Promise | Libre

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MessageSujet: Promise | Libre   Jeu 27 Oct 2016 - 23:50

HRP - A lire ! a écrit:
Astoria est en compagnie de Hestia, mais si vous voulez participer, venez ! Ce sera une occasion de RP ensemble

Le 28 octobre 1997, au matin.

Après s’être extirpée du sommeil à une heure incongrue, le cœur battant une chamade impatiente et inhabituelle, elle avait contemplé les ombres depuis son refuge. En silence. Plus attentive qu’elle ne l’avait jamais été aux marasmes du néant. Aux doutes de la nuit – du petit matin, en l’occurrence. Partiellement préservée par la douceur chaleureuse de ses draps. Par cette continuité, même éphémère, de l’inconscient.

Et, à l’aube d’une journée aussi importante – c’était le terme soigneusement employé par son père – il lui apparaissait difficile de se rendre à Morphée avec facilité. Tout son corps se faisait plutôt combatif. Âpre. Alors que les pensées de la septième année se caractérisaient davantage par de la curiosité.

Une envie irrépressible – presque insidieuse –  de découvrir cette nouvelle qui miroitait au coin de son esprit depuis plusieurs jours. Autant amusante qu’inquiétante, pour le coup. Puisqu’elle ne savait pas de quoi il retournait. Un mystère dans toute sa splendeur. Attirant. Éreintant.

Avec candeur, elle s’imagina quelques ouvrages étrangers sur la botanique. Quelques offrandes exceptionnelles léguées gracieusement à son égard ; elle qui ne demandait jamais rien. Pas même de quoi se faire plaisir. Si peu matérialiste, en comparaison de la flamboyante et éclatante Flora. Quoi que les derniers événements semblaient troubler l’équilibre déjà précaire de leurs positions autrefois si tranchées.

Désormais si vacillantes. Pour toutes deux.

Les hypothèses avaient beau se lier, se serrer et s’essouffler d’elles-mêmes, le doute subsista jusqu’à un horaire plus décent. Dès lors, Hestia se vêtit en toute hâte – un empressement néanmoins maîtrisé, mais bien trop rayonnant pour qu’il se trouva normal – et quitta les contreforts de Poufsouffle pour les victuailles de la Grande Salle. Et Astoria.

Sa brune cousine qui déjeunait avec une quiétude proprement matinale. « Astoria ! » Elle la rejoignit pour rompre le pain en sa compagnie, tout en discutant de ce qu’elles attendaient avec impatience. Savoir.

Quand l’heure fut venue, les deux jeunes filles portèrent leurs regards vers les chouettes et les hiboux. Impatientes. Fébriles, même. Elles le virent, alors, ce vieil oiseau au plumage albâtre et aux serres surannées. Tenant une missive orné de dorures. Sans s’arrêter, il lâcha son offre au-dessus de sa destinataire et quitta immédiatement les lieux en quelques battements.

Il y avait là comme une mise en garde. Une hésitation. Hestia leva son regard pâle vers Astoria. L’ouvrage de papier était cacheté. Officiel. « C’est... Étrange, n’est-ce pas ? » Et blanc. Si blanc. À en faire rougir de honte une neige précoce. « Je l’ouvre. »

De nouveau, le sang battait dans ses veines avec une irrégularité édifiante. « Et voyons de quoi il retourne. » Ses doigts se portèrent au sceau et le craquèrent, avant d’en extraire la notice tant attendue.

Il y eut un silence. Un assourdissant moment d’attente. Un battement de cil. Un songe tout à la fois puissamment enjoué et effrayé. Un entrelacs d’émotions indistinctes qu’un sourire délicat vint briser. Une esquisse dont il était difficile d’appréhender les fondements. « Mes parents m’ont fiancé à Aleksei Karkaroff. » À le prononcer ainsi, à voix haute, elle n’était pas discrète.

Mais la boucle venait d’être bouclée.
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MessageSujet: Re: Promise | Libre   Ven 28 Oct 2016 - 1:43



LA GRANDE SALLE




C e matin là, Astoria attendait avec impatience sa cousine Hestia. Assise à une table, elle avait devant elle un morceau de brioche ainsi qu'un verre de jus de citrouille, qu'elle sirotait distraitement. Il lui fallait d'ailleurs un effort sur-humain pour ne pas trépigner d'impatience. Dans une précédente missive, Hestia lui avait confié que ses parents devaient lui faire parvenir une information de la plus haute importance. La jeune Carrow lui avait alors demandé si elle serait d'accord pour découvrir de quoi il serait question avec elle, et bien évidemment, Astoria accepta. Et tandis qu'elle se resservait un verre de jus de citrouille, sa cousine arriva. Elle lui sourit tandis que celle-ci s'installait à côté d'elle. Et la lettre arriva. Enfin ! Toutefois, elle n'était pas comme les autres ; pas vraiment. Elle semblait bien trop précieuse, et soudain, Astoria s'inquiéta de son contenu. « Oui, ouvre-là, Hestia ! Je veux savoir, moi aussi ! ». Et tandis que Hestia décachetait la missive afin d'en lire son contenu, Astoria posa le menton sur son épaule, son verre de jus de citrouille dont elle sirotait le contenu toujours avec elle, afin de lire en même temps que sa cousine. Mais l'espace d'un instant, tout son monde sembla s'écrouler. Et le couperet tomba.

Elle manqua de peu de s'étouffer, avalant de travers son jus de citrouille matinal. « Comment ? Quoi ? Pardon ? J'ai dû mal comprendre... ». Elle toussa encore une fois, et prit la lettre dans ses mains, comme pour être certaine qu'elle avait bien entendu et surtout qu'Hestia ne s'était pas trompée - quoi qu'il semblait bien difficile, en vérité, de se tromper dans l'interprétation d'une lettre qui annonçait très clairement des fiançailles à venir. « Attend... ce n'est pas possible. Ce n'est définitivement pas possible ! Non mais... mais... Il y a une erreur, il y a forcément une erreur ! Ils n'ont pas pu te fiancer à lui ! Pas toi aussi ! ». Et elle toussa de nouveau, tandis que dans la précipitation elle s'agitait. Elle parlait très vite, plus plus que d'habitude, totalement secouée par cette nouvelle. Il n'en avait pas suffit de Hope, à présent, c'était Hestia, sa propre cousine, qui était fiancée à un héritier bulgare. Décidément, les Karkaroff semblaient ne pas perdre leur temps. Un peu comme si le mariage était un commerce prolifique.  

Deux annonces de fiançailles en l'espace d'un seul mois, c'était trop ! Elle posa les coudes sur la table et posa ses mains dans ses cheveux, la tête penchée sur ses genoux. « Non, non non... Ce n'est pas possible ! », répétait-elle, terriblement choquée, tout en réfléchissant à la situation. Après Hope, c'était maintenant le tour de Hestia ? Il ne manquait plus qu'à fiancer Féliks et Nastia et la boucle était bouclée ! C'était du délire, toute cette histoire de fiançailles ! Et puis qui c'était encore, cet Aleksei qui sortait de nulle part ? « Aleksei Karkaroff ? Attend attend, une minute... Le grand frère de Féliks et Stanislas ? Non mais il se passe quoi chez les Karkaroffs, là, en ce moment, avec toutes ces fiançailles et ces mariages en prévision ? Que l'une de mes proches - ma famille ! - se retrouve fiancée passe encore, je veux bien - même si je ne l'accepte pas pour autant ! -... D'accord. Mais deux à même pas six mois d'écart ? Non mais c'est quoi, ça ? Franchement ? Ils ont peur de pas avoir assez de petits enfants alors ils ont décidé de... ». ... de chercher des épouses à leurs fils, voulait-elle dire, mais elle s'en abstint, au dernier moment. Et Astoria s'arrêta finalement d'un seul coup, réalisant qu'il n'était pas uniquement question des Karkaroff, ni même de Féliks ou de ses frères... mais de Hestia en priorité.

Alors, le regard profondément désolé, elle se tourna vers elle et attrapa son bras. « Oh... je... pardon... ce n'est pas ce que... ». Elle soupira. « Ce n'est pas ce que je voulais dire, Hestia... assurément tu ferais une épouse parfaite ! C'est juste que... ». Que quoi ? Que cette nouvelle l'avait bouleversée ? Il n'était peut-être pas judicieux de sa part de parler ainsi de la future belle famille de sa cousine. Et c'est alors qu'elle réalisa ce que cela voudrait dire. Elle se redressa alors, quelques instants, un peu perdue. Si Hestia épousait ce garçon, leurs deux familles seraient liées. Les Carrow et le Karkaroff ; les Greengrass et les Karkaroff. Et assurément, ce serait sans aucun doute là la pire des tragédies possibles et inimaginables, tout du moins pour Astoria qui se refusait à ce que son nom soit encore plus lié à cette bizarre et détestable famille slave, dont les seuls membres à en valoir la peine semblaient être Féliks et Nastia. Certes, elle n'était pas très objective, pas du tout, à plus forte raison parce qu'elle ne connaissait pas les autres, mais après tout qu'importe ! Elle était certaine qu'ils se valaient tous ! Il n'y avait qu'à voir l'exemple de Stanislas...

Elle se reprit alors qu'une idée lui traversa l'esprit ; une idée lumineuse, sans nul doute. Après tout, rien n'était définitif ! Tout pouvait s'arranger ! Passant une main rassurante dans les cheveux de sa cousine, elle reprit. « Ne t'en fais pas, Hestia ! Je suis certaine qu'il est possible de revenir dessus ! On trouvera une solution. Daphne trouvera ! Avec l'aide de Rowan. Et s'ils pouvaient réussir à raisonner Hope cela me soulagerait aussi ». Car il était impensable, pour Astoria, que Hestia accepte une telle chose. Hope, elle, n'avait rien affirmé, elle restait assez mystérieuse et obscure quant à son opinion concernant cette chose ignoble que son parrain lui imposait. « D'ailleurs en fait... Tu le connais, cet Aleksei ? Enfin je veux dire... Tu l'as peut-être déjà rencontré ? ».












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MessageSujet: Re: Promise | Libre   Ven 28 Oct 2016 - 14:23

Et maintenant que le sceau était craqué ; que la missive était ouverte ; que la nouvelle avait été balancée au-devant de leurs consciences troublées, le silence se déchira. Comment ? Quoi ? Pardon ? Hestia perdit de son sourire. De cet éclat qui s’était instillé en elle aussi brutalement qu’il s’estompait, désormais, sous l’incompréhension de sa parente.

Astoria s’appropria le parchemin d’un geste vif. Impétueux. Clairement piqué par un agacement prononcé et lisible par tous. « Je... Je ne crois pas m’être trompée, Asto. » La septième année hasarda ces quelques mots pour espérer la tempérer. La rassurer ? Il lui sembla infiniment difficile d’y parvenir, présentement.

Ses mains retombèrent lentement sur la table. Hésitantes. Ce n’est pas possible. Fragiles.

Forcée, cependant, d’écouter les véhémences de sa cadette à l’encontre d’une nouvelle qui ne lui paraissait pas si terrible, dans le fond. Pas si indélicate à considérer, maintenant que le monde lui paraissait plus stable et accueillant. Pas toi aussi. L’infante Carrow se souvint alors du marasme tissé autour de Hope – et de toute la fureur soigneusement éprouvée par les Greengrass quant à ce fait.

Était-ce si horrible de partager un hyménée avec un Karkaroff ? Ce n’est pas possible. Encore répété. Psalmodié telle une augure ombrageuse.

Elle dirigea son regard vers les immenses baies de la grande salle, cherchant à s’extirper des indécisions du présent. Des phrases effrénées de sa cousine. Douloureuses, quelque part, face au soulagement délicat qui bordait les limites de sa conscience. Parce qu’il n’y avait pas uniquement des interrogations et des frayeurs : mais également de la joie à tirer de cette information.

Quelqu’un, quelque part sur ce monde, voulait d’elle.

Une certitude. Une affirmation de soi. Aleksei Karkaroff. « Oui, Aleksei Karkaroff. » À le prononcer ainsi, un tel nom pouvait s’apparenter à quelques sortilèges slaves formulés du bout des lèvres. Dangereux. Venimeux. De ces chaleurs qui vous brûlent la chair dans un contentement éphémère avant de vous faire ployer vers l’abîme éternelle.

Pas assez de petits enfants. Hestia perdit définitivement son sourire – la finalité ne lui était pas apparue. Pas immédiatement. Quoi qu’elle se trouva être d’une logique implacable dans leur milieu. Enfanter. Toutefois, ce n’était pas ce détail qui limogea son ravissement : ce fut plutôt ce qu’il impliquait avant. Ce qu’il laissait envisager d’assaut et d’étaux.

Ses doigts se crispèrent légèrement contre le bois de la table.

Astoria agrippa son bras, la détournant de cette crainte invasive et la rappelant au présent. Au parchemin opalin et ses dorures annonciatrices. « Ce n’est pas... Grave, Asto. » D’autres flots s’accumulèrent pourtant, manquant de la perdre en d’autres réflexions. Une nouvelle fois. Fuir. « Je... Je ne sais pas. Je ne suis pas... Fermement contre, je crois. Il me faut du temps, juste un peu de temps, pour assimiler la nouvelle. Tout ce qu’elle implique. Exact ? » C’était rassurant de se remémorer l’audace de Blaise et de s’en inspirer.

Un peu. « En fait, je... Je pensais que jamais personne ne voudrait de moi, Asto. Que je finirai seule. » Beaucoup. « Je... Regarde-moi. » Ses mains se portèrent aux joues de sa cousine pour l’obliger à la fixer – et à l’arrêter, même temporairement, dans sa vindicte. « Asto, personne n’a jamais voulu de moi. Personne. Jamais. Pas une fois depuis que je vis. Pas même mes parents. Pas même Flora, pas vraiment. Et là, pour la première fois de ma vie, quelqu’un songe à moi. Pas seulement par tendresse et amitié. Un homme songe réellement à moi, Asto. »

Des hommes, plus exactement – mais elle préféra taire cette pensée. « Mais... Non. Je ne l’ai jamais rencontré. » La Poufsouffle la lâcha, soudainement troublée. Terre-à-terre. « Je ne le connais pas. » C’était un fait impossible à nier.

« Je ne sais pas ce qui m’attend. »
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Féliks Karkaroff
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Âge : 15 ans depuis le 22 Mai 1982. Dernier-né de la famille Karkaroff sous le signe du Gémeaux.
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MessageSujet: Re: Promise | Libre   Dim 30 Oct 2016 - 19:15

Promise
28 Octobre
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Anonyme allait une fois de plus surgir de l'ombre pour adresser à Astoria une deuxième missive. Ce masque que Feliks portait malgré lui depuis plusieurs semaines devenait de plus en plus difficile à assumer. Surtout au vu des proportions démesurées que ses écrits engendraient. Les choses échappaient à son contrôle et à chaque fois qu'il passait dans la salle commune des Serdaigles, il pouvait constater avec effroi sa propre supercherie. Ce fameux mot que sa meilleure amie avait eu la folie d'afficher partout, Feliks n'en pouvait plus. Il fallait que ça cesse, qu'il se détache de cette comédie avant d'en subir les conséquences et pire, de blesser la principale concernée dans la manœuvre. Jamais il n'avait souhaité que les choses s’enveniment à ce point là. A l'origine, ce mystérieux personnage était né d'une envie de transmettre son mécontentement à McPhee, rien de plus... La tête étrangement lourde, il passa une main moite sur sa nuque dans l'espoir de parvenir à soulager un tant soit peu ses cervicales tendues. Ses pas, quant à eux, continuèrent de le porter jusqu'aux portes de la grande salle. Au loin il aperçu les deux demoiselles et sans faire preuve d'hésitation, s'empressa de les rejoindre.

« Je ne le connais pas. Je ne sais pas ce qui m’attend. » Plus intrigué que jamais par les derniers propos qu'il attrapa à la volée, il laissa de côté sa fatigue et ses propres inquiétudes pour s'incruster dans leur conversation. « Et de qui s'agit-il... ? Au vu de l'expression dépitée d'Astoria je dirais... Steven ? Peut-être ? » D'un coup d’œil complice vers Astoria qui semblait décidément bien secouée par la conversation qu'elle tenait avec Hestia, Feliks se sentit presque obligé d'apporter une touche de frustration supplémentaire en énonçant le nom du préfet des Gryffondor. Cela ne devait bien évidemment pas le concerner, mais si tel était réellement le cas... Feliks serait curieux de l'apprendre, non pas que le fameux rouge et or l’intéressait d'une quelconque manière, disons juste... Qu'il ne serait pas contre quelques informations croustillantes à son sujet. Notamment sur ses relations avec la gente féminine, par exemple, en toute innocence. Mais passons. Prenant place aux côtés d'Astoria pour faire front involontairement à la jeune Poufsouffle, il hésita un instant à entamer un petit déjeuner avant de se raviser, une légère nausée se faisant ressentir.

Ce n'est que lorsqu'il releva enfin la tête des quelques fruits qu'il remarqua la lettre, d'un blanc immaculé et ornée de dorures rendant le tout potentiellement officiel. Une présentation bien notable qu'il n'avait déjà que trop vu ces derniers temps, continuellement porteuse de mauvaises nouvelles, assurément. Et d'un claquement de doigt, tout dans sa tête fit lien. Le ton de leur conversation, l’inquiétude dans la voix de la jeune Carrow, le comportement d'Astoria, la lettre... Son sourire se fana pour disparaître totalement et aussi discrètement que possible, il porta son regard alarmé dans celui de son amie. Inconsciemment, il redressa le dos et laissa ses poings se resserrer sous la table, prêt à accueillir la nouvelle et réfléchissant déjà aux mots qu'il pourrait user afin de la rassurer au besoin. « De quoi s'agit-il ? Tout va bien ? » Demanda-t-il d'une voix plus tempérée, presque inexpressive.
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MessageSujet: Re: Promise | Libre   Ven 4 Nov 2016 - 16:15



LA GRANDE SALLE




CAstoria était assez confuse, car elle ne parvenait pas vraiment à comprendre la réaction de Hestia. « Cela ne te dérange vraiment pas ? ». Un concept que la jeune Gryffondor avait cependant bien du mal à appréhender. Car il était indéniable que les mots « mariage arrangé » et « Astoria Greengrass » ne faisaient pas bon ménage. Cela rassura un peu Astoria lorsque Hestia lui dit qu'il lui faudrait sans doute du temps, et elle hocha vivement la tête. « Oui. Bien sûr. Prend tout le temps qu'il te faut. Car en effet cela semble impliquer bien des choses », dit Astoria en reprenant les mots de sa cousine et en hochant tout doucement la tête, cette fois.

Mais les mots qu'elle prononça ensuite la surprirent énormément. « Mais que dis-tu là ? Pourquoi personne ne voudrait de... ». Mais Hestia ne lui laissa pas le temps de poursuivre. Elle posa subitement les mains sur les joues de la jeune Gryffondor, captant dès lors toute son attention. Astoria écouta ce que lui disait sa cousine, et à mesure que les mots défilaient elle prenait conscience de tant de choses qui lui avaient échappées jusqu'à maintenant. Et petit à petit, sa colère se dissipait, laissant alors place à une profonde tristesse. « Oh... Hestia... ». Ses paroles étaient douloureuses, et pendant quelques instants elle ne su que répondre. Et quelque part, elle comprit ce qu'elle voulait lui dire, où elle voulait en venir. Cela lui brisa définitivement pas le coeur, et Astoria n'eut pas le courage de reprendre sa colère là où elle l'avait laissée quelques instants plus tôt.

Se saisissant de l'une des mains de Hestia, elle la serra doucement. « Ne t'inquiète pas, Hestia, tout ira bien. Tout se passera bien. Je t'en fais la promesse », murmura Astoria. Et elle veillerait à ce que tout se passe au mieux. Elle n'acceptait pas pour autant l'idée de voir deux personnes de sa famille partir pour la Bulgarie, mais ce n'était sans doute pas non plus la solution de brusquer plus encore Hestia. Et malheureusement, ce que Astoria oubliait bien souvent de prendre en compte, c'était que son avis n'était sans doute pas toujours celui de tout le monde non plus. Et tandis que sa cousine lui avouait ne jamais avoir rencontré cet Aleksei Karkaroff, Astoria tenta de se souvenir de ce que Féliks lui avait dit à propos de son grand frère. Elle ne l'écoutait pas toujours, malheureusement, ou alors d'une oreille distraite, si bien qu'il lui était tout simplement impossible de se faire une réelle idée de lui. Mais toutefois, il ne pouvait pas être pire que Stanislas, après tout.

Pour tout dire, cette nouvelle avait définitivement coupé le souffle d'Astoria. Elle s'était échauffée un peu plus tôt, avait montré son mécontentement par sa réaction encore plus démesurée que d'habitude, mais dans le fond, elle ne savait vraiment plus quoi dire. Hestia semblait s'en accommoder, tout comme pour Hope. Mais pour cette dernière, Astoria gardait l'espoir que Rowan et Daphne réussiraient à arranger tout cela. Mais pour Hestia tout était sans doute différent. Tout devait être arrangé entre les familles Carrow et Karkaroff... et si les parents de Hestia étaient si heureux de lui faire parvenir la nouvelle, il n'y aurait, dans tous les cas, aucun moyen de revenir dessus, sans doute. Elle regardait alors Hestia, sans rien dire, sans un mot. Que pouvait-elle faire d'autre ? Elle comprenait que l'attention qui lui était portée - celle que sa cousine attendait tant - conforte Hestia dans son idée de se conformer à cette décision. De ce fait, la Rouge et Or n'avait pas le coeur à en rajouter, mais elle n'était pas non plus capable d'accepter sans rien dire et sans rien faire.

Alors elle garda le silence, et ce fut à cet instant précis que quelqu'un qu'Astoria connaissait bien arriva. Féliks, son meilleur ami Elle regarda arriver, un peu perdue. Il s'était installé et avait bien vu que quelque chose n'allait pas ce jour-là, mais malheureusement il ne mesura pas tout de suite l'importance et la gravité de ce dont il était question. Et malheureusement, elle n'avait absolument pas le coeur à rire. « Steven ? », s'étranglait-elle presque, un peu acide en prononçant son prénom. « Non, Steven Grant n'est absolument pas concerné par la question. Laissons-le là où il est, c'est très bien comme ça ». Et le ton qu'employait Astoria était sans appel, bien plus froid qu'elle ne l'aurait voulu, sans doute, à plus forte raison parce qu'elle ne voulait pas passer sa mauvaise humeur sur Féliks. Mais elle ne parvint pas à mesurer le timbre de sa voix. Et cela dit, elle se serait bien passée d'entendre parler de Steven à ce moment.

Mais le Serdaigle comprit bien vite son erreur. « Et pour répondre à ta question... Non, Féliks. Tout ne va pas bien. Bien au contraire ». Et, cette fois, le ton d'Astoria paraissait légèrement désespéré, et même anxieux. Elle savait que Féliks n'avait pas fait exprès de prendre les choses à la légère, il ne pouvait pas savoir... et soudain elle réalisa. Presque au même moment où les yeux du Serdaigle s'affolèrent : il aurait une nouvelle soeur, une deuxième en l'espace d'un seul mois. Ils n'avaient pas vraiment parlé des fiançailles de Hope. Dans le fond, Astoria s'était énervée toute seule et avait pris un soin particulier pour éluder le problème, agrémentant ses réflexions de « Rowan va pas la laisser faire ça » et de « Daphne arrivera à la raisonner ». Mais plus le temps passait et plus elle commençait très sérieusement à en douter. Cependant, c'était pour tout cela qu'elle n'avait pas pris la peine d'en parler avec celui qui était pourtant son meilleur ami. Et de ce fait Astoria ne savait pas réellement ce que Féliks en pensait.

Pourtant, elle craignait que cela soit toutefois dur à entendre pour lui aussi. « Cependant... ». Elle soupira et tenta tant bien que mal de retrouver une voix un peu plus calme, quoi que des accents paniqués commençaient à poindre à chacun de ses mots. « Je ne suis pas certaine que ce soit à moi de te l'annoncer, en fait ». Astoria baissa la tête, quelque chose de bien rare, chez elle. D'un simple regard elle s'aperçu des poings crispés de Féliks et, rapidement, machinalement, elle effleura le dos de l'une de ses mains du bout de ses doigts. Nul doute que la nouvelle serait sans doute difficile à apprendre pour lui aussi.






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MessageSujet: Re: Promise | Libre   Dim 6 Nov 2016 - 18:09



LA GRANDE SALLE


La fin du mois d'octobre approchait et pour être honnête, Hope était soulagée de voir ce mois se terminer. Il avait été tout simplement horrible et particulièrement éprouvant. Aussi n'attendait-elle qu'une chose : que le temps passe le plus vite possible et que sa vie reprenne son cours. Comme avant. Ou presque. Car en vérité il lui serait sans doute bien difficile de recommencer à vivre comme avant. Pour autant, elle tentait tant bien que mal de ne pas trop y penser, d'autant plus que ce jour-là, elle n'était pas vraiment dans son assiette. A vrai dire, Hope commençait à se sentir fatiguée, un simple mal de tête, sans doute, mais elle irait consulter Madame Pomfresh malgré tout, ne serait-ce que pour qu'elle lui donne un remède contre ce que Hope pensait être un début de grippe. Mais pour l'heure, elle tentait de prendre de l'avance sur l'un de ses cours.

Ainsi, elle lisait un livre de potions tout en sirotant un thé, seule, assise à la table des Serpentards. Et soudain, quelques mots se firent entendre, prononcés bien trop forts pour que cela relève d'une discussion normale. Immédiatement elle se tourna vers la source de ce bruit. C'est alors que Hope remarqua la présence de Hestia Carrow et Astoria Greengrass. Les deux jeunes filles étaient assises ensemble à l'une des tables et semblaient observer quelque chose que Hope ne distinguait pas réellement de là où elle était. Hestia semblait stupéfaite, et quant à Astoria... elle paraissait très énervée. Cela devait être particulièrement sérieux. Alors, la première chose à laquelle elle pensa fut de les rejoindre pour savoir de quoi il était question. Elle hésita, tout d'abord parce qu'elle n'avait plus vraiment parlé à Astoria depuis que ses fiançailles avec Stanislas Karkaroff avaient été rendues publiques, mais aussi et surtout car elle voyait bien les regards courroucés que lui lançait la jeune Rouge et Or depuis ce jour-là. Et Hope n'avait absolument pas besoin d'en parler avec elle pour savoir à quel point l'idée devait lui paraître détestable.

Et, de loin, elle les observait. Quelque chose était entrain de se passer, et cela était suffisamment grave pour les secouer toutes les deux, chacune à leur façon. Alors, qu'importe ce que pensait d'elle Astoria, elle voulait savoir ce qui les perturbait tant. Laissant son déjeuner où il était, elle ramassa ses affaires et partit en direction des deux jeunes filles, ses livres contre elle. Et tandis qu'elle s'approchait doucement de leur table, elle s'aperçu que Féliks Karkaroff avait rejoint les deux jeunes filles avant elle. Elle ne l'appréciait pas beaucoup, ce garçon qui tentait toujours d'être meilleur qu'elle en classe, mais après tout... elle devrait sans doute se faire à l'idée que, d'une façon ou d'une autre, ils étaient à présent liés. L'ignorant avec superbe, elle arriva bien vite à côté de Hestia. « Puis-je m'asseoir ? », demanda-t-elle dans un murmure. Elle les observa un instant, et leurs mines contrariées l'inquiétèrent fortement. « Que se passe-t-il ? Est-il arrivé quelque chose de grave ? ». Elle s'installa à côté de Hestia et attendit, la regardant avec attention. Elle pensa instinctivement à Flora et à Daphne, qu'elle chercha machinalement du regard dans la Grande Salle.


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MessageSujet: Re: Promise | Libre   Jeu 10 Nov 2016 - 17:27

Alors que sa phrase peinait à s'achever – perdurait, même, dans l'atmosphère désormais étouffante de la Grande Salle – une nouvelle silhouette s'intégra à leur échange indélicat. À la tension extatique et grandissante de leurs âmes ébranlées par la missive aux dorures annonciatrices.  De leurs doutes envenimés par l'affirmation d'un événement qui se mouvait dans les chatoiements flamboyants de l'avenir ; telle une prophétie insidieuse de quelques moires riantes.

Un présage presque trop réel. Car, d'ici quelques mois véloces, elle ne serait plus préservée par le carcan réconfortant de Poudlard.

Au contraire, elle serait libre. D'être apprivoisée. Approchée. Possédée. Et de qui s'agit-il ? La septième année laissa son regard se perdre, quelques secondes, vers Féliks Karkaroff. Steven ? Peut-être ? La courbe docile de ses pommettes s'agita ; s'empourpra. Songer à Grant était une chose audacieuse et troublante, qu'il était préférable de ne pas trop envisager présentement.

Qu'il était inconvenable de nommer tant il l'effrayait de sa fauve puissance.

Sûrement qu'elle aurait du répondre à Astoria et sourire – esquisser un semblant d'amusement. Cependant, elle n'y arrivait pas. En aucune façon que ce soit. Parce que le sujet s'enlisait, visiblement, dans des gravités qui lui échappaient douloureusement. Qui lui étaient incompréhensibles. Mais qu'elle devinait entre eux. Sentait, même, plutôt.

Il y eut un silence. Interminable.

Hestia rayonnait toujours. Pleine de douceur. Seulement, l'éclat combatif de cette aura renouvelée et dissidente, se troublait des ombres craintives de l'incertitude. Des racines affamées d'un mal impossible à distinguer, tant il s'enfonçait dans un lointain indescriptible. Dans les âmes entremêlées d'un passé qui ne lui appartenait nullement.

D'une menace, avancée avec précaution par Astoria, qu'elle hésita à identifier.

Non, Féliks. Tout ne va pas bien. La Poufsouffle accusa le coup de bonne grâce, ses yeux se fermant d'infimes instants. Il lui était facile de comprendre les appréhensions de sa cousine, de les faire siennes ne serait-ce qu'un moment ; toutefois, elles restaient sincèrement étrangères à ses propres pensées. Aux espoirs diffus et volatiles qui se construisaient dans un coin de son cœur.

Voulait-on réellement d'elle, quelque part en ce monde ? Avait-elle une chance d'être perçue comme une femme plutôt qu'une adolescente maladive et au teint diaphane ? Il serait tentant de se laisser bercer ainsi par les contes enjoués de ses jeunes années et de croire à l'impossible romance. Elle que l'on oubliait si couramment dans la foule des vivants au profit de Flora.

Sauf que les temps changeaient. Elle avait survécu au néant.

La voix de Hope attira un frêle sourire sur ses lèvres indécises. Que se passe-t-il ? Est-il arrivé quelque chose de grave ? « Je ne sais pas comment prendre la nouvelle. Hope. Féliks. » Ses doigts s'agitèrent et se portèrent à sa bouche, trahissant une légère nervosité dans le port pourtant serein de ses épaules. « Je … Mes parents, plus exactement, ont tissé une alliance par le biais de mon existence. » De son statut de femme. « Je... Je suis … Ils m'ont fiancé à Aleksei Karkaroff. »

C'était une extraordinaire opportunité pour rendre honneur aux siens, exact ?
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MessageSujet: Re: Promise | Libre   Aujourd'hui à 15:02

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