Forget what we became, focus on what we're capable of becoming. | Bella & Steven

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MessageSujet: Forget what we became, focus on what we're capable of becoming. | Bella & Steven   Ven 14 Oct 2016 - 13:35



   
   Steven & Bella
   Embarquement pour le Pays des Feels.

T
u dois te ressaisir, ma grande. Ça suffit de bouder comme ça. Te morfondre ne te libérera pas des chaînes de Oscar. Ça ne ramènera pas à la vie les trois personnes que tu as assassinées. Ça ne rompra pas les fiançailles d’Orion. Ça n’aidera pas Ghrystal. Ne changera pas l’avis de ton grand-père. Pleurer sur ton sort ne fait que te retirer le peu de crédibilité qu’il te reste. Alors quitte ce lit, relève la tête et va manger avec les autres. Montre leur que, même si tu es une Prendergast, même si tu n’es plus préfète, tu restes Aldabella.

Il ne devait plus rester grand monde, à cette heure, dans la Grande Salle. Peut-être n’y avait-il même plus de quoi manger, mais elle devait tenter le coup. Il était vingt-heure trente passé, mais son estomac gargouillait et il était plus que temps d’arrêter de l’ignorer. Allongée sur son lit, Aldabella observa ses mains, blanches et fragiles comme de la porcelaine. Elle frôla ses bras, tout aussi pâles et osseux, puis caressa son visage. Elle serra des dents en sentant ses joues creuses et les poches sous ses yeux, et se redressa. Seule dans le dortoir, elle s’avança doucement jusqu’au miroir de la pièce et releva sa chemise juste sous sa poitrine. Un nœud se forma dans sa gorge à la vue de ses côtes saillantes et de ses courbes disparues. Comment avait-elle pu se laisser dépérir ainsi durant deux mois, sans jamais être choquée par cette image brisée qu’elle renvoyait ? Pendant trop longtemps, elle avait fermé les yeux devant son reflet, devant ce qu’elle était devenue. Elle était restée l’ombre d’elle-même depuis des semaines, et s’en était trop. Elle devait se ressaisir. Regagner cette assurance qu’elle avait perdue avec les épreuves qui s'enchaînaient depuis juin. Elle devait retrouver sa dignité, avec ou sans son badge.

Du revers de la main, elle essuya la perle qui s’était installée sur sa joue et, après une grande inspiration, quitta la Tour des Gryffondor. Dans les couloirs, elle s’efforça de saluer les gens qui passaient près d’elle, comme elle le faisait naturellement auparavant, ignorant les chuchotements que les élèves s’échangeaient à son passage. Descendant les escaliers, elle ne se trouva qu’à quelques mètres de la Grande Salle lorsqu’une voix la fit s’arrêter. Écoutant son instinct, elle s’arrêta et tendit l’oreille.

« On t’a dit de nous donner tes Mornilles, andouille, qu’est-ce que t’as pas pigé ? » « Mais elles sont à moi ! C’est mon argent de poche pour l’année, s’il-vous-plaît… » « Hey Sang-De-Bourbe, on t’a pas demandé ton avis ! Tu vas nous donner tes pièces ou on te défait le portrait ! » « N-non, s’il-vous plait… »

Sans hésiter une seconde, elle dévia sa route et suivit les voix qui s’élevaient. Accélérant le pas, elle tourna au coin du couloir et aperçu trois élèves de sixième ou septième année, visiblement des maisons Serdaigle et Serpentard, encerclant un première année. Elle serra les poings et s’avança vers le petit groupe. « Hey, lança-t-elle fortement, sans provoquer de réaction. Hey ! » Cette fois, les trois vauriens se retournèrent. Le plus costaud de la bande ricanna, tandis que ses deux acolytes lâchèrent le petit. D’un regard, Aldabella lui fit signe de partir et, sans se faire prier, le jeune garçon prit ses jambes à son cou. Mais, étonnement, les trois gaillards ne tentèrent aucunement de le rattraper. Au contraire, ils s’approchaient de la Rouge en souriant mesquinement, tandis qu’elle relevait la tête et redressait les épaules.

« Dis donc, Prendergast, on t’a jamais appris à te mêler de ce qui te regarde ? »

Sans baisser les yeux, elle répondit de son ton confiant, celui qu’elle avait l’habitude d’employer lorsqu’elle réprimandait les élèves trop tirbulants : « Si, justement. Le fait que vous cherchiez la merde à un élève de première année me regarde. Je suis préfète, je te signale, et il est de mon devoir de- »

Silence. La bouche encore entrouverte, comme si on l’avait figée en plein discours, Aldabella obeserva tour à tour chacun des garçons, tandis que, un à la fois, ils se mettaient à glousser.

« Ah ouais ? T’es préfète ? Alors il est où, ton badge, idiote ? » « Elle se la joue, mais elle n’a plus de pouvoir dans cette école. Sans ton insigne, t’es qu’une Traitresse à ton Sang. » « C’est une affaire de famille, vous croyez, d’être des meurtriers ? »

Les jeunes hommes continuaient de lancer insultes par dessus insultes, s’approchant dangereusement d’Aldabella. Tandis qu’elle bablutillait en reculant, tentant de s’échapper de la situation, son dos heurta un mur et, bientôt, elle fut encerclée comme l’élève avant elle.

« Écoutes moi bien, Prendergarce. T’as plus un mot à dire. Avant, t’étais peut-être préfète mais, maintenant, tu n’es rien. »

« Je me suis battue pour cette école, riposta-t-elle. J’ai mis ma vie en jeu pour défendre les misérables personnes que vous êtes ! Alors osez venir me dire que je suis une meurtrière ! » cracha Aldabella, défendant sa cause comme elle ne l’avait jamais fait auparavant.

« Mais tu la fermes jamais toi, hein ? » lança le leader de la bande.

Et sans crier gare, il lui asséna une gifle monumentale. La joue en feu, Aldabella n’avait pas crié, ni pleuré, ni même gémit. Elle était trop abasourdie pour réagir. En une fraction de seconde, toute sa détermination à redevenir celle qu’elle était auparavant s’était envolée, la laissant face à la brutale réalité ; elle avait changé. La vision des autres à son égard avait changé. Le monde avait changé. Tout avait changé. Et alors que le garçon la saisissait pas le collet, sous le regard approbateur de ses compagnons, la blonde rendit les armes et accepta la dure vérité ; désormais, elle n’était rien.
WILDBIRD
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MessageSujet: Re: Forget what we became, focus on what we're capable of becoming. | Bella & Steven   Ven 21 Oct 2016 - 13:17

Son œil brun consulta sa montre moldue à son poignet. Ça faisait déjà une heure qu’ils étaient là ? Steven réfléchissait, le menton coincé dans sa main, les sourcils froncés. Incroyable ce que ce jeu pouvait lui prendre la tête ; c’était pas son truc, les échecs. Mais avec la version sorcier, on s’ennuyait pas ! Concentré sur cette alternance de noir et de blanc, il faisait mine de calculer précisément son coup. Sûr de lui, comme effleuré d’une épiphanie, il se redressa en pointant l’échiquier du doigt « - Cavalier en D4 ! ». Tremblante, la pièce s’avança, pour se faire décapiter par la Reine adverse. Sans aucune forme de pitié. Des éclats de rire diffusés depuis la table des Lions se répandirent dans la Grande Salle. Les regards plein de jugement et de réprimande ne manquaient pas de se poser sur le petit groupe. Mais ils n’en avaient rien à faire ; en cet instant, ils étaient les rois du monde. Leur insouciance d’adolescents déplaisait ? Et s’ils l’étaient pas maintenant, ils le seraient jamais. Dépité et hilare, le blond se frappa le front :

« - Merlin, je serai jamais bon à ce jeu ! - C’est clair Grant, si t’étais moitié bon aux échecs ce que t’es grande gueule… - La ferme Jenkins, ramène-toi au terrain de Quidditch si t’es un homme ! »

Ils s’esclaffaient avec bruit, se donnant des claques dans le dos. Ces petites private jokes témoignaient de la popularité du Lion au sein de sa maison. En même temps, c’était tout naturel ; surtout depuis qu’il s’était autoproclamé Roi Rouge. Les gens préféraient de loin l’avoir dans la poche, car chacun était opportuniste sur les bords. Mais il en avait conscience, il était loin d’être naïf. Certains jouaient les hypocrites mielleux, prêt à se faire bouffon pour le sourire du roi. D’autres étaient là depuis le début, l’avaient soutenu dans son ascension, et constituaient sa cour officieuse. Il en faisait trop ? Vous savez, on se satisfait de peu. Et en ce moment, Steven avait tout ce qu’il désirait. Des pions, des tours, des cavaliers, des fous. Tout, sauf une reine.

Le petit groupe quitta les lieux, bavardant à propos de plein de sujets à la fois. A propos de l’étrange attitude du dernier des Karkaroff, à propos de ce devoir trop hard en Métamorphose. Il y avait cet avantage non négligeable à se faire aimer de tous ; être au courant des moindres détails de la vie du château. Cette bande de de Lions goguenards étaient ses souffleurs personnels, de jour comme de nuit. Qu’il était doux de se sentir divin parmi les mortels, de transpirer de pouvoir et d’assurance. Attention Stevie, à viser le soleil, on finit carbonisé dans l’espace. En bon nouveau Préfet, il avait rappelé à tous l’heure du couvre-feu, et s’était porté volontaire pour ranger les jeux. Maintenant que c’était fait, il pourrait remonter quelques instants dans son dortoir, puis aller faire sa ronde. Il espérait tomber sur du croustillant ce soir. Par Morgane, il allait pas être déçu du voyage.

Après s’être assuré que tous les Gryffons étaient en chemin vers la salle commune, il sortit de la Grande Salle pour refermer le cortège. Il aimait son travail de berger bienveillant, cette impression de maîtriser parfaitement son petit univers. Poudlard, ce microcosme érigé au milieu des eaux et des conifères. Alors que le brouhaha des pas et des conversations se dissipait, l’oreille affûtée du Grant l’attira dans un couloir, tout près. Des voix graves et moqueuses ricochaient en écho, tandis qu’une voix sucrée se débattait au milieu. Dissimulé dans l’angle, le jeune Lion n’arrivait pas à entendre ce qu’ils se disaient. Mais ce coup sec, cette gifle mauvaise qui avait fendu l’air en ramenant le silence, il l’avait entendue. Une alerte sourde s’était déclenchée dans sa tête. C’est à toi de réagir, Grant. Maintenant !

« - Excusez-moi d’interrompre votre petite partie de brutalité gratuite messieurs, mais l’heure du couvre-feu est déjà passée. Je vous encourage vivement à regagner vos dortoirs. Tout de suite. »

Il avait balancé ça d’une traite, sur un ton tout à fait posé. Le blond se surprenait lui-même, de paraître si calme. Le Lion sait imposer son autorité, il n’a pas besoin de rugir à tout bout de champ. Instinctivement, il s’était placé entre les trois abrutis et la victime. Qui n’était autre qu’Aldabella Prendergast, ex-préfète de leur maison. Chaque fois qu’il la croisait, Steven faisait profil bas. Il avait l’impression dérangeante de lui avoir piqué son poste. Et puis, son état s’était aggravé ces dernières semaines, fallait être débile pour ne pas le voir. Il se sentait coupable d’avoir volé à son secours tardivement, en fait. Valait mieux tard que jamais, n’est-ce-pas ? Avec la tendresse d’un ami tombé du ciel, il lui sourit. Je suis là, tout va bien.

« - Et le Grant qui se prend pour un héros. Faut vraiment qu’on remette à leur place tous les crétins de Gryffondor, ce soir, les gars. »

Le leader Serdaigle avait un regard mauvais, l’allure basique d’une petite brute. D’une poigne ferme, le Rouge bascula en avant, et se retrouva nez à nez avec lui. Il avait l’air prêt à en découdre ; et Steven en était ravi. Il ne pouvait pas s’en prendre directement à un élève, mais si un élève s’en prenait à lui… C’était complètement différent. Ce faux pas, il l’avait prévu et l’avait attendu. Content que son stratagème se déroule bien, il ne put retenir une exclamation amusée. J’vous raconte pas la tronche de l’autre, qui devait pas s’attendre à ce que cogner sur quelqu’un soit drôle. Surtout pour celui qui prend les coups. Avec la même voix posée, il brandit sa baguette :

« - Crache-limaces ! Et le sort ne manqua pas sa cible, quasiment à bout portant. Secoué d’une nausée magique, le Bleu lâcha sa proie. Avec des bruits gutturaux, il vomit une, deux, trois épaisses et gluantes limaces. Grant rajusta sa robe, et vint s’accroupir près de la brute haletante. Écoute moi bien, Mark. Tu vas retourner dans ton dortoir, et ne plus adresser un mot à Aldabella. Il leva les yeux sur les deux acolytes, écœurés et confus sans leur chef. Ça vaut pour vous aussi, les affreux. Vous allez tous vous barrer gentiment, et on oublie toute cette histoire. Si j’apprends que l’un de vous a désobéit à ma règle, je ferais remonter ce petit incident à vos préfets et directeurs de maisons. Allez ! »

Le trio infernal détala sans se faire prier, le leader bavant à grosses bulles, blanc comme un fantôme. Le blond croisa les bras sur son torse et se laissa aller à rire, car le spectacle était comique. Voilà ce qu’il en coûtait, de s’en prendre au Roi Rouge. Mais entre deux limaces, ledit Mark trouva moyen de vociférer ; « - Fais gaffe Grant ! Si elle est comme son frangin, elle risque de descendre ta jumelle. » avant de disparaître complètement. Heureusement pour lui qu'il était hors d'atteinte, et que Stevie était assez mature pour ne pas rétorquer.

Avec délicatesse, il posa une main sur l’épaule décharnée de la demoiselle. Son regard navré en disait long.

« - Ça va aller ? T’as besoin de quelque chose ? Genre, manger, par exemple. »

Oui, il s’était permis d’évoquer clairement son souci de santé. C’était mental et physique, l’anorexie, alors autant voir si elle avait conscience de sa situation. Et puis il n’y avait aucun jugement malveillant dans sa voix, tout au contraire ; il proposait indirectement son aide à la jeune fille. A elle de savoir le comprendre, et d’accepter de prendre cette main tendue. Ça ne tenait qu’à elle. Personne d’autre pouvait prendre cette décision à sa place. La guérison, ça se voulait, ça s'imposait pas.
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