tant ! Ils s’accumulaient jour après jour, formant des montagnes et des vallées, des collines et des souterrains ; elle construisait des châteaux de cartes avec, les coulant lentement dans le béton pour les empêcher de s’écrouler et de tout détruire sur leur passage. Ils étaient semblables à des châteaux de sable qu’elle aurait construit au bord de la mer, et elle s’acharnait à se mettre entre eux et la marée lorsqu’elle s’élevait – et la marée était comme la nuit ; elle cédait sa place pour mieux revenir lorsqu’elle le décidait.

Alors Daphne Nyx Greengrass s’assit, le dos droit et le regard tranquille, son cœur apaisé et ses angoisses soigneusement muselées au plus profond d’elle-même ; elle n’avait pas eu besoin de se réciter quoi que ce soit, aujourd’hui. Car, aujourd’hui, elle avait autre chose à accomplir, et elle ne pouvait se permettre de montrer le moindre signe de faiblesse – Rowan comptait sur elle. L’empire des Greengrass reposait sur ses épaules depuis sa naissance, et elle n’avait jamais failli, jusque-là. Ils avaient entamé leur ultime valse, la plus difficile et la plus dangereuse, mais ce serait la dernière qu’ils auraient à danser.

Alors Daphne Nyx Greengrass était assise à la table des Gryffondor, attendant que sa petite sœur la rejoigne, le regard tranquille alors qu’elle se servait du thé, ignorant les regards curieux qui pesaient déjà sur sa nuque.

La nuit finissait toujours par tomber, implacable. Le brasier ne serait pas suffisant pour empêcher la nuit d’étirer ses ténèbres et ses étoiles, et, aujourd’hui, il était temps.

La nuit allait tomber.

AVENGEDINCHAINS
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MessageSujet: Re: An apocalypse wrapped in wolf fur   Sam 15 Oct 2016 - 13:38



La grande salle
Dimanche 5 octobre 1997




H uit heures du matin. L'horloge venait tout juste de sonner et tandis qu'elle était bien souvent parmi les derniers élèves à quitter la salle commune de Gryffondor, Astoria ne se trouvait déjà plus dans les quartiers des Rouge et Or - quoi que cela semblait bien étrange pour un dimanche matin. Bien au contraire, elle était déjà entrain de descendre les marches qui la mèneraient à la Grande Salle. C'était l'heure du petit déjeuner, mais plus essentiel encore que de prendre le repas le plus important de la journée - qu'elle composait toujours de brioches et de différentes choses chocolatées -, c'était pour retrouver sa soeur, Daphne, qu'elle s'était tant appliquée pour ne pas être en retard. Et fort heureusement pour elle, Astoria avait décidé de se lever bien en avance, ce jour-là. Apparemment elle avait été inspirée, car un léger souci dans les sanitaires aurait pu l'obliger à être en retard.

C'était en vérité avec beaucoup de difficulté qu'Astoria tentait de modifier ses habitudes, de changer ses façons de faire ou d'agir, car après tout, il lui fallait montrer l'exemple, à présent. Et c'était sans doute là la chose la plus difficile qu'il lui avait été donnée de faire. Montrer l'exemple. En vérité, depuis sa nomination en tant que préfète de Gryffondor, elle avait tout tenté - du moins de son point de vue à elle - pour, à défaut de pouvoir s'assagir réellement, au moins arrondir les angles et laisser couler certaines choses. Mais malheureusement pour elle - et pour les autres, surtout -, cela n'était définitivement pas dans sa nature, et à chaque fois qu'elle s'évertuait à chasser le naturel, celui-ci s'empressait bien vite de revenir au galop.

Mais elle tentait toutefois de faire preuve de modération et avait pris un soin particulier à adapter son mode de vie. Aussi s'appliquait-elle à ne plus arriver trop en retard, et il n'était pas un seul cours, cette année, où elle avait « oublié » de se rendre. Et quant à ses escapades nocturnes qu'elle se plaisait toujours à honorer régulièrement, après le couvre feu... elle semblait les avoir définitivement mises de côté - du moins pour le moment - et les seules sorties auxquelles elle participa et qui eurent lieu après le couvre feu n'étaient en vérité que les rondes qu'elle faisait avec les autres préfets de Poudlard. Et quelque part, cela la rendait fière de voir qu'elle aussi, elle pouvait se montrer irréprochable, du moins dans une certaine mesure - quoi qu'elle avait toujours cette impression, assez désagréable, de jouer un rôle qui n'était pas le sien. Sans doute devrait-elle trouver une solution pour composer un peu plus entre son caractère et ses obligations, car à trop se forcer à jouer les parfaits modèles - ce qu'elle n'était définitivement pas - elle craignait d'exploser, en faisant plus de dégâts que nécessaire.

Bientôt elle arriva dans le Hall de l'école, puis traversa les grandes portes de bois qui menaient à la Grande Salle. Immédiatement elle s'approcha de la table des Gryffondors, à laquelle elle jeta un rapide regard avant de voir sa grande soeur assise un peu plus loin. Daphne était donc déjà là ! « Daphne ! », s'exclama-t-elle en arrivant à sa hauteur. La jeune femme s'était servie du thé et semblait patienter tranquillement. Sans plus attendre, elle s'installa à côté d'elle. « J'espère que je ne t'ai pas fait trop attendre. Je me suis dépêchée mais il y avait encore des premières années qui faisaient des embouteillages dans les salles de bain. Deux d'entre elles se disputaient apparemment pour savoir à qui appartenait un savon à la vanille. Fort heureusement, j'étais déjà prête, mais il m'a fallu régler ce léger détail ». Et elle laissa s'échapper un soupir, tant à cause de l'agacement que cela lui avait provoqué que parce qu'elle avait été obligée de jouer les gendarmes lorsque l'une d'entre elle avait attrapé une brosse à cheveux pour tenter de menacer la seconde. « Evidemment, je leur ai donc confisqué la savonnette », ajouta-t-elle, comme si cela coulait de source. Et elle avait donc gagné un savon tout neuf, qui sentait bon la vanille de Madagascar.

Mais tout juste eut-elle terminé son explication qu'elle s'aperçut des regards étonnés que certains Rouge et Or osaient poser sur les soeurs Greengrass. Astoria leva alors un sourcil, et son attention se porta, au hasard, sur l'un d'entre eux, à qui elle lança un regard noir. « Dis-moi, toi... Tu veux quelque chose, peut-être ? », demanda-t-elle d'un ton bien peu sympathique et qui - de toute évidence -, n'attendait pas de réelle réponse de sa part ; seulement une réaction. Non, évidemment, ce pauvre élève ne voulait rien, et il détourna la tête aussi vite qu'il le pouvait. Astoria sourit alors, contente d'elle - quoi que terroriser les gens de bon matin n'était peut-être pas la meilleure façon de commencer une journée... mais qu'importe !

Fière de sa répartie, elle sortit alors de l'une de ses poches des Chocogrenouilles qu'elle posa sur la table, puis elle commença à en déballer un avant même de débuter son petit déjeuner. « Que compte-tu faire aujourd'hui ? ». En vérité, Astoria tentait de parler d'une façon tout à fait banale et légère, comme si tout allait bien, mais elle savait plus que quiconque que les choses n'allaient pas bien du tout, et les malheureuses cicatrices que portaient Daphne sur la joue droite étaient là pour le lui rappeler continuellement. Si seulement elle avait été là ce soir-là, si seulement elle avait pu l'aider... Mais qu'aurait-elle pu faire ? Les personnes qui l'avaient aidées à rejoindre Pré-au-Lard avaient eu raison, Madame Pomfresh en priorité : quand bien même avait-elle un an de plus que les autres du fait qu'elle était du mois de novembre, Astoria n'était qu'en quatrième année ! Et elle n'avait de toute évidence pas le niveau nécessaire pour avoir l'ambition de combattre les ombres. Plus encore, malgré son orgueil et sa fierté, elle n'avait toutefois pas la prétention de pouvoir se trouver au milieu d'une bataille sans être un fardeau pour les autres.

Oh, elle aurait bien voulu combattre elle aussi, ou du moins se trouver aux côtés de sa soeur pour empêcher cette bête immonde de toucher à son visage, de transpercer sa chaire et d'altérer à tout jamais la perfection immaculée de son teint. Mais sans doute aurait-elle créé encore plus de dégâts. Car Daphné aurait tenté de la protéger, tout comme Rowan. Alors elle avait rejoint Hope, et son père était venu les chercher. A présent elle n'avait plus au fond d'elle qu'une rancoeur difficilement maîtrisée contre l'injustice de ce monde, une haine profonde contre tout ce qui avait provoqué ce chaos, et qui avait détruit tant de vies. Mais tandis qu'elle se perdait dans ses réflexions, elle craint un moment que son expression ne change, et plus que tout elle ne voulait pas contrarier Daphne, encore moins l'obliger à se poser des questions. Alors elle croqua dans son Chocogrenouille. Mais elle n'était pas très forte pour mentir ; ou plutôt elle n'était pas très forte pour se forcer à mentir, car lorsqu'il était question de dissimuler les choses elle parvenait toujours à ses fins. « Ta semaine s'est-elle bien passée ? Sans doute pourrons-nous espérer encore quelques journées de soleil, mais je crains d'être trop optimiste ». Elle recommença alors à parler de manière anodine. Mais en vérité elle s'inquiétait pour sa soeur, qui était à present bien différente de celle qu'elle avait toujours connue.




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