Le silence des véritables fleurs [ft. Morange Tiller]

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Anastasiya Styrbjörn
Serpentard
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MessageSujet: Le silence des véritables fleurs [ft. Morange Tiller]   Dim 13 Nov 2016 - 14:53


L’amertume s’écoula dans sa bouche, ce goût si fort et écœurant qui s’écoulait lentement dans sa gorge, son œsophage, la noyant dans l’agonie de la mélancolie. Bientôt, il ne restait plus que cette bile noire qui lui donna une nausée si forte qu’elle sortit de ce dortoir maudit qui, de toute manière, ne pouvait se faire havre de paix, trop occupé aux chamailleries d’enfants. Ce qui la tourmentait était plus que ces broutilles futiles, à ce moment très précis, elle souffrait du mal de l’être. Quel malheur qu’elle ne pouvait transplaner à sa guise, auquel cas elle serait déjà isolée à l’autre bout de la terre, dans une solitude totale, seule à pouvoir la comprendre véritablement.

Anastasiya passait son temps à lutter contre ces idées sombres mais ils étaient parfois trop fort pour cette âme encore trop jeune pour pouvoir supporter l’idée d’être incomprise. Oui, c’était le mot. Cela la terrifiait. Se questionnant sur sa place dans l’univers, elle en déduisait parfois qu’elle était singulière, dans le sens le plus péjoratif du terme. La jeune fille poursuivait des chimères et ne pouvait poser pied sur cet enfer qu’était la société. Les livres lui apportaient une culture et des connaissances mais rien ne pouvait lui apprendre à exister au milieu de tant d’individus si différents d’elle.
Son cerveau bouillait et son corps tremblait. Son seul souhait était de pouvoir cracher cette bile noire qui la tourmentait, elle ne parvenait qu’à ressasser son imperméabilité au monde. La simple écoute des respirations voisines faisait écho à tous ses ressentis, la remettant face à cette incapacité qui la rongeait de l’intérieur. Anastasiya avait pris la mauvaise habitude de s’échapper de son dortoir dans ces moments-là. Le sort des événements avait fait que sa seule amie était préfète des Serpentard, cela facilitait ses fuites nocturnes, d’autant plus que quelques autres préfets connaissaient ses lubies obscures et ne s’opposaient pas à son tempérament ardent.

En se dirigeant vers les serres, Anastasiya espérait qu’un de ces préfets soit là, pas n’importe lequel. Celui-là était très différent par sa nature même. Lui non plus n’était pas très doué pour les relations sociales, il parlait peu mais cela lui donnait une sorte de tranquillité qui plaisait à Anastasiya. Lors d’une de ses premières escapades dans les serres, ils s’étaient rencontrés et leur plaisir partagé de venir s’y promener de nuit avait été déclencheur de rencontres qui s’étaient suivies au fil du temps. Celles-ci étaient variées et ne respectaient aucun protocole prédéfini, ils se laissaient aller à leurs envies du moment. Parfois, ils ne s’adressaient pas un mot de la nuit, se promenant l’un à côté de l’autre sans même se regarder. A d’autres moments, quelques discussions émergeaient du silence et leur permettaient de se découvrir l’un l’autre.

Depuis quelques instants déjà, la jeune Serpentard en proie au doute déambulait dans les serres, s’arrêtant devant quelques plantes intéressantes à son goût avant de reprendre sa marche. Cette présence muette mais réconfortante n’apparaissait pas ce soir, dommage. L’espoir de rencontrer le préfet aux tons bleuâtres s’évanouissait et Anastasiya se perdait maintenant dans l’amusement tout relatif qu’elle avait avec une plante carnivore qui tentait de dévorer son doigt à mesure qu’elle l’approchait, feintant de succomber à l’attraction de la plante et lui ôtant le plaisir de la chair au dernier moment.

Après tout, c’était ça aussi la vie. Un désir permanent que nous essayons d’atteindre et plus il s’approche de nous, plus notre bonheur est grand. Seulement, le besoin est par essence renouvelé en permanence et l’état de plénitude tant souhaité n’est qu’un mirage pour nos yeux qui ne savent pas voir la réalité et qui tentent encore d’y croire. Ce vain espoir n’est rien d’autre que l’humanité qui réside en chacun de nous, sans lui, nous ne sommes plus que des robots dénués du moindre sentiment.

Anastasiya se perdait dans ses pensées et fixait avec un regard vide cette plante qu’elle torturait. La nuit donnait l’impression que le temps ne s’écoulait pas, que plus rien n’avait d’importance. Au fond, c’était dommage de ne pas profiter de ce moment avec quelqu’un d’autre.
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